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Brèves

L’actualité en bref

Alors que le froid s’est abattu sur une bonne partie du pays, que le verglas ou les importantes chutes de neige ont provoqué des embouteillages monstres et des morts sur les routes et les autoroutes, l’annulation de trains et la fermeture d’aéroports, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a trouvé un coupable tout désigné : les services météorologiques. Il leur reproche une mauvaise anticipation des phénomènes météo de ces derniers jours en estiment que l’épisode neigeux avait été « un peu sous-évalué ». C’est possible. Mais ce qu’oublie de rappeler le ministre, c’est qu’au cours des années les crédits alloués à Météo-France ont été sabrés à la hache. Déjà, en 2021, un rapport sénatorial soulignait que la baisse des effectifs et des crédits impactaient la fiabilité des prévisions. En deux ans 600 postes avaient été supprimés et la subvention de l’État avait baissé de 20 %. Et le rapporteur d’écrire : « Le nombre d’emplois a été réduit d’un quart, et le nombre d’antennes dans les territoires a été réduit des deux tiers. » On en voit le résultat aujourd’hui.

Jugés pour délit de solidarité avec les migrants, et après avoir passé vingt mois en prison, des travailleurs humanitaires de l’ONG Terre d’asile ont été libérés par les autorités tunisiennes. Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, et plusieurs de ses collègues étaient en prison depuis plus de 20 mois. Ils étaient accusés d’avoir « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants dans le pays. Tout en les libérant, le tribunal a toutefois prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis à l’encontre des accusés jusqu’ici placés en détention provisoire. Une affaire qui illustre une fois de plus la criminalisation des activités de soutien aux migrants. Et la Tunisie n’est qu’un cas parmi bien d’autres.

Le récent kidnapping du président du Venezuela sur ordre de Donald Trump rappelle à s’y méprendre un autre épisode de l’histoire latino-américaine qui s’est déroulé en 1989. Cette année-là, le président américain George Bush faisait intervenir ses troupes au Panama, capturait le président Manuel Noriega et l’exfiltrait vers les États-Unis où il fut plus tard condamné à 40 ans de prison pour « trafic de drogue ». Mais les similitudes ne s’arrêtent pas là. À l’époque, le socialiste François Mitterrand, qui occupait l’Élysée, non seulement ne condamna pas l’intervention américaine mais la cautionna à l’ONU. Trente-sept ans plus tard, Macron a fait de même. Courber l’échine devant Washington est une vieille habitude de la diplomatie tricolore.

Après les congés de fin d’année les agents du musée du Louvre, réunis en assemblée générale à l’appel d’une intersyndicale CGT-CFDT-SUD, ont revoté la grève à l’unanimité. Le mouvement de grève avait été lancé le 15 décembre puis suspendu le 19 décembre. Les salariés protestent notamment contre les conditions de travail, les sous-effectifs et la hausse des tarifs pour les touristes non-Européens. Ils s’élèvent aussi contre la dégradation du bâtiment, mise en lumière par le vol spectaculaire de huit joyaux de la Couronne française le 19 octobre, mais aussi contre la fermeture au public d’une galerie après un rapport alertant sur la « fragilité » de l’édifice. Les grévistes ont obtenu jusqu’à présent l’annulation d’une baisse de 5,7 millions d’euros des dotations publiques décidée par le ministère de la Culture et des revalorisations indemnitaires. Toutes choses jugées insuffisantes par le personnel en lutte.

Dans une interview accordée à L’Union, quotidien régional de l’est de la France, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a confirmé que le nouveau service national militaire volontaire, d’une durée de dix mois et annoncé en novembre par Macron, sera lancé officiellement le 12 janvier. Dans un premier temps, tous les jeunes seront obligés de participer à une « journée citoyenne », rebaptisée « Journée de mobilisation ». À son issue, les participants de 18 et 19 ans se verront remettre un questionnaire leur demandant « s’ils seraient intéressés par un service militaire volontaire ». Toutes celles et tous ceux qui répondront positivement seront recontactés. Plus que jamais il faut s’opposer à la mise au pas de la jeunesse et utiliser notamment ces journées de mobilisation pour développer les idées anti-militaristes et internationalistes.

C’est le site Rue89 Strasbourg, repris par Mediapart, qui indique qu’une patiente étrangère en état critique s’est vue refuser l’accès aux urgences de la clinique privée Sainte-Anne de la capitale alsacienne faute de numéro de Sécurité sociale. Atteinte d’une obstruction de l’œsophage, qui l’empêchait de boire et de manger depuis trois jours, Nassima, 29 ans, a dû être opérée en urgence quelques heures plus tard à l’hôpital civil (CHU) où son état avait été jugé critique. Un cas flagrant et scandaleux de non-assistance à personne en danger du seul fait qu’elle soit étrangère.

Après son intervention au Venezuela et sa capture du président Maduro, Donald Trump s’en est pris dans un discours à Cuba, à la Colombie, au Groenland et à l’Iran qu’il menace d’invasion ou d’intervention si ces pays ne se plient pas à ses exigences. Il ne cache pas que les exploitations pétrolières, minières ou autres sont dans le collimateur, tout comme sa volonté d’assurer son hégémonie politique sur l’hémisphère occidental. Et face à cela, on assiste à l’impuissance des autres puissances capitalistes, notamment européennes, obligées de s’aligner peu ou prou derrière le locataire de la Maison-Blanche en abandonnant toute pseudo-velléité d’indépendance, même rhétorique. Car dans ce monde capitaliste en crise, c’est lui le patron…

Alors que la présidente d’extrême droite du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, s’est réjouie du récent classement de la gastronomie nationale au patrimoine immatériel de l’Unesco, l’ONG Action contre la faim souligne dans un rapport que l’insécurité alimentaire ne cesse de progresser dans le pays. En 2024, près de six millions de personnes (9,9 % de la population) n’ont pas pu bénéficier d’une alimentation adéquate, saine et équilibrée, un chiffre en augmentation par rapport à 2023 (8,4 %). Sur ce nombre plus de quatre millions de familles font face à une véritable privation alimentaire et trois millions d’autres n’ont pas un accès régulier à une alimentation adéquate sur le plan nutritionnel. Est notamment en cause l’augmentation des prix des produits alimentaires qui ont enregistré une hausse de 25 % entre octobre 2021 et octobre 2025, dépassant largement l’inflation générale. Pour beaucoup, les repas de fête de fin d’année se sont donc réduits à la portion congrue.

Les médecins sont appelés à la grève du 5 au 15 janvier pour protester contre la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS). Cette loi est effectivement à dénoncer, notamment parce qu’elle attaque les arrêts maladie. Seulement, parmi les mots d’ordre, beaucoup se concentrent sur les seuls intérêts des médecins. L’urgence serait plutôt de construire une mobilisation de tous les travailleurs de la santé, pour mettre fin à la dégradation des conditions de travail à l’hôpital et à la casse du système de santé.