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Brèves

L’actualité en bref

Le bilan s’alourdit. L’explosion qui s’est produite à l’usine Elkem Silicones a tué un second salarié, un homme de 55 ans grièvement blessé et qui était hospitalisé. Un premier décès d’un homme de 47 ans avait été officialisé au lendemain de l’explosion survenue dans un atelier expérimental du site chimique, classé Seveso seuil haut, c’est-à-dire extrêmement dangereux. Il s’agit du troisième décès enregistré en moins de dix ans sur le site Elkem de Saint-Fons, après la mort en 2016 d’une personne tuée dans l’incendie de fûts de silicone. Les syndicats CGT et CFDT de l’entreprise ont annoncé qu’ils allaient se porter partie civile dans une action en justice contre la direction. Dans un communiqué, la CGT a dénoncé un accident « intolérable », réclamant « une enquête approfondie » en interne, et de poursuivre : « Cet accident interroge lourdement sur l’organisation du travail, l’évaluation des risques, la maintenance et les choix de la direction en matière de prévention. » Deux morts de plus à inscrire au bilan de l’exploitation capitaliste.

Une des premières actions de Trump à son arrivée au pouvoir a été l’instauration de droits de douane tous azimuts qu’il a baptisé, en avril dernier, lors d’une cérémonie de signature à la Maison-Blanche, de « jour de la libération ». Neuf mois plus tard le constat est amer. Alors qu’il promettait de « faire revenir en force, les emplois et les usines dans le pays », les derniers chiffres publiés par son propre ministère du Travail prouvent le contraire. Sous Trump, l’économie a créé dix fois moins d’emplois que sous son prédécesseur, Joe Biden. Le secteur manufacturier, celui-là même qu’il prétendait vouloir soutenir grâce à ses taxes sur les importations, perd des emplois chaque mois. On compte en décembre 67 000 emplois de moins qu’au moment de l’imposition de ces taxes, ce qui est l’exact inverse de la promesse faite en avril. De mai à novembre, le nombre net d’emplois créés s’est élevé à 119 000, soit seulement 17 000 par mois contre une moyenne de 178 042 par mois sous Biden. Plusieurs mois ont même enregistré des pertes nettes d’emplois. De plus l’inflation sur les prix des produits alimentaires a bondi de 1,8 % à plus de 3,1 % depuis le début de l’année. En fait si le nationalisme économique de Trump a profité à une partie de la grande bourgeoisie, les classes populaires dans leur ensemble ont été les grandes perdantes.

Plus de 840 migrants ont été secourus par les garde-côtes grecs en cinq jours au sud de la Crète. Mois après mois, de nombreux migrants tentent la périlleuse traversée entre la Turquie et les îles grecques ou depuis la Libye vers la Crète. Mais les naufrages sont nombreux. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, plus de 16 770 personnes en quête d’asile dans l’Union européenne sont arrivées en Crète depuis le début de l’année. Cependant, outre les dangers de la traversée, les personnes migrantes doivent aussi affronter l’hostilité ouverte du gouvernement d’Athènes. En juillet, le Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, avait suspendu pendant trois mois l’examen des demandes d’asile, tout particulièrement des personnes débarquant en Crète en provenance de Libye. Quant au ministre des Migrations, Thanos Plevris, un ancien membre de la formation d’extrême droite Laos, aujourd’hui dissoute, il avait assuré que la Grèce n’était « pas un hôtel » pour des personnes à la recherche d’asile et avait répété à plusieurs reprises à leur endroit : « Vous n’êtes pas les bienvenues ici. » Pour ces personnes qui fuient leur pays en quête d’une vie meilleure la Terre est devenue une planète sans visas.

Flagrant déni, une ONG d’investigation et de défense des victimes de violences policières, vient de publier un rapport d’enquête intitulé : Police des polices : pourquoi il faut tout changer. Ce rapport critique sévèrement le système de police des polices, notamment l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) et l’IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale). Selon l’étude, depuis dix ans l’impunité policière a augmenté, on assiste à une augmentation de la « délinquance policière » et à une dégradation de son traitement judiciaire. Enfin les enquêtes étant menées par des policiers ou gendarmes sur leurs propres collègues, cela ouvre la voie à toutes les compromissions. Pas étonnant dans ces conditions que lesdites enquêtes sont de moins en moins efficaces, avec un taux d’élucidation passé de 68 % en 2016 à 51 % en 2024. Comme le résume un des avocats de l’association, maître Mohamed Jaite, la police des polices est devenue une « machine à valider, à justifier, et à blanchir les policiers ». La bourgeoisie a toujours protégé ses chiens de garde, mais il semble que, dans cette période d’offensive contre les classes populaires, elle ne fasse même plus semblant de leur imposer un minimum de retenue.

