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Brèves

L’actualité en bref

Le projet de loi, proposé par le ministre de la Sécurité intérieure et chef du parti d’extrême droite Force juive, Itamar Ben-Gvir, et prévoyant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables de terrorisme, a été adopté en première lecture par la Knesset, le parlement israélien. Qadura Faris, le président du Club des prisonniers palestiniens, a déclaré qu’une peine de mort spécifique ne ferait que montrer Israël encore davantage comme un « État d’apartheid arriéré, fasciste et ancré dans le passé ». Et d’ajouter que, selon lui, la peine de mort « n’exacerberait en rien nos inquiétudes. Nous sommes tués de manière extrajudiciaire tous les jours sans raison. Israël procède quotidiennement à de nombreuses exécutions contre des Palestiniens en dehors du cadre de la loi. » Une base de données, gérée par l’organisation israélienne des droits humains B’Tselem, montre que, depuis 2000, 10 341 Palestiniens ont été abattus par des soldats et 86 autres par des civils israéliens, soit au total 11 427 victimes. Dans le même temps 855 Israéliens ont été tués par des Palestiniens, soit plus de 13 fois moins. En matière de lutte contre le terrorisme, l’État sioniste ferait bien de balayer d’abord devant sa propre porte.

Ales Bialiatski, fondateur de l’organisation de défense des droits humains Viasna, et opposant résolu au régime, a écopé de dix ans de prison. Deux de ses collaborateurs, arrêtés comme lui en juillet 2021 et jugés à ses côtés, Valentin Stefanovitch et Vladimir Labkovitch, ont, eux, été condamnés respectivement à neuf et sept ans de prison. Un quatrième accusé, Dmitri Soloviev, jugé par contumace après avoir fui en Pologne, a reçu une sentence de huit ans. Ce verdict s’inscrit dans une nouvelle série de procès visant militants, journalistes et autres opposants, réprimés implacablement depuis le mouvement de protestation de l’été 2020 contre la réélection frauduleuse du président pro-russe Alexandre Loukachenko. Selon Viasna, le pays comptait 1 461 prisonniers politiques au 1er mars.

Un collectif de proches de personnes victimes d’accidents mortels au travail a organisé une marche blanche ce samedi à Paris. Selon la Dares, la direction des statistiques du ministère du Travail, le nombre de décès est passé de 476 en 2005 à 790 en 2019, soit plus de deux par jour. Ces familles meurtries demandent notamment à ce que les morts au travail soient davantage mises en lumière par le gouvernement.

Sur la fréquence des accidents du travail, « la France se classe en tête des pays en Europe, selon la Commission européenne », note Matthieu Lépine, historien et auteur de L’hécatombe invisible, enquête sur les morts au travail. Et « c’est un des seuls pays où ça augmente », ajoute-t-il. Les secteurs les plus touchés sont le BTP, l’agriculture et l’industrie, sans oublier le transport, mais aussi des métiers dont on parle moins comme le bucheronnage et les marins-pêcheurs. En outre, le phénomène est selon lui sous-estimé : « un accident sur deux ne serait pas déclaré », estime-t-il. Il pointe le manque de moyens et « le mal qui est fait à tous les acteurs de la prévention ». Il énumère la baisse du nombre les inspecteurs et des médecins du travail, et les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail qui ont été supprimés.

Pendant que l’État démantèle les déjà rares et insuffisantes protections, la course au profit entraîne le manque de personnel et l’intensification du rythme de travail dans des conditions de plus en plus déplorables. Il n’y a pas à chercher plus loin la cause de ces décès.

Interviewée dans le quotidien L’Humanité, la sociologue Monique Pinçon-Charlot soutient les luttes et les grèves contre la réforme des retraites et dénonce « une oligarchie aux abois ». Et d’affirmer : « Si les travailleurs s’arrêtent de travailler, le roi est nu. » Une vérité que l’on aimerait entendre plus souvent.

Les mois se suivent et se ressemblent pour le chef de l’État dont la popularité, si l’on peut employer encore ce terme, ne parvient pas à remonter la pente. Dans le dernier baromètre réalisé par YouGov pour Le HuffPost il stagne à 25 % d’opinions favorables. Mais, soyons justes, il fait mieux qu’Élisabeth Borne qui, elle, est à 21 %. S’ils continuent de descendre ils vont finir par trouver du pétrole ! Dans le même temps, le sondage montre que près des deux tiers des personnes interrogées sont contre la réforme des retraites et plus de 50 % soutiennent le blocage du pays du 7 mars. De quoi mettre beaucoup de monde dans la rue.

