Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Gabriel Attal, qui rêve d’être un jour président, voit loin : il propose que l’État donne à tout nouveau né 1 000 euros. Pas pour qu’il les gaspille en joujoux, le vilain. Pour les confier à sa banque. Le capitalisme au biberon, quelle bonne éducation ! Avec près de 800 000 naissances par an, ce sera déjà 800 millions pour les banques. Et bien davantage puisqu’au fil des ans, papa, maman, tata, tonton et grands-parents pourront grossir le magot. Dans 70 ans (ou plus, si l’âge de la retraite continue à évoluer), le vieux bébé pourra y toucher, par petites mensualités (du moins ce qu’il en restera avec l’inflation !) réparties sur les mois qu’il lui reste à vivre. De quoi se payer une canne ? Même pas sûr.

Nicolas Sarkozy n’aura passé au total qu’une vingtaine de jours dans sa cellule de la prison de la Santé avant d’être libéré et placé sous contrôle judiciaire par la cour d’appel de Paris. Pour quelqu’un condamné à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs » dans l’affaire du financement libyen, il s’en tire bien. Macron et son ministre de la Justice, Gérald Darmanin, avaient multiplié les signes et les déclarations en sa faveur. Bien mieux, lors de l’audience, le représentant du ministère public, censé donner le point de vue de l’État, ne s’était pas opposé à cette libération. Autant dire qu’il avait donné son feu vert. Pour une fois, on n’a pas entendu les Retailleau, Le Pen et autre Ciotti reprendre leur ritournelle habituelle contre le laxisme de la justice. Là, c’est plutôt touche pas à mon pote ou les copains d’abord.

On rend hommage, un peu partout dans le pays aux victimes (130 morts et 413 blessés) des attentats islamistes du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis. Mais un aspect de l’affaire que l’on met rarement en avant est que, sous couvert de l’état d’urgence décrété à l’époque par François Hollande et qui n’a pris fin que deux ans plus tard, les autorités ont commencé à restreindre les libertés individuelles, un mouvement qui continue aujourd’hui. Les assignations à résidence se sont multipliées sous tous les prétextes, la dissolution des associations facilitée, de nombreux sites Internet fermés, des perquisitions tous azimuts mises en œuvre et des manifestations interdites. Pour ne rien dire de l’utilisation des drones par la police ou du recours à la vidéosurveillance algorithmique. Et cela toujours au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais, la plupart du temps, ce ne sont pas les terroristes qui sont visés, mais les militantes et militants politiques et syndicaux, celles et ceux qui manifestent, soutiennent les Palestiniens, défendent l’écologie, etc. Les mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence, supposées être ponctuelles à l’origine, sont devenues pérennes.

Le décompte est symbolique, mais interpelle. Les femmes travaillent « gratuitement » depuis onze heures trente-et-une minutes lundi 10 novembre et jusqu’à la fin de l’année, en raison des inégalités salariales persistantes, selon la lettre d’information féministe Les Glorieuses. Ses rédactrices ont calculé cette heure et cette date à l’aide de statistiques sur les écarts de salaires entre les hommes et les femmes. À temps de travail identique, les femmes gagnent en moyenne 14,2 % de moins que les hommes, selon les dernières données disponibles de l’Institut national de la statistique (Insee). Rebecca Amsellem, la fondatrice de cette publication, souligne que, depuis 2016, l’écart salarial entre femmes et hommes s’est réduit de 15,1 à 14,2 %, soit de 0,9 point. Et de noter avec ironie : « À ce rythme-là, on atteindra l’égalité en 2167 », soit dans 142 ans. La lutte pour l’égalité salariale femmes-hommes est plus que jamais d’actualité.

Le Collège de France a annoncé l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines » qui devait avoir lieu les 13 et 14 novembre et était organisé conjointement par la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris. Des chercheurs venus des universités de Londres, Turin, Rome, Madrid, Bruxelles et du CNRS devaient y participer. Cette décision fait suite à un article publié dans Le Point le 7 novembre qui attaquait le colloque comme « un entre-soi palestinien », relayé aussitôt par la très sioniste Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme qui parlait d’une « foire antisioniste » et évoquait le « dévoiement d’une institution prestigieuse ». Ils avaient reçu le soutien du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste. Finalement la direction du Collège de France a capitulé sous la pression. Un bel exemple de liberté académique.

Si, malheureusement, les noyades de migrants sont devenues monnaie courante dans la Manche ou la Méditerranée, on ignore souvent que des drames semblables se produisent aussi à l’autre bout du monde. Sept corps – ceux de six femmes et d’une fillette – ont été récupérés au large des cotes malaisiennes près de la frontière thaïlandaise, après le naufrage, d’un bateau transportant des migrants. Les personnes décédées faisaient partie d’un groupe d’au moins 300 personnes fuyant la Birmanie qui s’étaient réparties entre plusieurs embarcations. Ces migrants appartenaient pour la plupart à la minorité musulmane rohingya opprimée par le régime du fait de ses convictions religieuses. Des pauvres parmi les pauvres à la recherche d’une vie meilleure loin des persécutions.

Emprisonné à la Santé, Nicolas Sarkozy ne mangerait, d’après la presse, que des yaourts et des boites de thon à l’huile, de peur que quelqu’un ait craché dans son plat. Pourrait-il cuisiner lui-même ? Selon un proche, « par principe, il s’y refuse ». On a enfin trouvé le seul principe de ce politicien corrompu ! Le même que celui de la classe qu’il sert, le patronat : vivre du travail des autres.

Trois cents patrons, chefs d’entreprise et représentants de syndicats patronaux ont signé une tribune dans l’hebdomadaire L’Express pour dénoncer la prétendue « folie fiscale » qui pèserait sur leurs épaules. Ils critiquent notamment l’alourdissement de la fiscalité des multinationales et la surtaxe de l’impôt sur les sociétés et estiment que ces mesures les pénalisent face à leurs concurrents américains et chinois. Ils évoquent en outre une « épée de Damoclès » qui les empêcherait d’investir et de recruter. Ce que la CGT a dénoncé comme un « chantage à l’emploi ». Mais pas un mot sur les 210 milliards de subventions publiques (aides directes, allègement de cotisations sociales, primes de toutes sortes) qu’ils reçoivent chaque année. Ils pleurent la bouche pleine dans l’espoir de recevoir toujours plus d’un gouvernement à leur solde.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a signalé un nombre record d’attaques perpétrées par des colons israéliens contre des Palestiniens en Cisjordanie. En octobre 2025, 264 attaques ont été recensées, ce qui constitue le bilan mensuel le plus élevé depuis deux décennies. L’an dernier, 1 860 incidents de violence avaient été dénombrés, soit une moyenne de quatre par jour. Ces attaques ont causé plus d’un millier de morts, près de 10 000 blessés et d’importants dégâts matériels, notamment des destructions de maisons, de bâtiments agricoles, de puits, de saccages de récoltes, etc. Les auteurs de ces méfaits ne sont généralement pas inquiétés et souvent l’armée leur prête main-forte. Ces violences se veulent le prélude à l’annexion pure et simple de ce territoire palestinien par l’État sioniste que Netanyahou défend ouvertement dans le silence complice des États du reste du monde.