Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Branle-bas de combat dans le monde des financiers. Après la faillite de trois banques américaines – Silvergate, Signature et la principale, Silicon Valley Bank – c’est au tour du Crédit suisse, la seconde banque du pays, qui est dans la tourmente. Son action a chuté d’un coup de 24,24 % lorsqu’on a appris que son principal actionnaire – la Banque nationale saoudienne – avait décidé de ne plus intervenir pour soutenir l’établissement bancaire en difficulté depuis deux ans. Dans le même temps, une autre banque américaine, la First Republic, était dans le collimateur des milieux financiers, son action ayant perdu 73 % de sa valeur depuis le 8 mars. D’où la crainte généralisée d’une nouvelle crise financière qui rappellerait celle des « subprimes » de 2007-2008 et entrainerait à son tour le déclenchement d’une crise économique dévastatrice. En spéculant chaque jour à coups de milliards d’euros ou de dollars sur les marchés internationaux, le capital financier mène la planète à sa perte. Raison de plus pour s’en débarrasser. Le plus vite sera le mieux.

Une provocation ? Alors même qu’un nombre croissant de familles ont plus en plus de mal à payer leurs factures d’énergie et que les salariés de nombre de raffineries sont en grève, TotalEnergies vient d’annoncer qu’elle proposerait à l’assemblée générale des actionnaires le 26 mai prochain d’augmenter de 10 % la rémunération de son PDG, Patrick Pouyanné. Celle-ci frôlait déjà les six millions d’euros l’an dernier. Il serait temps que les travailleurs fassent rendre gorge à ces patrons qui se croient tout permis.

La réforme des retraites est tellement impopulaire que le gouvernement a dû finalement sortir un 49.3 pour la faire passer à l’Assemblée. Mais ce ne sont ni une assemblée de politiciens ni un procédé peu démocratique qui suffiront à la faire appliquer. Car rien n’est perdu et nous, les travailleurs et la jeunesse, avons les moyens par notre mobilisation de faire tomber cette réforme là où est sa place : à la poubelle. Ce ne serait pas la première fois. Alors, à bas la réforme Borne-Macron et vive les manifestations et les grèves !

Une militante féministe, Justyna Wydrzynska, qui avait fourni des pilules abortives à une femme victime de violences conjugales a été condamnée par un tribunal de Varsovie à huit mois de travaux d’intérêt général à raison de 30 heures par mois. Poursuivie depuis avril 2022, elle encourait jusqu’à trois ans de prison mais a bénéficié d’une large mobilisation en sa faveur. L’association qu’elle dirige, Abortion Dream Team, lutte pour la légalisation de l’avortement pour toutes. Car si dans ce pays donner des informations sur l’IVG n’est pas illégal, par contre l’avortement reste interdit, sauf en cas de viol, d’inceste ou de mise en danger pour la vie de la mère. Et même en cas de malformation grave du fœtus, il reste quasi impossible. Quant au gouvernement de droite polonais, dirigé par le parti Droit et justice, il est très lié à l’Église catholique et résiste bec et ongles à la légalisation de l’IVG.

Alors que Macron pérorait depuis les hauteurs élyséennes sur l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, le média Le 1 hebdo vient de consacrer une enquête aux 11 millions de femmes vivant en milieu rural et pour lesquelles l’exercice de ce droit s’apparente à une galère. En cause : les déserts médicaux, la distance qui les sépare de l’hôpital le plus proche, le désengagement des centres privés de cet acte considéré comme pas assez rentable, les praticiens qui font valoir leur clause de conscience, les généralistes qui ne peuvent pratiquer d’IGV faute d’avoir suivi une formation adéquate obligatoire, etc. Dans ce domaine, comme dans bien d’autres, des actions concrètes sur le terrain vaudraient mieux que de longs discours au Sénat ou à l’Assemblée.

La cour d’appel de Paris a condamné Intermarché, Casino et Monoprix à des amendes d’un montant total de quatre millions d’euros « pour des pratiques restrictives de concurrence ». Selon la cour, ces enseignes avaient exigé de certains fournisseurs « des investissements supplémentaires sans contrepartie effective et sous la menace de mesures de représailles », une situation qui a créé « un déséquilibre significatif dans les droits et obligations des parties ». En résumé, des méthodes de voyou qui ne peuvent étonner de la part des grands groupes de la distribution qui, lorsque la loi ne leur convient pas, la contournent allègrement. En général sans se faire prendre. Une fois n’est pas coutume.

Le projet d’un panier uniforme et commun à tous les distributeurs, initialement souhaité par la ministre des PME, Olivia Grégoire, ayant été abandonné face à l’hostilité des différentes enseignes, ces dernières – notamment Système U, Intermarché, Casino et Carrefour – proposent désormais chacune une sélection de produits au « prix le plus bas possible » pour les consommateurs dans le cadre d’un « trimestre anti-inflation » qui a débuté le 15 mars et doit se poursuive jusqu’au 15 juin prochain. Les journalistes du HuffPost ont eu l’idée de demander à des nutritionnistes d’examiner ces fameux produits qui bénéficieront d’une cocarde tricolore. Le verdict est sans appel. Que ce soit du côté de l’UFC-Que Choisir ou de la nutritionniste Sophie Janvier, tous constatent une présence disproportionnée de biscuits et de produits ultra-transformés et un manque de produits frais de bonne qualité nutritionnelle. Bref de la mal-bouffe mais bien de chez nous. Cocorico !

Le leader du Parti sioniste religieux, Bezalel Smotrich, également ministre des Finances et chargé des colonies au sein du ministère de la Défense du gouvernement israélien, a fait parler de lui récemment en justifiant le pogrom dont se sont rendus coupables des colons dans le village palestinien de Huwara fin février. Suprémaciste, raciste, violemment anti-arabe, sexiste, homophobe et anti-LGBT, rejetant tout forme de laïcité, il avait été invité à venir le dimanche 19 mars participer à Paris à une réunion organisée par le Betar, un groupe sioniste d’extrême droite. Ce qui avait soulevé les protestations de 54 organisations et personnalités qui appelaient à manifester devant le pavillon de Princes, dans le 16e arrondissement, où devait avoir lieu la réunion. Finalement elle n’aura pas lieu, le propriétaire des lieux ayant annulé la location. Une petite victoire symbolique, mais qui n’empêchera peut-être pas Smotrich de venir malgré tout dans la capitale.

Alors même que se tenait à Riyad une Conférence internationale sur la justice, on a appris que six hommes avaient été décapités au sabre. Mais ni leurs noms, ni la date de leur exécution, ni les lieux où ils auraient commis leurs supposés crimes n’ont été rendus publics et les procès se sont tenus en secret. On les a accusés pêle-mêle de terrorisme, de sodomie et d’enlèvement. Selon le magazine en ligne Slate, 60 personnes avaient été décapitées en 2020 et 138 en 2022 dont 81 en une seule journée. À noter que la majorité d’entre eux étaient des chiites saoudiens ou des houthis yéménites. Depuis 2015, et l’arrivée au pouvoir du roi Salmane, on estime que plus de 1 000 personnes ont été décapitées. La barbarie au quotidien.