Le rythme des réformes visant à réduire les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde a fortement ralenti en 2022 pour atteindre son niveau le plus bas depuis vingt ans, selon le rapport Les femmes, l’entreprise et le droit que vient de rendre public la Banque mondiale. L’indice mesurant l’évolution des réformes en faveur d’une plus grande égalité juridique n’a progressé que de 0,5 point l’an dernier et s’établit à 77,1 points, « ce qui signifie que les femmes ne jouissent en moyenne qu’à peine 77 % des droits juridiques reconnus aux hommes ». Dans le cadre de ce rapport, la Banque mondiale a étudié en 2022 l’ensemble des lois et règlements votés ou mis à en place pour les femmes dans 190 pays en prenant en compte huit domaines, à savoir mobilité, travail, rémunération, mariage, parentalité, entreprenariat, actifs et retraite. Conclusion : au rythme actuel des réformes, et dans la plupart des pays, une jeune femme entrant aujourd’hui dans la vie active n’atteindra pas l’égalité juridique lors de son départ à la retraite. L’égalité homme-femme attendra encore quelques décennies… voire plus.

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’Académie de médecine pointe du doigt le manque de personnel dans les petites maternités et propose de fermer 111 d’entre elles qui réalisent moins de 1 000 accouchements par an. Ceci « pour éviter de mettre en danger les femmes et les enfants ». Or certaines d’entre elles desservent des territoires très éloignés des grands établissements de santé et qui sont déjà des déserts médicaux, par exemple en zone rurale. En l’an 2000 on dénombrait plus de 20 000 lits dans 742 maternités ; en décembre 2019, il n’en restait que 15 057 et un an plus tard, 14 803 lits répartis dans 478 maternités, chiffre tombé à 471 en 2022. La solution n’est donc pas d’en fermer de nouvelles mais d’obliger les pouvoirs publics à revaloriser les professions médicales pour que l’on puisse recruter plus de médecins, infirmières et sages-femmes et rouvrir des maternités qui ont fermé. Mais obliger une femme à faire une heure de voiture ou plus pour accoucher (même en lui offrant de l’accueillir en chambre d’hôtel, comme le préconise l’Académie) c’est jouer avec sa santé et celle de son bébé. Et ça tout le monde est capable de le comprendre.

Alors qu’il participe à Libreville, au Gabon, au « One Forest Summit », réunion internationale avec plusieurs chefs d’État africains sur la préservation des forêts tropicales, le président français a déclaré devant des représentants de la communauté française présente sur place : « Cet âge de la Françafrique est bien révolu et j’ai parfois le sentiment que les mentalités n’évoluent pas au même rythme que nous quand je lis, j’entends, je vois qu’on prête encore à la France des intentions qu’elle n’a pas, qu’elle n’a plus. » Ferme résolution transmise à TotalEnergies et au groupe Bolloré, deux entités parmi d’autres, qui continuent de mettre le continent noir en coupe réglée. Cerise sur le gâteau, il a fait cette déclaration aux côtés de son ami et homologue local, Ali Bongo Ondimba, qui continue sur les traces de son dictateur de père, Omar, et qui, comme lui, est un des symboles de cette Françafrique qui, parait-il, n’existe plus.

Macron présidera, le 8 mars, un hommage national à Gisèle Halimi à l’occasion de la Journée internationale de lutte des femmes. La cérémonie se tiendra au palais de justice de Paris. Si l’avocate, décédée en juillet 2020, est surtout appréciée des jeunes générations pour sa lutte en faveur des droits des femmes et de l’IGV, elle commença à se faire connaitre par son soutien à la lutte du peuple algérien pour son indépendance et sa défense, devant les tribunaux, des militants nationalistes du Front de libération nationale. Et c’est ce qui gêne Macron et lui a fait opposer une fin de non-recevoir aux demandes de mettre Gisèle Halimi au Panthéon, comme le proposaient une partie de la gauche, de sa famille et des élus au sein même de la majorité présidentielle. Car reconnaitre ce rôle aurait été se mettre à dos l’essentiel de la droite et du Rassemblement national dont il a tant besoin pour faire passer sa réforme sur les retraites et quelques autres. Cet hommage national est plein d’arrières-pensées politiciennes et électoralistes. Pas sûr que Gisèle Halimi aurait beaucoup apprécié.