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Brèves

L’actualité en bref

Le 8 février 1962, la police réprimait violemment une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris. Cette manifestation avait pour but de protester contre un attentat de l’OAS (Organisation armée secrète – extrême droite) qui avait rendu aveugle une petite fille de 4 ans, Delphine Renard. Elle revendiquait aussi l’arrêt de la guerre d’Algérie, qui ne prendra fin qu’avec le cessez-le-feu du 19 mars 1962. La police et les CRS, dont beaucoup sympathisaient avec l’OAS, se sont déchaînés contre les manifestants : neuf personnes trouvèrent la mort en tentant de trouver refuge dans la station de métro Charonne, certaines écrasées dans les escaliers de la station par les lourdes grilles d’arbres lancées sur elles. Tous et toutes étaient des militants communistes dont le plus jeune avait 14 ans. Les principaux responsables de ce massacre étaient le préfet de police Maurice Papon, qui avait déjà dirigé celui des Algériens le 17 octobre 1961, le ministre de l’Intérieur Roger Frey et surtout de Gaulle lui-même, dont le but était de montrer à la droite et aux militaires jusqu’au-boutistes qui l’accusaient de « brader l’Algérie » qu’il ne faisait pas de cadeau aux communistes. Les CRS meurtriers de Charonne n’ont jamais été inquiétés par la justice. L’anniversaire de cette tuerie rappelle de quoi sont capables les politiciens et les policiers au service de la bourgeoisie.

Le vice-président américain, JD Vance, et son épouse ont été copieusement sifflés lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Milan-Cortina lorsqu’ils sont apparus sur l’écran géant du stade San Siro. Les organisateurs ont tenté de couvrir les huées en mettant à fond la musique que diffusaient les haut-parleurs. Quelques heures auparavant, plusieurs centaines d’étudiants et de lycéens s’étaient rassemblés devant l’École polytechnique de la ville pour protester contre la présence de membres de l’ICE, la sinistre police de l’immigration de Trump, dans le stade. De son côté, le maire, Giuseppe Sala, avait clairement indiqué que les agents de l’ICE « n’étaient absolument pas les bienvenus à Milan ». À l’opposé, avant d’assister à la cérémonie d’ouverture, Vance avait rencontré la cheffe d’extrême droite du gouvernement italien Giorgia Meloni et ils avaient glorifié ensemble leurs « valeurs communes ». Qui à l’évidence ne sont pas partagées par une bonne partie de la population, en Italie, aux États-Unis et ailleurs.

Le scandale des laits infantiles contaminés, mis sur le marché par de grands groupes alimentaires, a suscité des réactions indignées des ONG de défense des consommateurs, mais beaucoup moins des associations de pédiatres. Par exemple, le professeur Patrick Tounian, vice-président de la Société française de pédiatrie (SFP), s’est réjoui du fait « que les industriels se montrent extrêmement vigilants ». On a connu critiques plus acerbes. Mais Le Canard enchaîné a révélé que la SFP, ainsi que l’Association pour le développement de la recherche pédiatrique nutritionnelle, dont Tounian est président, sont toutes deux en partie financées par… l’industrie alimentaire en particulier Danone, Nestlé, Materna, Lactalis, Vitagermine, etc. Tounian lui-même conseille ces marques contre rémunération, mais aussi les surgelés Picard ou les menus pour enfants de la chaîne de restauration rapide KFC. Un mélange des genres qui soulève quelques doutes sur son objectivité et celle de son organisation.

Aucune mesure n’est prise par les pouvoirs publics pour totalement interdire les coupures d’électricité ou de gaz pour les personnes qui ont des difficultés à payer leurs factures d’énergie. Or ces coupures ne cessent d’augmenter. Selon le rapport 2026 sur le mal-logement, 1,2 million de coupures ou réductions de puissance d’électricité ou de gaz ont été effectuées en 2024, un chiffre en hausse pour la quatrième année consécutive. Si la loi interdit aux fournisseurs d’énergie de couper l’alimentation entre le 1ᵉʳ novembre et le 31 mars de l’année suivante, en dehors de cette trêve hivernale le nombre de familles touchées ne cesse d’augmenter. C’est pourquoi les associations et le médiateur national de l’énergie continuent de réclamer une interdiction totale de ces coupures et un service minimum d’énergie pour les personnes en difficulté financière. Jusqu’à présent en vain. Le gouvernement n’est pas pressé d’appliquer la directive européenne de 2024 qui impose aux États membres de garantir aux clients vulnérables une protection totale contre les interruptions et les diminutions de fourniture d’énergie. Les familles modestes attendront.

