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Brèves

L’actualité en bref

En mars 2025, la compagnie maritime danoise DFDS a réussi, suite à un appel d’offres, à obtenir la desserte de la ligne Saint-Malo Jersey qui était détenue par Condor ferries, filiale de la société anglaise Britanny ferries. Il s’en est suivi un transfert de personnel. Les deux bateaux sur lesquels les marins doivent travailler ont navigué sous pavillon chypriote puis sous pavillon anglais. Le problème, c’est que les patrons de DFDS en prennent prétexte pour leur imposer un contrat de droit anglais. Celui-ci ne prévoit tout simplement aucune couverture sociale. Les marins qui pour une bonne part habitent Saint-Malo perdraient la sécurité sociale et ne pourraient se faire soigner qu’à leurs frais. Les patrons du transport maritime ont systématiquement recours aux changements de pavillons et à ces méthodes pour exploiter les travailleurs de la mer. Déjà, voici plus de dix ans, Britanny ferries avait tenté d’imposer un contrat de ce genre. Il avait fallu plusieurs grèves des navigants et des blocages de navires pour faire céder ces rapaces. Cette fois, les marins ont pris contact avec la CGT du Grand Ouest et sont bien décidés à ne pas se laisser faire.

La Lettre Vernimmen est une publication mensuelle en ligne spécialisée dans l’information économique. Elle vient de publier quelques informations sur les dividendes versés l’an dernier aux principaux actionnaires des grandes entreprises du CAC40. Ils se sont élevés à 107 milliards d’euros, un record jamais atteint jusqu’alors. Sur ce total, 34,8 milliards ont été consacrés au rachat d’actions sur le marché, ce qui permet de faire monter mécaniquement et artificiellement les cours en augmentant le patrimoine financier des gros actionnaires. En tête de ces rachats d’actions, on trouve TotalEnergies, Axa, Sanofi et LVMH. Quant aux salariés de ces mêmes entreprises ils ont été nettement moins gâtés.

L’enseigne de distribution Carrefour vient de faire savoir urbi et orbi que 70 références de sa marque de vêtements Tex bénéficieraient d’un label environnemental qui indiquera qu’il s’agira de produits « écoresponsables ». Mais seule une toute petite partie de la gamme est concernée. De plus, la notation ne sera pas évidente pour les clientes et clients. En effet, pour prendre connaissance de ce label il faudra scanner un code barre via une application particulière, Clear Fashion, qui permettra afficher l’éco-score, notant l’impact environnemental, social et sanitaire des produits. Un affichage clair aurait été sans doute plus efficace mais aurait fait ressortir le très petit nombre d’articles concernés… et donc nui à la campagne de communication qui va suivre. Comme d’habitude on fait très peu pour l’environnement mais on le fait beaucoup savoir.

Le Forum économique mondial, qui réunit responsables politiques et milliardaires venus du monde entier, vient de débuter dans la station huppée de Davos et se poursuivra jusqu’au 19 janvier. À cette occasion, l’ONG Oxfam a fustigé dans un rapport le record atteint en 2025 par la fortune des milliardaires estimant qu’elle « sape la liberté politique ». Elle dénonce le fait que les douze milliardaires (en dollars ou en euros) les plus riches « possèdent plus de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité ». L’an dernier, le monde comptait pour la première fois plus de 3 000 milliardaires, qui cumulaient une fortune de 18 300 milliards de dollars (16 400 milliards d’euros). La valeur de leur patrimoine s’est accrue d’une année sur l’autre de 16,2 %, trois fois plus vite que durant les cinq années précédentes, alors que la réduction de la pauvreté a ralenti. Les ultra-riches se gavent de plus en plus au détriment de l’humanité. Raison de plus pour leur faire rendre gorge.

