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Brèves

L’actualité en bref

L’agente de joueurs Sonia Souid, qui fut la première femme à accuser publiquement l’ex-président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, pour son comportement grossier et sexiste lors d’entretiens téléphoniques ou de rendez-vous professionnels, a vertement réagi après la nomination de ce dernier comme délégué à Paris du président de la Fédération internationale de football (Fifa), Gianni Infantino. « Je pose la question à Gianni Infantino : quel message envoyez-vous aux victimes de racisme, d’homophobie, de sexisme ? », a-t-elle déclaré à l’Agence France-Presse. Avant de poursuivre : « L’instance suprême qu’est la Fifa devrait appliquer la politique de la tolérance zéro. » On peut toujours rêver. Car la Fifa est un condensé de racisme, d’homophobie et de sexisme, des maux qui gangrènent depuis longtemps le football professionnel.

Les États-Unis ont accusé le président syrien Bachar al-Assad et ses acolytes de détourner l’aide humanitaire internationale destinée aux victimes du tremblement de terre. Selon leur vice-ambassadeur à l’ONU, Robert Wood, cette aide est vendue sur les marchés ou confisquée par les autorités syriennes. Pour qui connait la corruption du régime alaouite cela n’a rien de surprenant. Par contre, Wood n’a rien dit sur les mêmes pratiques qui ont cours en Turquie où pullulent fonctionnaires corrompus et trafics de toutes sortes au vu et au su des autorités. Mais il faut dire que le président turc Erdoğan – qui vient d’interdire aux ONG de s’occuper des sinistrés – est un soutien des États-Unis, et son armée, en importance, la seconde de l’Otan. Pas question de critiquer un si fidèle allié.

Alors qu’une campagne massive d’arrestations de migrants subsahariens se poursuit dans tout le pays, orchestré par le président Saïed et son gouvernement, dans le même temps se multiplient agressions et arrestations arbitraires ciblant des Tunisiens noirs. Les racistes ne font pas la différence. Sous forme de hashtag « Mes papiers sur moi, on ne sait jamais » des Tunisiennes noires dénoncent avec humour les arrestations et les contrôles d’identité arbitraires qu’elles subissent, notamment en se faisant photographier avec leur carte d’identité collée sur le front à l’initiative de Maha Abdelhamid du collectif La voix des femmes tunisiennes noires. Elles affirment leur solidarité avec les migrants subsahariens et veulent sensibiliser leurs compatriotes aux violences que subissent tous les Noirs, quelle que soit leur nationalité et leur origine.

C’est le 3 mars que se termine la première phase d’évaluation du Service national universel (SNU), un dispositif d’embrigadement des jeunes censé leur inculquer le patriotisme, le sens du devoir, la discipline et autres vieilles lubies réactionnaires. Pour l’instant le SNU est facultatif et se fait sur la base du volontariat, mais le gouvernement ne cache pas qu’à terme il souhaite qu’il devienne obligatoire pour tous les lycéens qui consacreraient deux semaines, prises sur le temps scolaire, à marcher au pas, à saluer le lever des couleurs et à beugler La Marseille. Le coût pour les finances publiques serait d’environ deux milliards par an. Une tentative de mise au pas de la jeunesse qui ravit la droite. Mais pas nous. Car, comme le chantait Brassens dans La mauvaise réputation : « La musique qui marche au pas cela ne me regarde pas. »

Le coût de construction des six nouveaux EPR est estimé par EDF à 51,7 milliards d’euros, avec un surcoût possible de 4,6 milliards d’euros en cas de difficultés majeures. Mais ce genre de pronostics est sujet à caution, comme on l’a vu à Flamanville (Manche) où la construction du réacteur, qui a commencé en 2007, n’est toujours pas terminée et où son coût est passé de 3,5 milliards à 12 milliards d’euros. Mais Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, a promis que leur financement ne nécessiterait pas un « nouvel impôt ». Alors, bien sûr, en dernière analyse ce sont les contribuables qui paieront de leur poche mais comme il ne s’agit pas, selon elle, d’une « dépense » mais d’un « investissement », à terme lesdits contribuables rentreront dans leurs fonds en payant moins cher leur électricité. Il n’y a plus qu’à la croire… et à attendre. Car si le financement va rapidement commencer, par contre les réacteurs ne sortiront de terre, dans le meilleur des cas, qu’entre 2035 et 2050. D’ici là beaucoup d’eau aura passé sous les ponts emportant sans doute au passage les promesses de Pannier-Runacher.

Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a déclaré que « mettre la France à l’arrêt » à partir du 7 mars serait « prendre le risque d’une catastrophe écologique, agricole et sanitaire » et reviendrait « à négliger la santé de nos enfants ». Sur la même lancée, il aurait pu tout aussi bien affirmer que, si les grèves se poursuivent dans les jours suivants, le pays sera frappé par la peste bubonique, connaitra des pluies de sauterelles et sera l’objet d’attaques d’extra-terrestres. Voilà qui prouve que le ridicule ne tue pas, même en politique. Et là, c’est un peu dommage…

À en croire une étude présentée par LCI le 1er mars, la durée de vie moyenne d’un soldat russe après incorporation serait de 60 jours. L’espérance de vie la plus faible serait celle des miliciens de Wagner et la plus longue celle des simples conscrits appelés. Côté ukrainien, il n’y aurait pas d’études semblables, mais un militaire américain combattant dans les rangs ukrainiens à Bakhmout aurait estimé l’espérance de vie d’un soldat ukrainien engagé dans cette bataille à… quatre heures. Par comparaison, l’espérance de vie moyenne d’un soldat soviétique arrivant à Stalingrad, une des plus terribles batailles de la Seconde Guerre mondiale, aurait été de 24 heures et celle d’un officier de quelques jours. Bien sûr, il faut se méfier de ce genre d’études qui peuvent être destinées à démoraliser l’ennemi. Mais celle-ci traduit tout de même le caractère sanglant de ce conflit. Autrement dit, les malheureux qu’on envoie à l’abattoir auraient probablement moins de chance de mourir en se révoltant qu’en obéissant aux ordres. Et beaucoup de chances de mettre fin à la guerre !

Des centaines de militants écologistes – dont Greta Thunberg – et des membres de l’ethnie samie, un peuple autochtone de l’Arctique, bloquent depuis plusieurs jours le ministère du Pétrole et de l’Énergie et celui de l’Économie et des Finances à Oslo pour protester contre l’activité de deux parcs d’éoliennes dans la région de Fosen, dans l’Ouest du pays. Il y a un an et demi, ces installations ont été qualifiées d’illégales par une décision de la Cour suprême parce qu’elles empiètent notamment sur les territoires de chasse des Samis et bafouent leurs droits. Mais, malgré cette condamnation, elles continuent de fonctionner comme si de rien n’était. Les manifestants menacent d’étendre leurs actions à d’autres ministères s’ils ne sont pas entendus.

Lorsqu’il n’est pas occupé à défendre le projet de réforme des retraites à l’Assemblée nationale ou au Sénat, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, n’hésite pas à donner un petit coup de main à quelques patrons amis. Ainsi, son ministère vient d’interjeter appel à un jugement du tribunal administratif qui, en novembre 2022 et sur demande de syndicalistes de l’entreprise, ordonnait dans les quatre mois une enquête visant la plate-forme de livraison de repas Uber pour soupçon de travail dissimulé, mettant notamment en doute le statut de « travailleurs indépendants » des livreurs. C’est cette enquête que Dussopt tente de bloquer. On se demande bien pourquoi si Uber n’a rien à se reprocher.