Nos vies valent plus que leurs profits

Un jeune mineur mis à la rue par les services départementaux des Hauts-de-Seine

Alassane est un collégien de 15 ans, gravement malade, mineur non accompagné (MNA) et élève de troisième au collège André-Doucet de Nanterre.

Vendredi 28 mars, le département et la préfecture des Hauts-de-Seine ont révoqué ce statut de MNA au prétexte d’une évaluation subjective de son âge supposé : « Il est grand de taille et parle bien pour un mineur… » Pourtant, ses papiers d’identité attestent de sa minorité. Et celle-ci vient d’être corroborée par un examen radiologique conçu pour déterminer l’âge précis d’un individu. Une nouvelle démonstration de l’inhumanité qui s’abat contre les migrants, et qui n’épargne pas les enfants, comme en janvier, en Moselle, quand une élève s’était fait arrêter dans son collège pour être reconduite à la frontière.

La mobilisation ne se fait pas attendre

L’équipe éducative du collège, les parents d’élèves et plusieurs associations se sont immédiatement organisés : dès le lundi 31 mars au soir, le collège a été occupé. Grâce à la détermination des soutiens, Alassane a pu passer la nuit à l’intérieur de l’établissement. Les jours suivants, il a pu être relogé dans l’internat d’un collège de La Garenne-Colombes.

Mais combien de temps Alassane va-t-il être trimbalé comme un sac ? Alors qu’il a besoin comme tous et toutes d’un toit, de pouvoir suivre une scolarité, et de plus d’un traitement médical spécifique. La lutte n’est pas finie : pour le moment, Alassane a le gîte et le couvert le soir dans son internat. Pendant la journée, il est dans son collège. Mais cette prise en charge ne tient que jusqu’à fin juin, et il ne peut pas rester à l’internat le week-end ou pendant les vacances scolaires.

Il doit être réintégré dans un foyer de l’aide sociale à l’enfance (ASE) et sa minorité doit être de nouveau reconnue !

Hauts-de-Seine et gouvernement : même combat contre les étrangers !

Georges Siffredi, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine, et Alexandre Brugère, préfet du département, ne sont que les sbires du gouvernement de Retailleau et Darmanin, et de leurs lois racistes et antisociales. Cette attaque contre un mineur isolé comme Alassane n’est probablement qu’un début, comme on a pu le voir avec l’évacuation forcée d’un campement de près de 250 jeunes migrants installés sur les quais de Seine à Paris, après la violente expulsion des jeunes mineurs isolés de la Gaîté-Lyrique il y a deux semaines.

Soyons nombreuses et nombreux au rassemblement de solidarité !

Dans les Hauts-de-Seine ou ailleurs, nous ne laisserons pas ce gouvernement attaquer nos élèves, quelle que soit leur nationalité ! Aucun enfant à la rue, une scolarité et des soins pour tous et toutes !

Pour manifester notre solidarité avec Alassane, et protester contre la décision du département des Hauts-de-Seine, le Réseau éducation sans frontières 92 appelle à un rassemblement, jeudi 3 avril à 18 heures, sur le parvis du collège André-Doucet (54 boulevard de la Seine, RER A, Nanterre-ville).

Correspondante