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Brèves

L’actualité en bref

Un tribunal a acquitté le bâtonnier d’Istanbul et les membres de son conseil de l’ordre des avocats qui avaient été accusés de « propagande terroriste » et de « diffusion publique de fausses informations » pour avoir réclamé une enquête sur la mort, fin 2024, de deux journalistes kurdes de nationalité turque. Ces derniers avaient été visés par un drone de l’armée turque alors qu’ils couvraient, dans le nord de la Syrie, des affrontements entre combattants kurdes (qualifiés de « terroristes » par Ankara) et milices pro-turques. À l’instigation d’Erdoğan, une procédure de destitution avait été lancée dans la foulée contre le bâtonnier d’Istanbul et son conseil de l’ordre. C’est cette procédure qui vient d’échouer. Le parquet a aussitôt indiqué qu’il faisait appel car Erdoğan ne désespère pas de les faire condamner.

Le 7 janvier, une mère de famille de 37 ans, René Nicole Good, a été tuée à Minneapolis au cours d’une rafle par un policier de l’ICE, la police fédérale de l’immigration. Le policier cagoulé lui a tiré dessus à bout portant, sans aucune sommation, alors qu’elle se trouvait au volant de sa voiture. Trump et la direction de la police ont prétendu ensuite que le criminel avait agi en légitime défense car elle lui fonçait dessus, ce qui est faux, comme en attestent les vidéos réalisées sur place par des témoins. Le policier se trouvait sur le côté et n’était pas menacé. Pour procéder à ces rafles anti-migrants, le gouvernement américain a recruté des mercenaires qui se comportent comme s’ils étaient en guerre. À l’annonce de ce crime, des milliers d’habitants de Minneapolis sont descendus dans la rue. Le maire de la ville a repris leur cri de colère en lançant devant les caméras : « ICE, cassez-vous ! » D’autres manifestations sont prévues. C’était déjà à Minneapolis qu’avait été assassiné George Floyd en 2020, ce qui avait entrainé protestations et émeutes dans tout le pays.

En soutien au mouvement de contestation, qui a débuté le 28 décembre 2025 à Téhéran puis s’est étendu dans tout le pays, l’opposition kurde iranienne, représentée par sept partis basés en Irak, a appelé à une grève générale. Selon le mouvement de défense des droits humains Hengaw, basé en Norvège, elle a été largement suivie, avec environ 30 villes et villages concernés, notamment dans les provinces d’Ilam, Kermanshah et Lorestan dans l’ouest du pays à majorité kurde. Des affrontements violents ont été rapportés à Malekshahi où les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des munitions pour disperser les manifestants. Les ONG de défense des droits humains ont dénombré jusqu’à présent au moins 27 morts, dont cinq enfants. La lutte continue…

Deux études de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiées dans les revues BMJ (anciennement British Medical Journal) et Nature Communications, soulignent à nouveau que certains conservateurs alimentaires couramment utilisés sont associés à des risques accrus de cancers et de diabète. Ces conservateurs (sorbates, sulfites et nitrites) sont omniprésents dans les aliments transformés vendus dans les grandes surfaces et dans les restaurants de fast-food. Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont suivi plus de 100 000 personnes pendant plusieurs années dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé. Ils ont analysé les habitudes alimentaires et les données précises sur la composition des produits consommés. Et le verdict est sans appel : ces additifs sont dangereux pour la santé. Ce qui ne va pas empêcher l’industrie de la mal-bouffe de continuer à les diffuser massivement en empochant les bénéfices.

Vertement critiqué pour son alignement sur Washington après le kidnapping du président vénézuélien Nicolás Maduro, Macron a voulu se rattraper lors de son discours annuel devant les ambassadeurs de France. Il a dénoncé « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme » dans les relations internationales, visant notamment sans le nommer Donald Trump qui « se détourne progressivement » de certains alliés et « s’affranchit des règles internationales ». Et que va-t-il faire maintenant pour contrer le grand Satan ? pas grand-chose. Mais a promis qu’il va être ferme à son égard en plaidant pour « un multilatéralisme efficace » et la nécessité de « réformer la gouvernance mondiale de l’ONU ». Soit l’art de faire des phrases sans prendre aucune décision concrète. Face à un tel « anti-impérialiste » Trump n’a vraiment pas grand-chose à craindre.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est un organisme chargé de contrôler les déclarations de patrimoine et d’intérêts de 18 000 responsables publics en veillant aux éventuels conflits d’intérêts, aux enrichissements illicites et autres combines. En résumé, elle est supposée vérifier qu’élus importants, ministres et autres hauts fonctionnaires respectent une certaine déontologie. Vaste programme. Mais, faute de moyens en personnel et en informatique (moyens qui seront encore réduits dans le prochain budget) elle n’a pu contrôler en 2025 que 4 500 déclarations sur les 10 000 qui lui ont été adressées l’an dernier. Ce taux de contrôle de 45 % risque de tomber à 30 % en 2026 du fait des élections municipales. Bref, la déontologie n’est pas vraiment une priorité des pouvoirs publics. Mais cela on le savait déjà.

Le régime saoudien a exécuté 356 personnes en 2025, soit un nouveau record dans l’un des pays au monde qui recourt le plus à la peine de mort. En 2024, il avait déjà établi un record avec un total de 338 exécutions. La monarchie du Golfe applique la peine de mort à un rythme effréné sous prétexte de lutter contre le trafic de drogue mais en fait pour éliminer toute opposition. Une réalité qui cadre assez mal avec l’image moderne et réformiste voulue par le prince héritier Mohammed ben Salmane, à laquelle pas grand monde ne croit. Mais les pays occidentaux ferment facilement les yeux, car l’Arabie saoudite est non seulement un producteur de pétrole de premier plan mais aussi, et surtout, une pièce maîtresse de la domination impérialiste au Proche et Moyen-Orient.

La cour administrative d’appel de Douai (Nord) a confirmé l’illégalité du plan d’Auchan prévoyant 2 389 suppressions de postes dont 2 323 licenciements au sein de l’enseigne de la grande distribution qui appartient à la richissime famille Mulliez. En septembre dernier déjà, la justice l’avait invalidé en première instance, au tribunal administratif de Lille, estimant la procédure irrégulière. Si la CGT a tenu à saluer « une victoire éclatante pour le respect des droits des salariés », il n’empêche que lesdits licenciements sont toujours à l’ordre du jour et que seule la lutte résolue des travailleurs du groupe pourra les empêcher. Non aux licenciements, répartition du travail entre tous !

Le gouvernement et le patronat viennent d’entamer de nouvelles négociations avec les organisations syndicales pour réformer les ruptures conventionnelles, c’est à dire les procédures de fin de CDI par des séparations à l’amiable. Le but affiché de l’opération est de réaliser des économies au détriment des chômeurs. Selon l’Unédic, plus de 500 000 ruptures conventionnelles sont enregistrées chaque année. Le gouvernement vise 400 millions d’euros d’économies annuelles et le patronat espère quant à lui atteindre un milliard d’euros, tout ça pris dans la poche des travailleurs. Un mauvais coup que cautionnent les organisations syndicales ouvrières qui participent à cette mascarade.