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Brèves

L’actualité en bref

Itamar Ben-Gvir, le ministre fascisant de la Sécurité nationale, a obtenu du Premier ministre, Benyamin Netanyahou, la création d’une milice privée, appelée la Garde nationale, placée sous son contrôle exclusif. Formée de militants d’extrême droite, elle se donne pour but essentiel de « restaurer l’ordre » dans des régions d’Israël où habite l’essentiel de la population arabe palestinienne. Il a notamment dans le collimateur les zones du désert du Néguev, où les Bédouins résistent depuis des années à la confiscation de leurs terres et à l’expulsion de leurs villages, mais aussi des villes comme Lod, près de Tel-Aviv, ou Ramla, dans le centre du pays. Ben-Gvir reproche à la police de ne pas faire le boulot et d’être trop pointilleuse avec la légalité. Ce qui ne sera pas le cas de sa milice qui ressemble, à s’y méprendre, aux sections d’assaut (SA) créées par le parti nazi. À chacun ses modèles.

L’ancien président Donald Trump vient d’être inculpé au pénal dans une affaire d’achat du silence d’une actrice de films X avec laquelle il avait eu une aventure en 2016, lors de sa campagne électorale. Il devrait comparaître mardi prochain devant la justice de New York. La presse a souligné que c’est un fait historique sans précédent pour un ancien président américain. Ce dernier, comme d’habitude, crie à la « persécution politique » et « à la chasse aux sorcières », et en profite au passage pour galvaniser ses partisans. Mais il n’est pas près d’aller en prison. Il traine, depuis des années, un nombre impressionnant de casseroles, allant de la fraude fiscale au blanchiment en passant par la subornation de témoins et les tentatives de corruption. Mais comme le disait le regretté Mohammed Ali « aux États-Unis on n’envoie que rarement en prison quelqu’un qui a quelques millions de dollars sur son compte en banque ».

Cependant, ce ne sont là que des faits mineurs comparés aux multiples crimes et délits commis sous sa présidence (2027-2021) en Afghanistan notamment, où il a poursuivi la sale guerre mais aussi au Moyen-Orient où il a envenimé le conflit israélo-palestinien. Sur le plan intérieur, il a mis en œuvre l’interdiction du territoire américain aux ressortissants de certains pays musulmans, le démantèlement du système de protection sociale pour les plus pauvres, la chasse aux migrants et la baisse d’imposition pour les plus riches. Mais, pour cela, la justice ne lui demande aucun compte.

Le député lepeniste du Vaucluse, Joris Hébrard, vient de recevoir un blâme du bureau exécutif du Rassemblement national pour avoir participé à Pontet, dans sa circonscription, à l’inauguration d’une mosquée en compagnie de l’imam et du consul de Turquie. La cérémonie, qui s’était déroulée le 17 mars, serait passée inaperçue si le coupable n’avait pas été dénoncé sur les réseaux sociaux par des zemmouriens du parti Reconquête. Hébrard a plaidé que dans sa circonscription 10 % des électeurs appartenaient à la communauté turque, dont pas mal de notables. Bref, entre islamophobie et électoralisme il avait fait le mauvais choix. Mauvaise pioche… du moins pour l’instant.

Lors d’un déplacement dans la Nièvre axé sur l’éducation, la Première ministre, Élisabeth Borne, accompagnée du ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, a souhaité aborder « avec plus d’anticipation » le point sensible des fermetures de classe en milieu rural. « Aujourd’hui, elles sont annoncées quelques mois à l’avance. On veut pouvoir anticiper, partager en transparence avec les élus et avoir une approche sur plusieurs années, afin de trouver des réponses adaptées » a-t-elle déclaré. En langage clair, cela veut dire que les fermetures de classe continueront mais qu’elles seront annoncées plus à l’avance. À terme cela ne changera rien au fait que le milieu rural continuera d’être le parent pauvre de l’éducation avec ses déserts scolaires et ses classes multi-niveaux mal adaptées aux enfants.

