Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’augmentation des loyers a beau être limitée à 3,5 %, elle vient s’ajouter à la hausse insupportable des biens essentiels. Et si des travaux sont engagés, les bailleurs peuvent faire exploser ce « bouclier loyer ». C’est le cas à la cité Champagne de Gennevilliers, une barre HLM de 379 logements datant des années 60 et jamais réhabilitée depuis 1995. Le bailleur y a engagé une rénovation attendue depuis longtemps et décidé d’augmenter les loyers de 10 % sur deux ans. Les habitants, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté, ne décolèrent pas et se mobilisent pour le faire reculer. Loyers, alimentation, énergie, tout augmente sauf nos salaires !

100 000 morts ou blessés de chaque côté parmi les troupes et plus de 20 000 morts parmi les civils ukrainiens, des infrastructures vitales ravagées sur tout le territoire, des millions de réfugiés, des milliers d’opposants russes emprisonnés ou exilés : le bilan de la guerre de Poutine est terrible.

Les grandes puissances américaine et européennes, dont la France, ne sont pas belligérantes mais profiteurs de guerre. Leur soutien à l’Ukraine est hypocrite : elles n’ont jamais eu la moindre considération pour les peuples, qu’ils soient africains, asiatiques ou européens. Elles utilisent l’agression de Poutine pour avancer les pions de leurs grands groupes capitalistes dans le monopoly international de la concurrence et font peser tous les coûts sur le monde du travail : hausses des prix et profits records !

C’est partout l’augmentation des budgets militaires – et toutes ces commandes d’engins de mort n’iront pas à l’armée ukrainienne, loin de là ! En Ukraine et ailleurs, la concurrence économique menace toujours de se transformer en affrontement militaire.
Notre solidarité va aux Ukrainiens qui luttent pour ne pas crever sous la botte de Poutine et aux opposants russes à la guerre qui risquent leur vie. La lutte contre le dictateur russe ne pourra être menée à bien que par la fraternisation des peuples et des travailleurs de Russie et d’Ukraine, pas par les états-majors occidentaux. Nous refusons la militarisation du monde et l’escalade guerrière, les mouvements de troupes de l’Otan et l’augmentation des budgets militaires.

La presse nous a informé d’un nouveau fait de société : l’alcoolisation excessive de nombre de députés. Il parait que ça commence sec dès 11 heures du matin, quelques petits rhums vers 16 heures et c’est parti pour le pic de 19-20 heures, toutes tendances politiques confondues, certains iraient même jusqu’à vomir dans les toilettes… De la Nupes jusqu’au RN, c’est l’union sacrée : « Aux armes, citoyens, qu’un alcool fort abreuve nos gosiers ! » Et ces gens-là, pompettes et titubants, prétendent nous représenter. Vu leur état, on comprend mieux les lois qu’ils votent…

Le site Zoneadsl a décortiqué dans le détail les 800 000 plaintes déposées sur sa plateforme concernant les incidents concernant les connexions Internet et téléphoniques. Et le plus grand nombre de pannes enregistrées (36 % du total) concernent l’opérateur Free, fondé par Xavier Niel. Il est suivi de SFR (34 %), puis de Bouygues Telecom (18 %) et enfin d’Orange (11 %). Mais il faut remarquer qu’aucun des quotidiens que possèdent Niel (Le Monde) ou la famille de sa compagne, Delphine Arnault, (Les Échos, Le Parisien), n’a cru bon de reprendre l’information parue dans le mensuel Capital et reprise par Le Canard enchaîné. Une telle pudeur pour ne pas faire de peine au patron force l’admiration.

L’enquête pour « agression sexuelle aggravée » ouverte à l’automne dernier à l’encontre du cardinal Jean-Pierre Ricard, ancien archevêque de Bordeaux, a été classée sans suite pour prescription, a indiqué la procureure de la République de Marseille. Le prélat avait été placé en garde à vue le 2 février dernier après avoir reconnu auprès des enquêteurs des attouchements sur une adolescente de 13 ans pendant une période de trois ans à la fin des années 1980. Mais ces agissements n’avaient jamais été dénoncés par ses pairs qui ont préféré fermer les yeux et ignorer la victime. Il s’en tire bien, comme d’ailleurs la quasi-totalité des prêtres, diacres, religieux ou personnes en lien avec l’Église qui depuis 1950 se sont rendus coupables d’agressions sexuelles sur quelque 330 000 victimes. La conférence des évêques leur « a demandé pardon » et a tourné la page en les dédommageant au compte-gouttes. Pour obtenir réparation ils peuvent toujours compter sur la justice divine… mais cela risque de prendre un certain temps.

