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Brèves

L’actualité en bref

L’organisation « Prisoners for Palestine » alerte sur les dangers que courent les huit grévistes de la faim membres de Palestine Action, dont Heba Muraisi, en grève depuis maintenant 65 jours. Elle souffre de difficultés respiratoires, de spasmes, de contractions musculaires et d’une détérioration rapide de sa santé pouvant conduire à la mort. Elle est en détention « provisoire » depuis plus d’un an et son procès est prévu… au début de l’année 2027. La semaine dernière, un autre gréviste de la faim, Kamran Ahmed, a été hospitalisé pour la cinquième fois depuis le début de sa grève. Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, chaud soutien d’Israël, est prêt à les laisser mourir. Il faut exiger leur libération immédiate.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient d’affirmer que la « discrimination systématique » à l’égard des Palestiniens dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, notamment en Cisjordanie, s’est « radicalement aggravée » ces dernières années, s’apparentant à une forme de « système d’apartheid ». Et d’insister : qu’il s’agisse d’avoir accès à l’eau, aux écoles ou encore aux hôpitaux ou qu’il s’agisse de pouvoir aller voir des proches ou d’aller récolter des olives, « chaque aspect de la vie des Palestiniens en Cisjordanie est contrôlé et restreint par des lois, des politiques et des pratiques discriminatoires d’Israël ». Un constat tout à fait juste. Cela fait des décennies que l’attitude de l’État sioniste à l’égard du peuple palestinien dans toutes ses composantes est raciste, suprémaciste, discriminatoire et s’apparente parfois, comme à Gaza, à un génocide. Mais toutes les condamnations de l’ONU au fil des années sont toujours restées sans effet, Israël bénéficiant largement du soutien de tout le camp impérialiste, États-Unis en tête, pour mener sa politique criminelle.

Un an avant son élection, Macron, dans un livre paru en 2016, affirmait fermement : « Peut-on imaginer sérieusement présider aux destinées du pays, ou même simplement se présenter aux suffrages des Français alors que sa probité personnelle a été mise en cause ? » Et il répondait : « Je ne le pense pas. » Mais depuis il a dû changer d’avis. En effet Le Canard enchaîné a calculé que, depuis son arrivée à l’Élysée, vingt-cinq ministres ont eu à répondre à la justice et huit font toujours l’objet de poursuites. Un record absolu sous la Cinquième République. À ce rythme, les Conseils des ministres vont bientôt se dérouler à la Santé.

Le tribunal administratif de Paris vient de suspendre en référé la révocation d’une infirmière, renvoyée pour port d’un calot. L’AP-HP (hôpitaux de Paris) devra la réintégrer dans un délai d’un mois. C’est un premier coup d’arrêt à l’arbitraire, avant le jugement au fond dans quelques mois. C’est surtout une victoire pour l’infirmière et ses collègues, qui subissent une chasse misogyne et raciste à l’hôpital public sous couvert de laïcité. La décision le dit clairement : le prétexte de l’hygiène, hypocritement avancé par l’AP-HP pour interdire le port permanent du calot, est discutable, et la sanction est de toute façon disproportionnée. Non, tous les coups ne sont pas permis !

La Fondation pour le logement estime que 350 000 personnes n’ont pas actuellement de domicile fixe, dont 20 000 qui sont à la rue. Le plan grand froid a bien été activé dans plusieurs départements, mais malgré cela, les décès continuent. Le collectif Les Morts de la rue indique que 746 personnes sans-abri sont décédées l’an dernier et les associations d’entraide soulignent que les places en hébergement d’urgence sont insuffisantes, avec 7 000 personnes, dont 2 000 enfants, n’obtenant pas de place via le 115. C’est dans ce contexte que la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a lancé un appel à la réquisition des bâtiments vides pour y loger les sans-abris. Elle a déclaré sur RMC-BFMTV : « J’appelle à la fois à ouvrir les bâtiments publics et à faire respecter la loi de réquisition qui date de 1946 et qui a été utilisée la dernière fois en 1999. » Selon la base de données gouvernementale sur le logement vacant (Lovac), 2,38 millions de logements sont identifiés comme vacants dont 1,35 million vides depuis plus de deux ans. Les réquisitionner serait donc possible immédiatement et permettrait de loger tous les personnes à la rue. Mais pas question pour les pouvoirs publics d’écorner, même à la marge, les intérêts des propriétaires, individus ou compagnies. Le respect de la sacro-sainte propriété privée passe encore une fois avant la préservation de la vie.

Le gouvernement a annoncé à partir du 1er février une réduction de 25 % de la contribution tarifaire d’acheminement, un prélèvement présent sur toutes les factures d’électricité. Cela devrait se traduire par une baisse du prix de l’abonnement à l’électricité quel que soit le fournisseur. Objectif affiché par le Premier ministre Lecornu et son ministre de l’Industrie Lescure : rendre du pouvoir d’achat aux consommateurs. On ne peut qu’applaudir. Et de combien sera cette fameuse baisse ? en moyenne de 10 à 12 euros… par famille et par an. Champagne pour tout le monde !

Alors que le froid s’est abattu sur une bonne partie du pays, que le verglas ou les importantes chutes de neige ont provoqué des embouteillages monstres et des morts sur les routes et les autoroutes, l’annulation de trains et la fermeture d’aéroports, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a trouvé un coupable tout désigné : les services météorologiques. Il leur reproche une mauvaise anticipation des phénomènes météo de ces derniers jours en estiment que l’épisode neigeux avait été « un peu sous-évalué ». C’est possible. Mais ce qu’oublie de rappeler le ministre, c’est qu’au cours des années les crédits alloués à Météo-France ont été sabrés à la hache. Déjà, en 2021, un rapport sénatorial soulignait que la baisse des effectifs et des crédits impactaient la fiabilité des prévisions. En deux ans 600 postes avaient été supprimés et la subvention de l’État avait baissé de 20 %. Et le rapporteur d’écrire : « Le nombre d’emplois a été réduit d’un quart, et le nombre d’antennes dans les territoires a été réduit des deux tiers. » On en voit le résultat aujourd’hui.

Jugés pour délit de solidarité avec les migrants, et après avoir passé vingt mois en prison, des travailleurs humanitaires de l’ONG Terre d’asile ont été libérés par les autorités tunisiennes. Sherifa Riahi, ancienne directrice de l’ONG, et plusieurs de ses collègues étaient en prison depuis plus de 20 mois. Ils étaient accusés d’avoir « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants dans le pays. Tout en les libérant, le tribunal a toutefois prononcé une peine de deux ans de prison avec sursis à l’encontre des accusés jusqu’ici placés en détention provisoire. Une affaire qui illustre une fois de plus la criminalisation des activités de soutien aux migrants. Et la Tunisie n’est qu’un cas parmi bien d’autres.

Le récent kidnapping du président du Venezuela sur ordre de Donald Trump rappelle à s’y méprendre un autre épisode de l’histoire latino-américaine qui s’est déroulé en 1989. Cette année-là, le président américain George Bush faisait intervenir ses troupes au Panama, capturait le président Manuel Noriega et l’exfiltrait vers les États-Unis où il fut plus tard condamné à 40 ans de prison pour « trafic de drogue ». Mais les similitudes ne s’arrêtent pas là. À l’époque, le socialiste François Mitterrand, qui occupait l’Élysée, non seulement ne condamna pas l’intervention américaine mais la cautionna à l’ONU. Trente-sept ans plus tard, Macron a fait de même. Courber l’échine devant Washington est une vieille habitude de la diplomatie tricolore.