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Brèves

L’actualité en bref

L’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) a recensé pour la première fois en 2024 les attaques menées contre des journalistes. Elles sont au nombre de 91. Plus de 40 % de ces attaques étaient imputables à des acteurs publics ou représentants de l’État, notamment les forces de l’ordre et des élus, affiliés principalement au Rassemblement national et aux Républicains. Ces atteintes se répartissaient comme suit : 26 cas de menaces, intimidations, injures, diffamation ou harcèlement, 15 cas de poursuites judiciaires abusives, 14 cas de harcèlement en ligne, 11 cas de restrictions d’accès à un lieu ou un événement. L’Ofalp, fondé en 2023 par une vingtaine de journalistes et représentants d’organisations professionnelles, souligne que son rapport n’est pas exhaustif, car il repose principalement sur des cas déjà rendus publics. Son travail est présenté comme complémentaire à celui de Reporters sans frontières (RSF).

Il y a quelques semaines, Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes publics, avait vertement contredit son ancien collègue de l’Économie, Éric Lombard, qui avait affirmé que de nombreux millionnaires ne payaient aucun impôt sur le revenu (IR). Selon elle, ce n’était pas vrai. Elle vient de se voir démentir par des documents rendus publics par le Sénat qui montrent qu’un nombre considérable de très riches ne sont pas imposés. En 2024, 18 525 foyers fiscaux dont le patrimoine était supérieur à 1,3 million d’euros n’avaient pas payé d’IR. Dans les 0,1 % des foyers « disposant des plus importants patrimoines immobiliers », la proportion des foyers ne payant pas d’IR était de 10,2 %, tandis que ce chiffre passait à 14,9 % pour les 0,01 % des foyers les plus riches. La ministre ne pouvait ignorer ces données, elle a donc sciemment menti.

Nouveau chapitre dans la tentative du gouvernement d’utiliser la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque pour restreindre les libertés publiques. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour leur demander d’interdire dans les universités ce qu’il considère être des « meetings politiques » quand des risques de trouble à l’ordre public sont avérés. Il faut rappeler que des élus et des responsables politiques se rendent régulièrement dans les facultés à l’invitation d’étudiants pour répondre à leurs questions. Cette pratique est très courante, notamment à l’approche d’échéances électorales. Mais en fait le ministre vise surtout les élus et responsables de la France insoumise et ne s’en cache même pas. Rappelons qu’en 2024, Sciences Po Paris avait décidé d’interdire la venue de Rima Hassan (déjà), alors en pleine campagne pour les élections européennes. Cette décision avait été contestée devant le tribunal administratif qui avait ordonné à Science Po de laisser cette conférence se tenir. Au même moment, l’université de Lille avait voulu empêcher Jean-Luc Mélenchon de venir s’adresser aux étudiants. Par contre ces tentatives d’interdiction ne semblent jamais s’appliquer aux courants politiques qui soutiennent Macron et la politique génocidaire de Netanyahou. Un hasard ?

Le collectif Agir pour la Palestine et l’ONG Waves of Freedom France (vagues de la liberté) organisent un rassemblement aujourd’hui 18 février à partir de 17 h 30, place du Châtelet, afin d’exprimer publiquement leur soutien à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, occupés depuis 1967. Cette dernière fait l’objet d’une campagne internationale de calomnies réclamant sa démission lancée par le gouvernement israélien et reprise ici par les organisations sionistes et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. À travers cette campagne, ce sont les soutiens au peuple palestinien qui sont visés. Les organisateurs rappellent qu’« au-delà du soutien à Mme Albanese, ce rassemblement est aussi un acte de solidarité avec le peuple palestinien, aujourd’hui confronté à des souffrances humanitaires d’une ampleur dramatique. »

C’est devant le tribunal judiciaire que se poursuit le procès d’entreprises accusées d’avoir employé des travailleurs sans papiers sur plusieurs chantiers entre 2018 et 2022, y compris celui du village des athlètes des Jeux olympiques 2025, situé entre Saint-Denis et Saint-Ouen. L’entreprise chargée du chantier olympique, GCC, sous-traitait la construction de l’ouvrage à une autre entreprise, RBC qui elle-même avait ses propres sous-traitants : Batidem, YTB, Sari ou encore LMF. Et tout ce petit monde employait sans les déclarer des dizaines d’ouvriers sans papiers, souvent d’origine malienne, qui subissaient le travail non déclaré, les heures supplémentaires non payées, les violences et les pressions de toutes sortes. Ils étaient devenus de véritables forçats de la sous-traitance aux mains de patrons sans scrupules.

Après avoir renoncé à son appel en cassation. François Fillon, ancien Premier ministre et candidat à l’élection présidentielle de 2017, a été définitivement condamné pour détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de son épouse, Pénélope. Sa peine de quatre ans de prison avec sursis, 375 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité est donc définitive. Un exemple parmi d’autres de la corruption qui gangrène l’ensemble de la classe politique, de Fillon à Dati et de Lang à Le Pen.

Depuis le passage de la tempête Nils, le pays traverse un épisode de crue généralisée à l’origine de nombreux dégâts et inondations. Une partie du Sud-Ouest et de la Bretagne est toujours la tête sous l’eau. C’est le moment qu’a choisi le Secours catholique pour sortir un rapport intitulé La crise climatique vue par les personnes qui la vivent, qui regroupe les témoignages de plus de 150 victimes d’événements climatiques extrêmes. Il montre comment les dérèglements du climat – inondations, canicules, sécheresses, tempêtes – touchent d’abord et le plus durement celles et ceux qui disposent le moins de moyens pour s’en protéger, s’adapter ou reconstruire. En outre ces événements posent aussi la question du bétonnage à outrance des sols, alors que la loi ZAN (zéro artificialisation nette), supposée les limiter, est remise en question par le gouvernement lui-même. Quant à l’appel du Secours catholique aux gouvernants pour qu’ils prennent conscience de la situation et changent de politique, il s’apparente à un vœu pieux.

Après l’agression au couteau d’une enseignante par un collégien de 14 ans, Macron a annoncé commander une étude sur les effets des jeux vidéo sur les jeunes. « Peut-être qu’il faudra interdire », prévient-il. Il faudrait nous mettre à l’abri des images violentes. Des avatars qui tirent sur des cibles virtuelles, même pour du faux « ça conditionne les jeunes », selon le président. Que dire alors des classes défense au collège, de la journée défense et citoyenneté au lycée, et du service militaire qui fait son retour ? Des militaires en chair et en os qui font en permanence l’apologie des armes les plus meurtrières, ça ne serait pas du conditionnement ? Quant aux comportements violents, ils sont avant tout à mettre en rapport avec la misère, la violence et l’exclusion sociale… tout mettre sur le dos des jeux vidéos c’est un peu « cheaté ».

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, effectue une visite de deux jours à Alger pour tenter de réchauffer les relations entre les deux pays, au plus bas depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Mais au delà des déclarations convenues sur la lutte contre le terrorisme et le narcotrafic, le déplacement du premier flic de France n’a en fait qu’un seul objectif : convaincre les autorités algériennes d’accepter le retour de leurs ressortissants visés par des obligations de quitter le territoire français. Et de permettre ainsi à Macron et à son gouvernement d’afficher leur fermeté dans la lutte contre l’immigration, clandestine ou non, et de ne pas laisser le terrain de la surenchère xénophobe à la seule extrême droite.