La Première ministre, Élisabeth Borne, a présenté un « ambitieux » plan à 100 milliards d’euros dans le but de moderniser le réseau ferroviaire de plus en plus décrié – du fait notamment des retards et des annulations de trains – avec la création de RER dans les grandes villes sur le modèle parisien. Mais attention : ces investissements s’étendront… sur 17 ans. D’ici là, ni Borne, ni Macron ne seront plus aux commandes et leurs successeurs ne seront pas tenus à quoi que ce soit. C’est ce qu’on appelle un effet d’annonce. De plus le Réseau Action Climat fait remarquer que la locataire de Matignon n’a apporté aucune précision sur la destination de cette somme, concernant notamment les petites lignes et les trains de nuit. Bref ce genre de promesses n’engagent que ceux qui y croient. Élisabeth Borne a également ouvert la porte à la taxation des gros pollueurs, comme le secteur aérien et les sociétés d’autoroute, ce qu’a résolument refusé de faire jusqu’à présent son collègue de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Mais, là encore, une vague promesse ne coûte rien tout en faisant le buzz.

La cérémonie de récompenses du cinéma français, les Césars, a complètement zappé les femmes dans l’une des catégories reines, celui de la réalisation. Aucune chance de féliciter une réalisatrice, puisqu’aucune n’avait été retenue parmi les cinq prétendants. Face à cette invisibilisation, certaines cinéastes ont protesté et décidé de créer des prix féminins. De son côté, l’Académie des César a constaté, « avec regret », l’absence de femmes dans la catégorie meilleure réalisation. D’après une étude réalisée par le collectif féministe 50/50, qui œuvre pour la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma et l’audiovisuel, entre 2018 et 2022, seulement 20 % des nommés dans la catégorie meilleure réalisation étaient des femmes. Et aucune ne l’a emporté. En 47 éditions, seule Tonie Marshall, en 2000, a remporté ce César pour le film Vénus beauté (institut). Comme l’a déclaré la réalisatrice Audrey Dana : « ces nominations reflètent une société patriarcale. Lorsqu’on pense aux meilleurs films, on pense forcément à des bonhommes, c’est sûr et certain. » On ne lui fait pas dire.

Un qui ne connait certainement pas des fins de mois difficiles, c’est Carlos Tavares, le patron du groupe automobile Stellantis, né en 2021 de la fusion de Peugeot-Citroën avec Fiat-Chrysler. Sa rémunération annuelle, qui atteignait déjà 19 millions d’euros en 2021, devrait passer à 23,5 millions d’euros en 2022 du fait des résultats exceptionnels du groupe qui a réalisé un bénéfice record de 16,8 milliards. Il va ainsi percevoir chaque jour environ le salaire moyen annuel d’un salarié du groupe. Cette annonce survient alors que les syndicats ont jugé insuffisants les deux milliards d’euros de primes qui seront partagés aux 264 000 salariés que compte le groupe à travers le monde. À ce niveau c’est une aumône.

La Première ministre, Élisabeth Borne, a annoncé vouloir transcrire dans la loi l’obligation pour les patrons de proposer au moins l’un de ces trois dispositifs : participation, intéressement ou abondement à un plan d’épargne salariale. C’était déjà obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés, cela le deviendra à partir de 11 employés. Et alors ? Le patronat peut bien distribuer à sa guise des primes de toutes sortes dont le montant dépend de son bon vouloir, ça ne garantit pas notre niveau de vie, sans parler du montant des retraites.
Ce qu’il nous faut, c’est une augmentation du salaire, d’au moins 400 euros, et son indexation sur la hausse des prix.