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Brèves

L’actualité en bref

Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des lignes TER, la région Hauts-de-France a récemment attribué à la SNCF le premier lot, dit « de l’étoile d’Amiens ». Son président, Xavier Bertrand, a précisé que l’entreprise devra faire mieux à moyens constants, ce qui ne signifie pas autre chose que davantage empirer les conditions de travail des cheminots et donc mieux dégrader le service pour les usagers. L’ouverture à la concurrence ? Une manière pour la SNCF, ses concurrents patronaux et l’État de ne rien changer.

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes le 4 mars pour protester contre le projet de loi « asile et immigration » de Darmanin, qui prévoit de durcir la répression des immigrés. Avec ce projet, la durée et le renouvellement des titres de séjour dépendront du maintien « en tension » du secteur dans lequel les migrants travaillent.
Derrière ce chantage à l’expulsion, le but du gouvernement est clair : il s’agit de permettre au patronat de trouver de la main-d’œuvre sur des métiers pénibles, ou à risques, tout en évitant d’avoir à augmenter les salaires.

La semaine dernière, 24 intérimaires à PSA Vesoul puis 60 intérimaires à PSA Sevelnord ont fait plusieurs heures de grève pour réclamer notamment la prime d’intéressement et participation : « On a un sentiment d’injustice et dégoût » explique une intérimaire à la presse.
Alors que PSA annonce 16,8 milliards de bénéfices net (+26 %), la prime d’intéressement et participation de 3 380 euros que toucheront les ouvriers en CDI n’a presque pas augmenté. Et les CDD de moins de trois mois en 2022, les intérimaires et les salariés sous-traitants n’auront droit à rien.

La police israélienne a libéré la dizaine de colons arrêtés en relation avec l’incendie de maisons et de véhicules dans la ville de Hawara, en Cisjordanie occupée, le 26 février. Selon le site d’information Ynet, affilié au quotidien Yedioth Ahronoth, les forces de l’ordre ont déclaré qu’elles n’avaient pu trouver aucune preuve liant les colons aux attaques, dont certaines avaient pourtant été filmées. Environ cent voitures et trente-cinq maisons avaient été détruites, et plus de quarante maisons partiellement brûlées. Cette décision est une preuve supplémentaire de la complicité du système judiciaire israélien avec les colons et leurs exactions.

Plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés simultanément samedi après-midi place de la République, à Paris, et devant le port, à Beyrouth, deux ans et sept mois après la double explosion dans la capitale libanaise qui avait fait plus de 220 morts et 6 500 blessés. Ils réclament l’avancée de l’enquête qui fait face à de flagrantes ingérences politiques et judiciaires. Car, depuis le drame, aucun responsable n’a été poursuivi, et encore moins traduit en justice. Ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on sait qu’une bonne partie de la classe politique libanaise, claniste et corrompue, est mouillée jusqu’au coup dans ce drame.

L’association « Choisir la cause des femmes », cofondée en 1971 par Simone de Beauvoir et Gisèle Halimi, a refusé l’invitation de Macron à participer à l’hommage national prévu en mémoire de l’avocate le 8 mars prochain au palais de justice de Paris. Dans une lettre adressée au président de la République, la présidente de l’association, Violaine Lucas, écrit : « Rendre hommage à l’occasion de la journée internationale des luttes pour les droits des femmes à l’une des plus grandes combattantes françaises pour la dignité des femmes et des peuples serait une idée de bon sens si elle n’arrivait de façon aussi inattendue, après deux ans et demi d’atermoiements, et au moment d’un grand mouvement social auquel elle aurait, sans aucun doute possible, pris une part active. » Elle voit à juste titre dans cet hommage, une forme « d’instrumentalisation politique ». Le coup de pub et l’opération marketing voulus par l’Élysée ont un peu de plomb dans l’aile.

L’armateur CMA-CGM a enregistré en 2022 un bénéfice net record de plus de 23 milliards d’euros, signant le plus haut bénéfice publié par une société l’an dernier, devant ceux de TotalEnergies, Stellantis et LVMH. Le troisième armateur mondial a été porté par les prix historiquement hauts du fret maritime depuis le début de la pandémie et a, en 2022, vu son chiffre d’affaires augmenté de 33,1 % pour atteindre plus 70 milliards d’euros. Sur les 23 milliards de bénéfice, seuls 726 millions d’euros (soit moins de 3 %) ont été redistribués à ses 155 000 salariés. Et, selon le rapport d’une mission parlementaire, son taux effectif d’imposition était de 2 % en 2021, cinq fois moins que celui d’un couple aux revenus moyens avec deux enfants.

Le cabinet de la secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, Bérangère Couillard, a annoncé à l’Agence France-Presse la création d’un label national « anti gaspillage alimentaire ». Les enseignes, notamment celles de la grande distribution, pourront obtenir le label en fonction des « performances de réduction des déchets et du gaspillage ». Les critères du cahier des charges ont été définis avec l’Association française de normalisation dans le cadre de l’application de la loi de février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire. Le problème est bien réel : on estime que chaque année neuf millions de tonnes de nourriture sont gaspillées dans le pays alors que des millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Mais, en dernière analyse, laisser les mains libres aux patrons de la grande distribution pour obtenir ce label est une belle hypocrisie. Pour mettre fin au gaspillage des produits alimentaires il faudrait que les organisations de consommateurs, les ONG de soutien aux plus modestes et les salariés de ce secteur puissent avoir des pouvoirs d’investigation sur le fonctionnement de ces entreprises. On en est loin.

Annoncé en janvier à grand renfort de communication par le gouvernement et sa ministre déléguée au Commerce, Olivia Grégoire, le panier anti-inflation ne verra pas le jour. Il devait être commun à toutes les grandes surfaces et permettre aux plus modestes de s’approvisionner à prix coûtant. Un moyen, parait-il, de limiter les effets de l’inflation qui, en février, a atteint 6,2 % sur un an et plus de 12 % sur certains produits de première nécessité. Mais cette initiative s’est heurtée à l’opposition des chaines de grandes surfaces et celle de la principale organisation des gros producteurs, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, qui considéraient qu’elle leur coûterait trop cher. Pour ne pas affronter les patrons, le gouvernement a donc relégué son panier anti-inflation aux oubliettes. À la place il demande aux grands distributeurs « de faire un effort » et « de prendre sur leurs marges ». Dans les semaines qui viennent, on va donc voir Carrefour, Intermarché, Super U, Leclerc et autre Lidl mettre en avant leurs habituelles campagnes promotionnelles présentées cette fois comme « des mesures anti-inflation »… et la hausse des prix continuera.