Michelin a fait savoir urbi et orbi qu’il avait fait un « don » de 4,3 millions d’euros à l’État. Le virement a été mentionné au Journal officiel du 26 décembre et a été « accepté » par Bercy. En fait il ne s’agit pas d’un don mais d’un remboursement d’une somme reçue par Michelin au titre du crédit d’impôt pour les entreprises (créé en son temps par François Hollande) pour moderniser son usine de La Roche-sur-Yon (Vendée) qu’il avait finalement… fermée en décembre 2020. Mais cette opération de communication, largement reprise par les médias, ne peut masquer que cette somme n’est qu’une goutte d’eau comparée aux dizaines de millions d’euros d’aides publiques reçues par le fabricant de pneus au cours de ces dernières années et qui, elles, ne seront jamais restituées.

Quatorze pays (la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, l’Irlande, l’Islande, Malte et le Danemark) ont condamné la décision du gouvernement israélien d’autoriser la création de 19 nouvelles colonies juives dans le territoire palestinien occupé. De son côté, Israël a fait savoir qu’il continuerait dans cette voie et a qualifié de « moralement répréhensible » cette condamnation. Il faut dire que le gouvernement sioniste se soucie d’autant moins de cette déclaration qu’elle n’est accompagnée d’aucun acte concret : pas d’arrêt de livraison d’armes, pas de sanctions économiques, pas de conséquences diplomatiques… En résumé, une proclamation sans lendemain qui laisse les mains libres à Netanyahou pour continuer sa politique criminelle.

La couverture en coraux durs dans les Caraïbes a diminué de 48 % entre 1980 et 2024, indique le Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens. Cela résulte d’une enquête menée par plus de 200 scientifiques de 44 pays et territoires qui ont compilé les données de 14 000 sites suivis pendant près d’un demi-siècle. Ces récifs représentent 10 % du corail présent dans les océans. Leur survie dépend de la température de l’eau qui se maintient, ces dernières années, à de hauts niveaux du fait du réchauffement climatique. Les coraux jouent un rôle crucial en abritant 25 % de la vie marine et en servant de refuge, de zone de reproduction et de source de nourriture pour de nombreuses espèces, tout en protégeant les côtes contre l’érosion et les tsunamis. Leur disparition serait une catastrophe pour l’humanité.

L’association sarthoise Homogène, qui va fêter son trentième anniversaire l’an prochain, a été la cible d’actes de dégradation et de vandalisme de la part de militants d’extrême droite. Des stickers comportant des slogans comme « Europe Jeunesse Révolution » et « Zone anti antifa » ont été collés sur les affiches indiquant les horaires d’ouverture de la permanence et des vinyles arc-en-ciel affichés sur la vitrine arrachés. La Ligue des droits de l’homme du département a dénoncé un acte visant à « intimider, faire peur, et surtout nous rappeler que la bête immonde sévit toujours ». L’association Homogène s’est enfin réjouie qu’après cette attaque un large mouvement de solidarité se soit manifesté dans le quartier.

C’est Le Canard enchaîné qui le révèle. Pour des postes à l’international, la Société générale propose à ses candidats de remplir un questionnaire sur leur genre, leur couleur de peau, leur sexualité et leur appartenance éventuelle à un parti politique. Contactée par l’hebdomadaire satirique, la direction de la banque justifie son questionnaire en affirmant, sans rire et avec un certain culot, qu’elle « considère la diversité comme une force », que les informations recueillies sont « anonymisées » et « en aucun cas consultables par les recruteurs et manageurs ». On se demande bien alors pourquoi elle pose ces questions. En septembre dernier, la banque avait été reconnue coupable par la justice de « discrimination en raison de l’origine et du sexe » à l’encontre d’une de ses employées. Cerise sur le gâteau, le cadre de l’entreprise, basé dans la région lyonnaise, qui avait en début d’année dénoncé ce questionnaire auprès de la direction des ressources humaines du groupe pour contenu « illégal et discriminant » a été muté, puis sanctionné et finalement… licencié.