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Brèves

L’actualité en bref

Le 39e congrès du PCF, qui vient de se tenir à Marseille, a réélu sans surprise – avec 80,4 % des voix des 700 délégués présents – Fabien Roussel comme secrétaire général. Ce dernier a lancé immédiatement un appel pour « un nouveau Front populaire » qui irait, grosso-modo, de la France insoumise au centre gauche et dont le PCF serait le pivot. Après l’Union de la gauche et la Gauche plurielle, retour au Front populaire qui, on l’oublie parfois, enterra en 1938 les conquêtes ouvrières arrachées par les grandes grèves de Juin 36. On essaye donc de nous resservir le même brouet clair qui n’apportera pas chose, voire rien, aux classes laborieuses. C’est le miroir aux alouettes.

Muette sur le sujet depuis trois mois, Le Pen attend avec impatience que la lutte contre la réforme des retraites s’achève… par une défaite. Invisible dans les manifestations et les grèves, flou sur son programme et mal à l’aise sur ce terrain, le RN se tait quand les salariés entrent en lutte. L’extrême droite, qui cherche à nous diviser selon nos origines, n’a rien à dire quand on montre ensemble notre force collective. Et elle redoute une défaite de Macron face à la rue. Car le RN est un ennemi du monde du travail, qui défend l’ordre social, les injustices et la répression policière de ceux qui contestent la réforme des retraites. L’objectif de Le Pen n’est pas de défendre les intérêts des travailleurs, mais seulement de capter leur vote et de capitaliser sur le rejet de Macron aux prochaines élections pour le remplacer.
Faire reculer Macron sur sa réforme, c’est faire reculer Le Pen dans les urnes. Alors on continue le combat !

Pas toujours besoin de flics pour réprimer ceux qui luttent contre la réforme des retraites : l’extrême droite postule aussi à ce sale travail. Depuis plusieurs semaines, au moins une quinzaine d’attaques ont eu lieu contre des cortèges, des piquets de grève ou des blocages d’université. Macron, patrons, fachos : même combat contre l’ensemble du monde du travail.

Macron tente désespérément de passer à autre chose. La semaine dernière, il nous bassinait avec les économies d’eau pendant qu’à Sainte-Soline, 3 200 gendarmes défendaient un trou dans le sol avec des armes de guerre. Cette semaine, il espère nous distraire avec une loi sur la fin de vie. C’est audacieux de la part d’un gouvernement qui veut nous faire crever au boulot. Et qui laisse les personnes âgées se faire maltraiter dans les Ehpad. Et qui coupe les budgets dans la santé au mépris des patients en soins palliatifs. Il devra trouver autre chose face à la colère qui s’exprime : par exemple une fin de vie anticipée pour sa réforme des retraites ?

Macron avait comparé les manifestants contre sa réforme des retraites à des trumpistes. Mais c’était méchant pour Marine Le Pen, alors Darmanin a trouvé autre chose : ceux qui dénoncent les violences policières font du « terrorisme intellectuel d’extrême gauche ». Une justification des exactions policières qui se multiplient et servent précisément à terroriser ceux qui contestent cette réforme, comme les jeunes de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Jeudi 6 avril, les élèves ont été tabassés, gazés et braqués au LBD devant le lycée qu’ils bloquaient. Mais Darmanin, premier flic de France, assume. Lui qui vise Matignon en cas de remaniement et l’Élysée en 2027 veut faire sa promo en brisant le mouvement par la force. Montrons aux flics violents et à leur patron qu’ils ne nous font pas peur, en sortant massivement dans la rue pour mettre cette réforme des retraites à la poubelle.

Alors que le monde du travail met le gouvernement sous pression depuis trois mois par les manifs et les grèves, la gauche remet sur le tapis des outils institutionnels contre la réforme des retraites. Après le cirque parlementaire et la motion de censure, PCF, EELV, LFI et PS ont une nouvelle fausse bonne idée : le référendum d’initiative partagée (RIP). Comme tout le monde est contre les 64 ans, il suffirait de voter. Sauf que dans la démocratie des riches, c’est plus compliqué que ça. Après validation par le Conseil constitutionnel, il faut attendre neuf mois et récolter 4,8 millions de signatures pour espérer qu’à la fin, Macron organise un référendum… sous six mois.

Le RIP n’est pas une arme pour le monde du travail, il ne peut être qu’une issue de secours pour Macron. C’est une manière d’enterrer la lutte, et pas la réforme. Alors on continue de se battre, jusqu’au retrait !

Depuis le 15 mars, les travailleurs de la Compagnie nationale du Rhône, qui gère l’exploitation du fleuve (fret et production hydroélectrique), sont en grève contre la réforme des retraites. Les péniches sont à l’arrêt et les écluses gardent leurs portes closes. Cette semaine, la direction de la compagnie, sûrement inspirée par les techniques répressives du gouvernement, a assigné les grévistes au tribunal et envoyé la gendarmerie lever les piquets des écluses de Vaugris et de Bollène. Les préfets, toujours aux ordres des patrons, ont pris le relais en réquisitionnant certains travailleurs. Mais réprimer ne fermera pas les vannes de la colère ouvrière !

Quelques jours après une fusillade dans une école primaire à Nashville dans le Tennessee qui a fait six morts dont trois enfants, une manifestation pacifique est entrée dans le Parlement du Tennessee pour interpeller les élus et réclamer un renforcement de la réglementation sur les armes. Pour avoir participé à cette manifestation, deux élus démocrates ont été exclus du Parlement après un vote. Le fait que ces deux élus soient noirs rend d’autant plus inadmissible cette exclusion et illustre la puissance que représentent les marchands de mort aux États-Unis.

La commission des Lois a balayé d’un revers une pétition qui demandait l’ouverture d’un débat sur la dissolution des Brav-M qui avait recueilli plus de 260 000 signatures en quelques jours. Pour les parlementaires macronistes, ces brigades motorisées sont tout autant légitimes que l’appareil policier dans son ensemble, et le resteront tant qu’elles continueront de protéger les intérêts de l’État bourgeois, quelles qu’en soient les conséquences.