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Brèves

L’actualité en bref

À l’approche des élections municipales, le journal L’Humanité a publié une enquête qui montre que tant les maires que les candidats de gauche ont progressivement changé d’attitude vis‑à‑vis de la police municipale. Ils y étaient jadis farouchement opposés mais plus maintenant, certaines municipalités allant même jusqu’à préconiser leur armement. Quelques exemples. En 2019, le candidat écologiste (EELV) à la mairie de Paris, David Belliard, déclarait que la police municipale était « inutile et électoraliste ». Cinq ans plus tard, en août 2025, devenu l’adjoint d’Anne Hidalgo, il se félicitait de la création en 2021 d’une police municipale et plaidait pour son renforcement. À Brest, François Cuillandre, candidat de l’union de la gauche (PS, PCF, Les Écologistes, PRG) à la mairie, a abandonné son refus de longue date de créer une police municipale. Il prévoit désormais une équipe de cinquante agents, armés d’armes « non létales » et de caméras piétons. Quant au PCF, tout en exprimant sa « grande vigilance face à plusieurs dérives possibles », il ne se dit « pas opposé par principe » à leur développement « dans un cadre précis ». Et la gauche d’expliquer son changement de pied par le désengagement de l’État et la nécessité de renforcer la sécurité sur le terrain. Mais pas question d’y associer la population. En fait cette gauche, lorsqu’elle est aux commandes – dans les municipalités, à Matignon ou à l’Élysée – s’empresse de s’appuyer les forces de répression classiques pour maintenir l’ordre. En les baptisant bien sûr de « républicaines ».

La municipalité de Tel Aviv a publié sur les réseaux sociaux, sous forme de devinette, un post concernant la création dans la ville du parc Charles Clore. Une photo du parc était accompagnée de cette légende : « Qui sait dans quel but ce parc a été construit et ce qu’il était censé cacher ? » Le post a été supprimé peu après du compte de la municipalité qui a déclaré : « Le post, qui traitait d’écologie, était rédigé de manière maladroite, c’est pourquoi la municipalité a choisi de le retirer. » Ce parc, qui porte le nom d’un homme d’affaires juif britannique, a été construit, dans la seconde moitié du 20e siècle sur les ruines de l’ancien quartier palestinien de Manshiya, dont les habitants ont été chassés et qui a été rasé en 1948, lors de ce que les Palestiniens appellent la Nakba (la catastrophe) au cours de laquelle 530 villages ont été détruits, 750 000 Palestiniens contraints de fuir leurs terres et des communautés entières massacrées par les sionistes. Au moment où l’on célèbre « le jour du Souvenir », en mémoire des millions de victimes du génocide juif perpétré par les nazis, en Israël, on juge préférable d’oublier que la création de cet État a été fondée sur une dépossession violente des Palestiniens, qui se poursuit encore aujourd’hui, perpétrée par ceux qui considèrent qu’il n’y a pas de place pour deux peuples dans ce pays.

Laurent Naves a été récemment nommé à la direction des affaires publiques du groupe Suez. Qui est donc cet individu ? Rien de moins que l’ancien directeur de cabinet de Pannier-Runacher, Attal et Le Drian. Et ce n’est pas tout, le bruit court que les deux candidats au poste de secrétaire général du CA sont d’anciens préfets proches de Macron, dont l’un avec supplément colonie puisqu’il a été préfet de la Martinique. Macroniste et flic en chef, le CV (ou plutôt le casier) est chargé ! Ces nominations sont à l’image des méthodes de la direction : le bâton plutôt que la carotte.

… d’après le bulletin Suez La Défense

Les grévistes du Biocoop de la place des Fêtes, dans le 20e arrondissement de Paris, ont signé mercredi 28 janvier un accord de fin de conflit après 25 jours de grève. Elles et ils obtiennent la satisfaction de leur revendication principale : la mise à distance de leur cheffe, propriétaire en outre du magasin, qui leur imposait des conditions de travail « oppressantes et toxiques », ainsi qu’ils l’ont dénoncé sur leur compte Instagram @biocooplesfetes_engreve. Leur lutte a aussi imposé une augmentation salariale de 4,5 %, représentant minimum 100 euros brut.

