Depuis l’effondrement de la gare de Novi Sad le 1er novembre 2024 qui avait causé la mort de 15 personnes, sur fond de corruption et népotisme, un mouvement de contestation mené par les étudiants secoue la Serbie. Facs occupées, assemblées générales, manifestations monstres ont forcé le Premier ministre à démissionner et le gouvernement à opérer un ravalement de façade. Mais la mobilisation continue, revendiquant la démission du président, le jugement des responsables du drame, et plus largement – sous une forme qui reste bien vague – une démocratisation de la société serbe.
Après la manifestation énorme du 15 mars, qui avait réuni 300 000 personnes à Belgrade, le mouvement semblait être « rentré » dans les universités, toujours occupées, mais en reflux. Les arrestations se sont multipliées. Mais le samedi 28 juin, ce sont à nouveau 140 000 manifestants qui ont envahi le centre de Belgrade, une des plus grandes manifestations depuis le début du mouvement.
Des affrontements physiques d’ampleur ont eu lieu pour la première fois entre manifestants et forces de l’ordre. Au-delà des slogans habituels, visant la responsabilité des élites patronales et politiques dans le drame de Novi Sad, les slogans revendiquant de nouvelles élections ont pris davantage de place. La manifestation n’est pas restée sans suite : en début de semaine, des barrages routiers érigés par les étudiants se sont multipliés à Belgrade. Là aussi, la répression est féroce : la vidéo qui circule d’une voiture de police fonçant sur des étudiants près d’un barrage suscite l’indignation.
La mobilisation s’avère loin d’être au bout de ses possibilités, la jeunesse serbe ne lâche pas face au régime corrompu et autoritaire de Vučić !
8 juillet 2025, Dima Rüger