Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Fort marri des critiques portées contre son groupe de luxe, LVMH, à l’occasion notamment du sommet de Davos, Bernard Arnault, première fortune mondiale, a très mal pris la chose. Lors de l’assemblée générale des actionnaires il s’est dit victime « d’attaques injustifiées » de la part de ceux qui connaissent mal les affres dans lesquels se débattent les très riches. Et, pour redorer son image, il fait feu de tout bois. D’abord il a fait savoir urbi et orbi et avec l’appui de la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, que, grâce à lui, le musée d’Orsay à Paris avait pu acquérir le tableau La Partie de bateau du peintre impressionniste Gustave Caillebotte (valeur estimée 43 millions d’euros). Ce qui s’ajoute aux 200 millions d’euros déjà versés pour la reconstruction de Notre-Dame. Ensuite il s’est payé une pleine page de pub dans Le Monde où, sur fond de Tour Eiffel et de la fondation Louis Vuitton du bois de Boulogne, il vante le bilan écologique de son groupe, ses actions de mécénat, ses investissements dans des centres de formation, son aide à l’artisanat, ses partenariats avec des associations caritatives, etc. Reste à savoir d’où vient l’argent. De la poche de Bernard Arnault ou du travail des 176 000 salariés qu’il exploite sur les cinq continents ?

La blogueuse Astiaj Haghighi et son compagnon, Amir-Mohammad Ahmadi, ont été condamnés à dix ans et demi d’emprisonnement pour avoir dansé sur la place de la Liberté à Téhéran. La scène avait été immortalisée dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux en octobre dernier. Elle n’a pas été du gout des autorités qui, après les avoir envoyés plusieurs mois derrière les barreaux en préventive, ont infligé de lourdes peines à ce couple de jeunes amoureux, âgés de 21 et 22 ans. Ils se sont vus également interdire de mener des activités en ligne et de quitter le pays pendant deux ans lorsqu’ils auront purgé leur peine. Selon l’ONU, en quatre mois de manifestations, 14 000 Iraniens ont été interpellés. De son côté l’ONG norvégienne Iran Human Rights estime qu’au moins 481 personnes ont été tuées lors des affrontements et au moins 109 risquent d’être exécutées en lien avec le mouvement populaire de contestation. Quatre ont déjà été pendues.