
Vendredi 13 février, une centaine de salariés de l’usine d’équipement automobile Dumarey Powerglide se sont rassemblés devant les grilles du site, à Strasbourg, pour une journée « usine morte ». Les ouvriers rassemblés dénonçaient la fermeture programmée du site d’ici fin 2026 et les 320 licenciements qui l’accompagnent. Une nouvelle saignée après les 200 suppressions d’emplois déjà décidées en 2025 lors d’un premier PSE.
La fermeture de l’usine est organisée en trois vagues, la première dès juin et la dernière en fin d’année, touchant les métiers prétendument « indispensables » dans le discours de la boîte : les managers et la direction, qui sont les derniers à quitter le navire.
Derrière ces licenciements, la direction invoque la crise de la filière automobile et la réduction drastique des commandes du principal client, l’équipementier allemand ZF. Mais les ouvriers ne sont pas dupes des difficultés invoquées et ont bien conscience d’avoir affaire à un patron rapace et voyou.
En 2012, le patron belge Guido Dumarey rachetait l’usine pour un euro symbolique à General Motors. Depuis 2017, l’entreprise a bénéficié de 35 millions d’euros d’aides publiques, et a pu verser plus de 100 millions d’euros de dividendes. En 2023, le chiffre d’affaires atteignait 527 millions d’euros, alors même que la direction préparait déjà la fermeture du site. Face aux baisses du carnet de commande, les investisseurs ne font aucun effort pour chercher un autre client et anticipent déjà la vente du terrain une fois l’usine liquidée.
Les travailleurs de l’usine ne se font aucune illusion, ni sur leur patron, ni sur le cirque des promesses électorales. Présents dans l’assemblée, des élus de EELV et du PCF sont venus afficher leur soutien à l’approche des élections municipales. Une présence accueillie avec scepticisme par des salariés qui savent que la municipalité est informée de la situation depuis longtemps. Les promesses creuses et les communiqués de soutien ne font pas oublier des années d’inaction.
Pour l’heure, les ouvriers se donnent pour objectif de contraindre le patron à payer le prix fort. Il s’agit de lui arracher une partie de ce qui a été accumulé sur leur dos pendant des années, en imposant des indemnités de licenciement au maximum.
La colère est bien présente et d’ores et déjà, de futurs rassemblements et journées d’action sont prévus au rythme des échéances de la fermeture du site.
Correspondant