Remous dans le petit monde des formations centristes et du camp présidentiel. Le candidat investi par Renaissance et le Modem pour les élections municipales, Pierre-Édouard Cardinal, a annoncé son ralliement à l’ancien maire de la ville, Alain Carignon, qui tente à nouveau sa chance. Or, l’ancien premier édile collectionne les casseroles. Condamné à plusieurs reprises pour des faits de corruption (abus de biens sociaux, subornation de témoins, faux et usage de faux…) à partir du milieu des années 1990, il est le responsable politique de premier plan à avoir purgé la plus longue peine de prison, à savoir, 29 mois, entre sa détention provisoire en 1994 et sa libération anticipée en 1998. Alors qu’il était ministre de la Communication du gouvernement d’Édouard Balladur, il avait été reconnu coupable d’avoir échangé l’attribution du service de l’eau de la ville iséroise à une filiale de la Lyonnaise des eaux contre une série de bénéfices personnels, équivalents à 4,7 millions d’euros, dont un appartement à Paris. Le ralliement de Cardinal fait donc fortement tousser dans son propre camp, d’autant que Renaissance avait été créée en 2016 en promettant « une République exemplaire ». À Grenoble, c’est mal barré !

Gérard Larcher, le président du Sénat, a annoncé le dépôt d’une plainte visant l’euro-députée insoumise Rima Hassan. En cause : la réaction outrée de cette dernière à la nouvelle proposition de loi du sénateur Les Républicains Laurent Duplomb visant à réintroduire deux pesticides, le flupyradifurone et l’acétamipride, dangereux autant pour l’environnement que pour la santé humaine. Il faut dire qu’Hassan n’y est pas allé de main morte, traitant Duplomb « d’ordure » et se demandant s’il était financé par l’agrobusiness. Bonne question. Rappelons que Duplomb, propriétaire d’un élevage laitier industriel, a été responsable des Jeunes agriculteurs et président d’une chambre d’agriculture, toutes fonctions qui lui ont permis de côtoyer la crème des grands groupes alimentaires avec lesquels il est resté en contact étroit. Et Hassan de conclure : « Dans une démocratie qui va bien, sa place est en prison. » N’exagérons rien. Si on emprisonnait tous les parlementaires qui font du lobbying pour le « big-business », beaucoup des bancs de l’Assemblée et du Sénat seraient désespérément vides.

Dans un rapport qu’elle a rendu public, une commission d’enquête britannique a mis en cause le rôle d’un patrouilleur de la marine française et des gardes-côtes britanniques dans le naufrage d’une embarcation de migrants qui a fait 27 morts et quatre disparus, principalement des Kurdes d’Irak, le 24 novembre 2021. Seuls deux migrants avaient survécu au naufrage. Les malheureux étaient entassés dans un canot pneumatique qui a commencé à sombrer à la limite des eaux françaises et britanniques. Il a fallu attendre 12 heures pour qu’un chalutier les repère, malgré plusieurs appels de détresse. Jusqu’alors personne ne leur était venu en aide, ni côté français, ni côté britannique, chacun passant la nuit à se renvoyer la balle. Dans ses conclusions, le président de la commission, Ross Cranston, estime que « beaucoup de vies, voire toutes » auraient pu être sauvées si le patrouilleur Flamant, de la marine française, qui se trouvait à proximité de l’embarcation en difficulté, avait répondu à leurs SOS. Pire, sur leurs radios respectives, gardes-côtes britanniques et militaires français avaient ironisé sur la situation de ces migrants. Depuis, sept militaires ont été mis en examen dans cette affaire par la Cour de cassation pour des faits de non-assistance à personne en danger. Mais cela n’empêchera pas le climat raciste à l’égard des migrants, qui les fait souvent considérer par nos dirigeants et leurs subalternes comme quantité négligeable, de prospérer.

Il y a cinq mois, Caroline Grandjean, 43 ans, directrice d’école à Moussages, un village de 200 habitants, se donnait la mort, car elle ne supportait plus le harcèlement lesbophobe dont elle était victime. Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de l’établissement. Une enquête avait été ouverte, puis classée sans suite, en mars 2025, « en l’absence de faits nouveaux », avait alors indiqué le parquet. Suite à son suicide une enquête administrative a été ouverte qui constate une « défaillance institutionnelle » reposant « en partie sur le sentiment éprouvé par l’enseignante que l’institution n’a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents ». Bref, elle avait été laissée seule face aux propos et aux attitudes homophobes de son environnement. Peu après sa mort sa compagne, Christine Grandjean-Paccoud, avait dénoncé l’inaction de sa hiérarchie. Et d’ajouter aujourd’hui : « C’est un sentiment de satisfaction que l’Éducation nationale reconnaisse une défaillance mais derrière, il y a des responsables et ils ne sont pas reconnus dans le rapport. » Quant au ministère de l’Éducation nationale, il assure qu’à l’avenir ce genre de cas sera traité « avec toute l’humanité et le discernement requis ». Ce qui n’engage à rien de concret pour lutter contre l’homophobie au sein de l’Éducation nationale.

C’est Mediapart qui a levé le lièvre. Philippe Goujon, maire Les Républicains du 15e arrondissement et soutien de poids de Rachida Dati, a octroyé 200 000 euros de marchés publics à son gendre en 2020 pour faire fabriquer des masques contre le Covid. Il ne conteste pas les faits mais assure que d’autres entreprises avaient été sondées, sans fournir le moindre élément qui l’attesterait. Cerise sur le gâteau, Goujon avait utilisé à l’époque cette commande dans sa campagne électorale pour montrer son « efficacité »… sans mentionner ses liens avec son gendre. C’est ce qu’on appelle avoir le sens de la famille… et des affaires.