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Brèves

L’actualité en bref

En septembre dernier, Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison dans le dossier du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Il a fait appel et doit être rejugé en mars prochain. Mais quelle que soit l’issue de l’audience, il ne sera pas tiré d’affaires pour autant. En effet, le parquet national financier demande un nouveau procès contre lui, son épouse Carla Bruni et la papesse de la presse « people », Mimi Marchand, pour « association de malfaiteurs » et « subornation de témoin ». On leur reproche d’avoir fait pression sur Ziad Takieddine, qui avait servi d’intermédiaire entre le clan Sarkozy et l’entourage du colonel Khadafi, pour qu’il change son témoignage et blanchisse l’ancien président. Sarkozy a d’ores et déjà gagné le titre de président de la République le plus condamné de l’histoire.

Après avoir bruyamment apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, lorsque ce dernier est entré à la prison de la Santé, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, récidive. Cette fois-ci il vient de témoigner toute sa sympathie sur X au président de la métropole européenne de Lille, Damien Castelain (divers droite), qui vient d’être condamné en appel à deux ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics. L’élu a été épinglé pour avoir financé sur les deniers publics des frais de spa, des achats de vêtements, des notes de restaurant, ou encore la location de chambres dans un hôtel de luxe à Paris pour assister à des matchs du Paris Saint-Germain au Parc des Princes. Ce qui n’empêche pas le garde des Sceaux de le considérer comme « un grand président ». Moralité : les politiciens véreux peuvent compter sur l’appui sans faille de Darmanin. Les coquins et les copains.

La chanteuse franco-congolaise Théodora n’a pas la langue dans sa poche. Elle s’était déjà fait connaître en affirmant que la France était un pays « raciste ». Sur la même ligne elle s’en prend cette fois à Jordan Bardella, le président du RN, qui, sans son autorisation, a utilisé pour accompagner une vidéo la musique d’un de ses titres, Melodrama. Elle lui écrit notamment : « Je ne peux pas comprendre que vous, qui me considérez jamais comme pleinement française, tiriez profit de mon travail pour défendre des positions que je combats et auxquelles je n’ai jamais voulu être associée. » Et de conclure : « Je ne partagerai jamais vos idées, vos valeurs, ni vos projets politiques néfastes, dangereux et profondément méprisants envers des personnes comme moi. » Bien envoyé !

Depuis plusieurs mois, la mairie de Deuil-la-Barre, une petite ville de 23 000 habitants, a installé des plots et des barrières en béton pour bloquer l’accès au terrain privé de la famille François, empêchant ainsi ses membres de se déplacer librement. Il faut dire que les François appartiennent à la communauté des gens du voyage et, pour cette raison, subissent des discriminations systématiques de l’autorité municipale. Ils ont obtenu trois décisions de justice en leur faveur – dont une du Conseil d’État – ce qui n’empêche pas la mairie de refuser d’en tenir compte et de maintenir les obstacles. Une manifestation de soutien a eu lieu le 12 décembre dernier et une pétition en faveur de la famille a commencé à circuler. Quant à la maire de la commune, Muriel Scolan, s’est surtout des droits démocratiques qu’elle fait son deuil.

Le conseil de prud’hommes de Paris vient de condamner le Paris Saint-Germain à verser 61 millions d’euros d’arriérés à son ancien attaquant vedette, Kylian Mbappé. Ce dernier doit cependant être un peu déçu puisqu’il demandait 263 millions d’euros. Quant au PSG, il estimait que, par son comportement, Mbappé avait terni la réputation du club et lui réclamait de son côté… 440 millions d’euros. Chaque partie était bien sûr appuyée par une armée d’avocats grassement payés. Une affaire révélatrice d’un football professionnel pourri depuis longtemps par l’argent et dont les idéaux n’ont plus grand-chose à voir avec les valeurs qu’est supposé porter le sport.

C’est Mediapart qui le révèle. Pour les prochaines élections municipales, le Rassemblement national présente sur ses listes plusieurs candidats qui ont tenu publiquement des propos racistes, antisémites ou anti-LGBT. Certains s’étaient déjà présentés aux dernières élections législatives mais le Rassemblement national, soucieux d’afficher une respectabilité toute neuve, avait promis d’y mettre bon ordre et assurait s’être doté d’outils pour que cela ne se reproduise pas aux municipales. Loupé ! Si ces révélations n’ont rien d’étonnant, elles ont le mérite de montrer qu’en dépit de ses vigoureuses dénégations, le RN continue de cultiver une idéologie xénophobe et homophobe.

Le chef de l’État s’est rendu dans la cité phocéenne pour faire le bilan du plan « Marseille en grand » lancé en septembre 2021 et qui, en octobre 2024, avait été sévèrement étrillé par la Cour des comptes pour un suivi insuffisant et des moyens indigents. En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, dont il avait fait une priorité, le bilan est encore plus catastrophique. L’augmentation du nombre de policiers sur le terrain, de celui des magistrats chargés de cette affaire ou l’extension prévue de la prison des Baumettes, n’ont pas empêché le trafic d’exploser. De plus, pratiquement rien n’a été prévu pour le volet prévention et l’accompagnement des jeunes dans les quartiers. Cela n’a évidemment pas empêché Macron de crier victoire… comme d’habitude.

Dans une note qu’elle vient de publier l’Insee constate, encore une fois, qu’en matière d’espérance de vie l’écart se creuse entre les personnes les plus aisées et les plus modestes. Cet écart s’est encore accru depuis 2012. Un homme de milieu modeste a sept fois plus de risque de décéder dans l’année de son cinquantième anniversaire qu’un homme de milieu aisé. Chez les femmes, qui vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, c’est à 65 ans que l’écart entre les catégories sociales est le plus fort : les plus modestes ont six fois plus de risques que les plus aisées de décéder dans l’année. Si l’on compare maintenant l’espérance de vie des femmes appartenant aux 5 % les plus riches de la population à celle des hommes issus des 5 % les plus modestes – les deux extrêmes de l’étude –, les premières vivent en moyenne jusqu’à 88,7 ans, soit dix-sept années de plus que les seconds, qui ont peu de chance de survivre au-delà de 72 ans. Là encore les différences de classe pèsent lourd.

Sous pression directe des grands groupes industriels, le Parlement européen a définitivement adopté un net assouplissement du projet la loi sur le devoir de vigilance environnementale des grandes entreprises. Il a, de plus, décidé que l’application de la dite loi, qui date de mai 2024, serait reportée en 2029. Désormais, seules seront concernées par cette loi les très grandes entreprises de plus de 5 000 salariés (contre 1 000 salariés auparavant), affichant un chiffre d’affaires net de plus de 1,5 milliard d’euros par an. Toute référence à la transition climatique a été supprimée du texte et nombre d’obligations ont été allégées. Bref les pollueurs ont obtenu satisfaction sur toute la ligne en vidant de sa substance une législation qui n’était pourtant ni très sévère, ni très contraignante. Mais c’était encore trop pour les grands patrons. La défense de l’environnement attendra…