Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Un colloque sur l’histoire croisée de la Palestine et de l’Europe devait se tenir au Collège de France les 13 et 14 novembre. C’était sans compter la pression mise par l’extrême droite et des milieux sionistes, reprise par le ministre de l’Enseignement supérieur qui en a demandé l’interdiction. Les chercheurs conviés au colloque ont été jetés en pâture sur les réseaux sociaux, dénoncés par leur propre ministre. Le colloque a pu avoir lieu dans un autre lieu plus petit et surtout en ligne, mais la censure demeure. Les mini-Trump bien de chez nous se sentent pousser des ailes. Il faudra les leur couper.

D’après le Wall Street Journal, depuis octobre 2023, le gouvernement des États-Unis a approuvé plus de 32 milliards de dollars en ventes d’armes, de munitions et d’équipements à Israël. Ces ventes ont généré des profits historiques pour les entreprises américaines, comme Boeing qui a conclu un contrat de 18,8 milliards de dollars pour la vente d’avions F-15. Tout cela est financé en grande partie par de l’argent public via un fonds dédié (le Foreign Military Financing). Les profiteurs de guerre amassent des fortunes avec le sang et la peau des Palestiniens : il faut que cela cesse !

Le 22 octobre, un immeuble de quatre étages s’est effondré dans la vieille ville de Casablanca, faisant deux morts et deux blessés. Les habitants dénoncent le délabrement des bâtiments. Ils témoignent, pour le magazine marocain Tel Quel, de la peur chaque nuit, des magouilles des promoteurs et des autorités qui spéculent sur les opérations immobilières. Le régime investit des millions pour la Coupe du Monde 2030, mais la situation des classes populaires ne cesse de se dégrader. Les jeunes révoltés de la « Gen Z 212 » ont montré la voie face à ce régime corrompu, incapable, au service des riches.

La révélation de 23 000 nouveaux documents sur Jeffrey Epstein montre que Trump lui rendait fréquemment visite et était bel et bien au courant de ses agissements. Trump, qui continue à nier toute implication dans l’affaire, refuse pourtant la publication de l’ensemble du dossier. Il rejette la faute sur un prétendu complot des démocrates et de l’ancien président Bill Clinton, lui aussi très proche d’Epstein. L’argent-roi, la culture du viol et le sentiment d’impunité : la voie royale pour diriger la première puissance mondiale.

L’État grec vient de procéder à un remboursement par anticipation de sa dette envers la France pour la somme de 1,1 milliard d’euros. Cette coquette somme permettrait de mettre le budget français à l’équilibre. Ironie du sort, la Grèce se retrouve donc mieux notée que la France pour ses emprunts, alors que cette dernière avait participé au plan d’aide européen et du FMI pour sauver l’État grec de la banqueroute, en échange de mesures d’austérité drastiques imposées à sa population. Ne crions donc pas victoire : nos dirigeants pourraient bientôt s’inspirer du modèle grec !

Alors que le parti xénophobe Reform UK caracole dans les sondages, et que l’extrême droite défile par centaines de milliers dans Londres, le gouvernement a annoncé vouloir diminuer la durée des autorisations de séjour de cinq ans à trente mois. Le délai nécessaire pour devenir résident permanent va passer de cinq à vingt ans. Par ailleurs, les demandeurs d’asile n’auront plus automatiquement droit aux aides sociales. Les travaillistes montrent une fois de plus que pour garder le pouvoir, ils sont prêts à appliquer le programme xénophobe de ceux qu’ils prétendent combattre.

Le Sénat a renforcé l’arsenal de lutte contre la fraude aux allocations chômage en donnant à France Travail des outils pour vérifier le lieu de résidence des allocataires. L’opérateur public pourra ainsi consulter les relevés téléphoniques, ou encore interroger le fichier des compagnies aériennes. Cela ouvrirait alors la voie à une suspension conservatoire de toutes les allocations lorsque « plusieurs indices sérieux de manœuvres frauduleuses » sont observés. Dans les faits, cela revient à introduire une forme de surveillance généralisée des demandeurs d’emploi assimilés à des fraudeurs potentiels, et plus particulièrement celles et ceux issus de l’immigration. Petit rappel : ce qu’on appelle la fraude sociale, c’est-à-dire la fraude aux cotisations sociales, aux prestations sociales et aux remboursements maladie, représente entre 9,6 et 11,7 milliards d’euros par an. En comparaison, la fraude fiscale, celle qui concerne les plus riches et les grandes entreprises, se monte à entre 80 et 100 milliards d’euros, soit environ dix fois plus. Ce qui n’empêche pas le Sénat, largement dominé par la droite, de s’en prendre avec véhémence à la première, qui concerne les plus précaires, mais de tout faire pour ignorer la seconde et épargner les grandes fortunes.

Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, un dirigeant religieux, a réclamé à son institution davantage de fermeté contre les « anomalies sociales » qui perturberaient selon lui la vie publique. Dans son viseur : le fait que l’obligation du port du voile soit de moins en moins respectée. En vertu des règles imposées par le régime des mollahs à partir de 1979, toutes les femmes doivent se couvrir les cheveux avec un voile en public et porter des vêtements sombres et amples. Mais dans les grandes villes, notamment à Téhéran, la capitale, nombre de femmes sortent désormais ouvertement sans voile, et portent jeans et baskets. Certaines choisissent même des décolletés ou des vêtements légers laissant apparaître leur nombril, des tenues inimaginables il y a encore quelques mois. Ce phénomène a pris de l’ampleur depuis les manifestations qui avaient suivi la mort en détention de Mahsa Amini, en septembre 2022. La jeune femme avait été arrêtée et tuée par la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire. Le mois dernier, la porte-parole elle-même du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, a déclaré : « Nous ne pouvons certainement pas imposer aux femmes le port du hijab. » Les femmes iraniennes sont en passe de gagner une bataille dans la guerre que leur livrent les ayatollahs.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a porté plainte contre Radio Nova et l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré pour « des propos inqualifiables » tenus à l’antenne. Dans l’émission « La Dernière », Barré avait qualifié la police et la gendarmerie d’« institutions structurellement brutales, racistes et déresponsabilisantes » en comparant ces deux institutions « à Daech avec la sécurité de l’emploi ». Suite à cette plainte du ministre la station de radio lui a répondu : « Préserver la liberté de ceux qui font rire, c’est protéger la santé de notre démocratie. Radio Nova y est plus que tout attaché et n’acceptera aucune menace de quelque nature que ce soit sur ses humoristes et collaborateurs. » À bon entendeur…