Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

À l’occasion de la présentation de ses vœux aux Armées, sur la base aérienne d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône, Macron en a remis une couche sur la nécessité de consacrer toujours plus d’argent à l’armement. Il a notamment déclaré : « Pour être puissant dans ce monde si brutal, il faut faire plus vite et faire plus fort » et, dans la foulée, il a plaidé pour une actualisation de la loi de programmation militaire pour accorder aux Armées un budget supplémentaire de 36 milliards d’euros d’ici à 2030… en sus des 413 milliards d’euros déjà prévus à cet effet. Le budget 2026 prévoit déjà une hausse de 13 % des dépenses militaires alors que la Santé, l’Éducation ou la Culture sont au régime sec. Et les marchands de canons d’applaudir…

Les associations de protection de l’enfance ont accueilli avec satisfaction la décision de la Cour de cassation qui vient de décider que toute violence faite à un enfant, même de la part de ses parents, était illégale. La plus haute juridiction a ainsi censuré la cour d’appel de Metz (Moselle) qui, en novembre 2024, avait relaxé un père – condamné en première instance à dix-huit mois de prison avec sursis – au prétexte que ses violences étaient restées « proportionnées » et « sans dommage » et en considérant qu’un « droit de correction » pouvait être reconnu à un parent. C’est la mère de l’enfant qui avait porté plainte. Le dossier a été renvoyé devant la cour d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Mais qu’il ait fallu attendre le premier quart du 21e siècle pour que l’on interdise ce type de violence dans le cercle familial en dit long sur la place de l’enfant dans la société.

Selon différentes estimations publiées par des ONG, entre 700 et 3 500 personnes ont été tuées par les forces de sécurité depuis le début des manifestations le 28 décembre. De plus le régime vient d’annoncer qu’il allait accélérer les condamnations et les exécutions de manifestants arrêtés par l’armée et les gardiens de la révolution. Malgré cette répression féroce, la mobilisation, qui touche une grande partie de la population et s’en prend directement à la dictature des mollahs, se renforce. Mais l’impérialisme américain, Israël et bien d’autres, dont le fils de l’ancien chah, sont en embuscade pour tenter de placer leurs pions en cas d’effondrement de la république islamique et de continuer, sous une forme ou une autre, l’exploitation et l’oppression des classes laborieuses du pays. Pour l’instant ce qui manque à ces dernières n’est ni le courage, ni le sens du sacrifice, ni la détermination mais l’urgence de se doter d’un parti de classe pour ne pas se faire voler leur révolution.

L’Académie des sciences morales et politiques vient d’accueillir en grande pompe dans ses rangs un nouveau membre, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH et l’homme le plus riche du pays, en présence notamment d’une myriade de grands patrons et de Brigitte Macron. On évalue mal la contribution d’Arnault aux sciences humaines et sociales (à part les licenciements qu’il pratique dans son groupe), mais soyons sûr que le nouvel académicien portera haut les valeurs qui ont toujours été les siennes : la morale de l’exploiteur et la politique du grand capital.

On sait désormais que le drame qui a touché le bar Le Constellation la nuit du Nouvel An et qui s’est traduit par 40 morts et 116 blessés était lié directement à la cupidité des propriétaires, qui, pour faire des économies, avaient lésiné sur la sécurité, et indirectement aux autorités municipales qui avaient zappé les inspections de conformité obligatoires. Mais les victimes et leurs familles risquent de se heurter désormais à un nouvel obstacle : celui mis en avant par la compagnie d’assurances Axa Suisse chargée des indemnisations. Cette dernière a en effet fait savoir que les contrats d’assurances souscrits tant par la commune que par les propriétaires ne prévoient « qu’une somme d’assurance limitée » et « sans doute pas suffisante pour prendre en charge tous les dommages financiers subis par les personnes blessées et les familles des défunts ». Autant dire que pour obtenir de justes réparations, les victimes devront se battre contre le premier groupe suisse d’assurances qui a pour clientes plus de 40 % des entreprises du pays et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 6,5 milliards d’euros. Ce qui ne le rend pas plus généreux pour autant. Dans cette affaire la rapacité capitaliste est présente à tous les niveaux.

C’est Éric Lombard, l’ancien ministre des Finances du gouvernement Bayrou, qui l’affirme dans une interview donnée à Libération : «… parmi les personnes les plus fortunées, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu. » Ils profitent des trous dans la législation fiscale pour « optimiser » leur situation et s’en tirer sans bourse délier. Cela n’étonnera évidemment pas grand monde, mais il est rare qu’un ancien ministre de droite le reconnaisse. Questionnée sur ce point par des journalistes de l’Agence France-Presse, la direction générale des finances publiques a botté en touche en affirmant qu’elle « était tenue au respect du secret fiscal ». Bref, non seulement nombre de riches ne paient pas d’impôt mais, de plus, ils sont couverts par les pouvoirs publics.

Jean-Marc Morandini, l’animateur qui officie actuellement sur la chaîne de télévision d’extrême droite CNews de Vincent Bolloré, avait été condamné le 21 mars 2025 à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende par la cour d’appel de Paris pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Il avait alors saisi la Cour de cassation qui vient de rejeter son pourvoi en maintenant donc une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et en confirmant son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Ce qui n’empêche pas la direction de CNews de continuer à lui apporter son plein soutien. À croire que la pédophilie est une « valeur familiale », tarte à la crème des médias du milliardaire breton.

Mardi 13 janvier, à la porte du lycée Dupuy-de-Lôme, à Lorient, des militaires attendaient les élèves de pied ferme à la sortie de la cantine. Organisé par le lycée et le Cirfa (Centre d’information et de recrutement des forces armées), cet événement avait pour but de « la découverte des métiers des armées », et c’était bien de la pub pour le service militaire de Macron qui cherche à recruter 3000 jeunes à la rentrée 2026. Déjà le 18 septembre, l’armée était venue recruter devant le lycée, suscitant une vague d’indignation et une forte mobilisation de la part des lycéens et des parents… À raison, les lycéens ne feront pas chair à canon !

La justice n’est généralement pas très sévère avec les policiers qui tuent et qui mutilent mais, pour certains, c’est encore trop. Ils veulent faire adopter par l’Assemblée nationale une proposition de loi qui établirait « une présomption de légitime défense » pour les gendarmes et les policiers qui feraient usage de leurs armes. En résumé ils seraient considérés a priori dans leur bon droit et ce serait à la justice ou à leurs victimes de démontrer le contraire. Cette mesure est réclamée depuis longtemps par les syndicats policiers et une partie de la droite et de l’extrême droite. Et le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, vient de s’y déclarer favorable. À quand l’attribution d’un permis de tuer aux membres des forces de l’ordre ?