Le groupe scolaire privé catholique Saint-Genès est secoué depuis plusieurs semaines par un scandale d’abus sexuels (dont 17 viols) impliquant 36 victimes potentielles et un ex-instituteur accusé en outre d’agressions sexuelles, de voyeurisme et détention d’images pédopornographiques, le tout entre 2008 et 2023. Ce n’est pas la première fois que cet établissement, très prisé de la bourgeoisie locale et placé sous la tutelle des Frères des Écoles chrétiennes, est concerné par de tels agissements. Dans le passé, a rappelé le quotidien régional Sud Ouest, un religieux, un responsable pédagogique et un professeur avaient déjà été condamnés par la justice pour des faits similaires. Mais, étrangement, ils avaient bénéficié de procès à huis clos. Le scandale ne s’était donc pas ébruité. Ce qui interroge sur les liens qui existent entre l’enseignement catholique et les notabilités locales, politiques, judiciaires ou autres.

Le cirque trumpiste continue. Il touche cette fois le « Conseil de la paix », proposé et présidé par Donald Trump, initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Le président américain, toujours vexé de ne pas avoir obtenu le prix Nobel de la paix, vient de décider d’élargir les prérogatives dudit Conseil… au monde entier. Il a donc invité plusieurs chefs d’États – dont Poutine et Macron (qui a refusé) – à avoir un siège permanent dans cet organisme… à la condition de payer un droit d’entrée d’un milliard de dollars (861 millions d’euros). Il ne perd pas le sens des affaires. Il ne cache pas non plus qu’il souhaite voir ce conseil concurrencer l’ONU. En outre il sera le seul habilité à « inviter » d’autres chefs d’État et de gouvernement à l’intégrer, pourra révoquer leur participation à tout moment et aura un droit de regard sur tous les votes. La rapacité de l’impérialisme américain boostée par la mégalomanie du locataire de la Maison-Blanche.

Le Code du travail ne prévoit le travail salarié le 1er mai que dans des secteurs qui ne peuvent pas s’arrêter (hôpitaux, transports publics, électricité…). Les seuls, en dehors de ces secteurs, autorisés à travailler ce jour-là sont les petits commerçants, à condition qu’ils ne fassent pas travailler de salariés. Cette disposition du Code du travail gêne les entreprises capitalistes du commerce de proximité (InterFlora, Marie Blachère, Grand frais, etc.) qui salivent à la pensée de tous ces consommateurs potentiels en congé ce jour qu’ils pourraient capter. Toujours au service des patrons, le gouvernement a donc proposé une nouvelle loi, déjà adoptée au Sénat, autorisant le travail salarié dans ces secteurs. Elle doit passer à l’Assemblée nationale le 22 janvier. Un nouveau mauvais coup contre les travailleurs.

En Iran, le régime a commis un massacre de grande ampleur afin de noyer dans le sang les immenses manifestations contre la vie chère et la dictature islamique. Des bilans provisoires font état de plus de 10 000 tués, d’au moins 19 000 arrestations, de dizaines de milliers de blessés. Les tribunaux préparent des simulacres de procès avec des centaines de condamnations à mort possibles. Trump, après avoir menacé le régime des mollahs d’intervention militaire, s’est ravisé – peut-être temporairement –, assurant que « les tueries ont pris fin ». Pour les puissances impérialistes, la stabilité importe plus que la vie des gens. Une révolution victorieuse serait, de leur point de vue, un bien mauvais exemple pour les peuples de la région qui pourraient suivre la voie ouverte par les Iraniens. Sous les balles des mollahs ou sous les bombes américaines, il faut que l’ordre règne. Non à l’intervention impérialiste américaine ! À bas le régime des mollahs !

Le 9 janvier, une femme de 80 ans est décédée aux urgences de l’hôpital après avoir attendu sept heures sur un brancard sans recevoir de soins. À ce moment-là, le personnel était débordé et le service saturé bien que l’établissement ait décrété le plan blanc (dispositif de gestion de crise censé répondre à un afflux de patients) depuis le 5 janvier. Le chef de service, le docteur Antoine Pellerin, a estimé que la mort était due à la surcharge de travail et à l’impossibilité de surveiller correctement la patiente sur le brancard. Encore un exemple tragique de la situation de décrépitude de l’hospitalisation publique.