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Brèves

L’actualité en bref

La défense civile a annoncé la mort de trois journalistes dans une frappe israélienne. Les trois hommes préparaient l’envoi d’un drone civil destiné à filmer une distribution alimentaire. Les victimes sont Anas Ghneim, Mohammed Salah Qashta et Abdoul Raouf Shaath. Ce dernier, journaliste et reporter d’images indépendant, collaborait régulièrement avec l’Agence France-Presse. De son côté, l’armée sioniste a affirmé avoir ciblé trois « suspects ». L’excuse habituelle. Selon l’ONG Reporters sans frontières (RSF), les forces israéliennes ont tué au moins 29 journalistes palestiniens dans la bande de Gaza entre décembre 2024 et décembre 2025. D’autre part, Israël interdit aux journalistes étrangers l’entrée du territoire palestinien et abat systématiquement les journalistes palestiniens qui se trouvent sur place. Une façon de tenter d’imposer un black-out sur le drame que vivent depuis des mois les Gazaouis.

Les députés ont entamé l’examen en commission de la proposition de loi sur les « formes renouvelées de l’antisémitisme », portée depuis plus d’un an par la macroniste Caroline Yadan, élue de la 8e circonscription des Français de l’étranger qui comprend notamment… Israël. Indéfectible soutien de l’État sioniste, Yadan présente un projet de loi qui vise à criminaliser le soutien à la résistance palestinienne, assimilé à une apologie du terrorisme, à interdire de qualifier de génocide le massacre des Palestiniens ou de contester l’existence d’Israël sous sa forme actuelle. À terme il pourrait aussi conduire à assimiler antisémitisme et antisionisme. Un texte scélérat qui vise à museler toute critique de l’État d’Israël. Ce qui ne nous empêchera évidemment pas d’affirmer que si l’antisémitisme est un crime qu’il faut combattre, l’antisionisme est un devoir qu’il faut assumer.

Début janvier, Nestlé avait dû rappeler des laits infantiles, vendus sous les marques Guigoz et Nidal, car ils étaient contaminés par une toxine, la céréulide, qui peut provoquer diarrhées, vomissements et fortes fièvres chez les nourrissons. Dans un cas au moins un bébé est décédé. Cette fois c’est au tour de Lactalis, premier acteur mondial des produits laitiers, de faire de même avec ses produits vendus sous la marque Picot. Au total 18 pays sont concernés par ces rappels. L’association de défense des consommateurs Foodwatch a annoncé qu’elle allait porter plainte contre X visant à « faire la lumière » sur ces dossiers, alors que « cela fait près de deux mois que l’information sur la contamination par la toxine céréulide a été partagée au niveau européen… ». Pour des groupes comme Nestlé et Lactalis, le rappel de leurs produits à un coût. C’est pourquoi ils attendent le dernier moment pour y procéder. Au détriment de la santé des tout-petits.

C’est théoriquement cette année que l’Union européenne devait interdire les PFAS, surnommés « polluants éternels », qui sont présents dans les ustensiles de cuisine, les emballages ou encore les cosmétiques. Ils sont utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur, mais sont nocifs pour la santé entraînant notamment l’augmentation du taux de cholestérol et des cancers, ainsi que des effets sur la fertilité et le développement des fœtus. Interrogée sur le calendrier qu’elle comptait mettre en place, la Commission européenne est restée dans le flou. Elle affirme simplement que « le travail avance ». Il n’y a plus qu’à y croire. Car les industriels font feu de tout bois pour retarder cette interdiction d’année en année. Et jusqu’à présent ils y sont parvenus.

Emmanuel Macron a annoncé la signature d’un accord additionnel à celui de Bougival sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, signé l’an dernier. Ce nouvel accord, dit « Élysée-Oudinot », est censé compléter et enrichir le précédent. Mais, au-delà du bla-bla habituel, il évite la question qui fâche : celle d’ouvrir une perspective de souveraineté pleine et entière à la Kanaky et de respecter le droit du peuple kanak à l’autodétermination. Tout comme le précédent, ce nouvel accord sera boycotté à juste raison par les indépendantistes, au premier rang desquels le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).

Sans avertissement préalable, des bulldozers ont commencé à démolir des bâtiments du siège de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, (Unrwa) situé à Jérusalem-Est. Depuis un an, l’État sioniste avait interdit à l’agence onusienne toute activité en invoquant, sans aucune preuve, le fait que certains de ses membres étaient liés au Hamas. Cette nouvelle exaction scélérate viole encore une fois le droit international mais Netanyahou n’en a cure. La meilleure preuve est que les Israéliens occupent illégalement Jérusalem-Est depuis 1967. Le directeur de l’Unrwa en Cisjordanie (dont dépend Jérusalem-Est), Roland Friedrich, suppute que se cache derrière cette action une « intention probable de s’emparer des terrains pour construire des colonies ». La colonisation forcée continue.

Un passage passé un peu inaperçu dans le rapport sur les inégalités de richesse dans le monde, publié par l’ONG Oxfam à l’occasion du Forum économique mondial qui se tient à Davos, en Suisse, concerne le fait que les grandes fortunes sont aujourd’hui surreprésentées dans les hautes sphères politiques. Et de donner en exemple le gouvernement de François Bayrou qui a précédé celui de Sébastien Lecornu. En son sein 22 ministres sur 36 étaient millionnaires en euros et les chiffres concernant l’actuel gouvernement doivent être de la même eau. Moralité : pour les bourgeois, on n’est jamais mieux servi que par les siens.

Vingt-cinq organisations et syndicats – dont la CGT, Solidaires, le Mouvement des mères isolées, Amnesty International France, la Ligue des droits de l’homme, le collectif Changer de cap ou le Syndicat des avocats de France – attaquent devant le Conseil d’État la Caisse nationale d’allocations familiales, à l’initiative de la Quadrature du Net, pour lui demander de cesser le traitement algorithmique des données des allocataires des CAF en vue de cibler ses contrôles. Cet algorithme de notation s’intéresse en priorité aux populations les plus vulnérables comme celles ayant de faibles revenus et qui touchent le chômage, le RSA ou l’allocation adulte handicapé. Tout l’exercice revient en fait à ficher les allocataires pauvres en sous-entendant qu’ils sont les principaux fraudeurs. Un algorithme de classe, en quelque sorte.

Le groupe de services informatiques Capgemini envisage de supprimer jusqu’à 2 400 postes dans l’Hexagone, soit 7 % des 35 000 salariés qu’il emploie. Ce mastodonte, qui compte 355 000 collaborateurs à l’échelle mondiale, a enregistré un chiffre d’affaires de plus de 22 milliards d’euros l’an dernier, une progression de 2,9 %. Mais il compte bien améliorer encore ses résultats en licenciant. Encore une fois les salariés sont la variable ajustable pour améliorer les comptes. Non aux licenciements !