Il a un peu plus de deux ans, le 14 février 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, annonçait qu’elle diligentait une enquête sur « l’islamo-gauchisme » dans les centres de recherche des universités, une idéologie qui, selon elle, « gangrenait la société dans son ensemble » et auquel « l’université n’était pas imperméable ». C’était une façon d’apporter sa pierre à l’islamophobie rampante. Deux jours plus tard, à l’Assemblée nationale, elle confirmait la mise en place d’« un bilan de l’ensemble des recherches » en vue de « distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ».Le journal Le Monde vient de révéler que tout cela était du vent. Il n’y a jamais eu ni enquête, ni bilan. La ministre avait simplement menti pour se faire mousser. En alimentant au passage, et toute honte bue, le racisme ambiant.

Les autorités mexicaines ont annoncé l’ouverture d’une enquête pour « homicide » dans la mort de 39 migrants dans l’incendie qui s’est déclenché dans un centre de rétention de Ciudad Juarez, non loin de la frontière des États-Unis. Rien n’a été fait pour porter secours aux malheureux et ouvrir les portes de leurs cellules. Huit responsables présumés ont été identifiés, dont trois agents de l’Institut national des migrations et cinq membres d’une entreprise de sécurité privée. Non seulement, un peu partout dans le monde, on enferme les migrants comme des criminels mais de plus on les laisse crever, par le feu au Mexique ou, plus, près de chez nous, noyés dans la Méditerranée. Le symbole d’un monde pourrissant.

L’hécatombe se poursuit dans le secteur du prêt-à-porter. Après Camaïeu, Go Sport, Gap France, Kookaï et l’enseigne de chaussures San Marina, le groupe Pimkie a annoncé son intention de fermer 64 magasins d’ici 2027, conduisant à la suppression de 257 emplois, dans le cadre d’un plan de transformation de son propriétaire, le consortium Pimkinvest. Ce « plan d’économie » s’explique par « une baisse de la fréquentation et des ventes », indique dans un communiqué la marque, rachetée à la famille Mulliez en février par Pimkinvest. Raison mise en avant par le nouveau propriétaire : rentabiliser l’affaire à tout prix. Et cela risque de ne pas s’arrêter là. L’enseigne spécialisée dans le jean Kaporal, qui emploie 534 personnes, vient en effet de demander son placement en redressement judiciaire. Les suppressions d’emplois sont, encore une fois, la variable ajustable des requins de la finance.

Une habitante de Saint-Martin-lez-Tatinghem a été interpellée à son domicile par trois policiers et placée en garde à vue pour un message posté sur les réseaux sociaux et jugé insultant contre Emmanuel Macron. Les enquêteurs la soupçonnent d’avoir inscrit la phrase « Macron ordure » devant un dépôt d’ordures à Arques. « Faux, j’ai juste été prise en photo devant en train de sourire », a-t-elle affirmé à des journalistes locaux. La police lui reproche aussi un message publié sur sa page Facebook : « L’ordure va parler demain à 13 heures, pour les gens qui ne sont rien, c’est toujours à la télé que l’on trouve les ordures. » Cela faisait référence à des propos tenus par Emmanuel Macron en 2017, opposant les « gens qui réussissent » à ceux « qui ne sont rien ». Ce message, plein de bons sens, avait été publié le mardi 21 mars, la veille d’un entretien télévisé donné par le Président à l’Élysée. D’où une plainte contre X, déposée par le sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Omer. Cette femme sera jugée le 20 juin pour outrage envers une personne dépositaire de l’autorité publique. Lorsque Macron, Darmanin et autre Dupond-Moretti montrent chaque jour publiquement leur dédain et leur mépris à l’égard des pauvres, des bénéficiaires du RSA, des demandeurs d’emplois ou des manifestants, ils s’en tirent sans une égratignure. Mais malheur à ceux qui exposent publiquement la réelle nature de ceux qui nous gouvernement.

Selon plusieurs médias, dont BFMTV et L’Opinion, le gouvernement aurait finalement renoncé à généraliser le service national universel pour les moins de 16 ans et à le rendre obligatoire. Le dispositif, lancé en 2019 et basé sur le volontariat, aurait de l’être inscrit dans la prochaine loi de programmation militaire. Ce qui ne serait plus le cas. À l’heure où la jeunesse se mobilise toujours davantage dans la rue, un conseiller ministériel a expliqué : « Dans le contexte, on s’est dit que rajouter un ingrédient dans un cocktail explosif n’était pas une bonne idée. » Une décision qui, avant même d’être confirmée, a provoqué des réactions enthousiastes dans nombre d’organisations de la jeunesse, lycéennes et autres, qui étaient vent debout contre le retour de ce service militaire déguisé.