La direction générale des Étrangers en France – qui dépend du ministère de l’Intérieur – a publié les chiffres 2025 de l’immigration. Ils confirment une augmentation des expulsions avec près de 15 500 étrangers en situation irrégulière éloignés de force l’an dernier contre 12 800 en 2024. Le nombre d’interpellations d’étrangers sans-papiers a, lui aussi, fortement augmenté et elles frôlent les 200 000. Elles concernent principalement les Algériens (+52 %), les Tunisiens (+33 %) et les Marocains (+19 %). En ce qui concerne les régularisations, le chiffre a baissé de 10 %, d’une année sur l’autre avec 28 610 personnes régularisées l’an dernier. Ces baisses concernent les étudiants (−82 %), les actifs (−11,5 %) et les regroupements familiaux (−6,4 %). Des milliers de drames humains dus à une politique migratoire scélérate.

C’est le syndicat FSU Emploi qui a levé le lièvre. Alors que le gouvernement prévoit de supprimer plus de 1 600 postes à France Travail, dans le même temps l’agence de l’emploi va recruter un général d’armée pour piloter « les nouvelles forces spéciales » de l’établissement public et orienter les demandeurs d’emplois vers les métiers de la défense. L’organisation syndicale écrit notamment : « Dans un contexte de suppressions de postes, non-remplacements, surcharge de portefeuilles, épuisement professionnels, perte de sens, durcissement des sanctions, obligations toujours plus nombreuses, conditionnalité accrue des droits, on réduit les moyens humains d’accompagnement des 7,5 millions d’inscrit.es, mais on embauche un général ! On peut désormais parler de gestion disciplinaire du chômage, d’accompagnement à la mise au pas. » Et de conclure : « La hiérarchisation et la militarisation des sociétés ont toujours mené à la guerre pour maintenir un système capitaliste broyeur de vies au profit de quelques nantis. La FSU Emploi n’en veut pas. » Nous non plus !

L’ancien président Nicolas Sarkozy a demandé la confusion de ses peines dans les dossiers Bygmalion et Bismuth pour ne pas être à nouveau astreint au port d’un bracelet électronique a indiqué le parquet national financier. Sa demande doit être examinée par la justice le 23 février. Il a intérêt à faire vite. En effet, il doit comparaître à nouveau à partir du 16 mars devant la cour d’appel de Paris pour son procès dans le dossier du financement présumé de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. En première instance, il avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement, conduisant à son incarcération pendant trois semaines cet automne. Au rythme où vont les choses, Sarkozy sera bientôt forcé de se faire greffer une troisième cheville pour accueillir le nouveau bracelet que risquent de lui imposer les magistrats d’appel.

Le géant néerlandais de la technologie ASML est un rouage essentiel du secteur. En effet, les semi-conducteurs fabriqués à l’aide de ses machines de pointe sont utilisés dans nombre d’applications, des smartphones aux satellites en passant par l’IA. Dans un même élan, le groupe a annoncé un bénéfice record de 9,6 milliards d’euros pour 2025 (contre 7,6 milliards l’année précédente) et le licenciement de 1 700 de ses 44 000 salariés, principalement aux Pays-Bas et aux États-Unis. Ces annonces ont fait monter l’action ASML en flèche (+7,13 %) à la Bourse d’Amsterdam et enrichi d’autant les actionnaires. À plus long terme, ASML estime que l’expansion rapide du marché de l’IA fera grimper son chiffre d’affaires annuel entre 44 et 60 milliards d’euros d’ici 2030. Quant aux licenciés, ils comptent pour du beurre.

Dans un rapport publié un an après l’annonce du gel de l’aide humanitaire des États-Unis aux associations et autres entités impliquées dans les désastres planétaires, l’ONG Care alerte sur les dix « crises humanitaires oubliées » en 2025, très majoritairement en Afrique, touchant environ 43 millions de personnes. Parmi elles, le conflit en Centrafrique et la pire sécheresse en dix ans en Namibie. Ces crises sont fort peu médiatisées. Par exemple, 1 532 articles ont été consacrés à la République centrafricaine, où environ 2,4 millions de personnes sont « en situation d’urgence humanitaire », soit 63 fois moins que les 96 927 publications sur le mariage du fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, à Venise en juin. À chaque média ses priorités. De plus, « en 2025, les plans humanitaires des Nations unies pour le Zimbabwe ou le Malawi n’étaient financés qu’à 14 % », souligne l’ONG, précisant qu’à ces « déficits structurels » s’ajoutent « des coupes budgétaires brutales décidées par les États-Unis et par une dizaine de pays européens, dont la France, qui ont entraîné une baisse de près de la moitié de l’aide humanitaire mondiale ». Les pays impérialistes augmentent sans cesse leurs budgets militaires et, dans le même temps, diminuent drastiquement l’aide consacrée aux plus démunis : une parfaite logique capitaliste.