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Une guerre pour le contrôle du Moyen-Orient et son pétrole

Mardi 9 mars, alors que le prix du pétrole flambait avec le blocage du détroit d’Ormuz, Trump se flattait des 100 millions de barils de pétrole que les États-Unis venaient de se procurer du Venezuela, grâce au renversement de Maduro. Il allait faire mieux en mettant à bas le régime iranien et, dans l’immédiat, n’allait pas laisser « un régime terroriste tenir le monde en otage et tenter de stopper l’offre mondiale de pétrole ».

Sur le prétexte officiel de la guerre, le prétendu danger de voir l’Iran un jour fabriquer une bombe atomique, c’est Trump lui-même qui, lors de son premier mandat, en 2018, avait rompu l’accord signé trois ans plus tôt entre l’Iran, l’Union européenne et les cinq membres du conseil de sécurité de l’ONU, et renforcé les sanctions économiques en vue d’asphyxier le régime.
En réalité, la vraie raison de la guerre est le pétrole.

Car, si les États-Unis sont redevenus depuis 2017 le premier producteur d’hydrocarbures (notamment avec le développement du gaz de schiste), les ressources pour l’instant répertoriées dans leur sous-sol ne sont que 2,2 % des réserves mondiales connues pour le pétrole, 6,5 % pour le gaz. Le Moyen-Orient à lui seul représente 50 % des réserves pétrolière mondiales et 27 % des réserves gazières. Les États-Unis ont déjà attaqué le Venezuela, qui représente 17 % des réserves mondiales.

Il s’agit, en contrôlant le marché de la principale des ressources énergétiques utilisées dans le monde, d’avoir barre sur les économies de ses concurrents.

En 1953, déjà, en Iran, le Royaume-Uni et les États-Unis avaient renversé par un coup d’État un premier ministre bourgeois jugé trop nationaliste, pour faire du chah leur homme paille dans la région. Mais le chah a été renversé par la révolution de 1979, même si celle-ci a été détournée puis écrasée par une nouvelle dictature, celle des mollahs, mais une dictature hostile aux États-Unis.

Le boycott de l’Iran – dont l’Europe et l’Inde absorbaient chacun, en 2017, 20 % de la production et la Chine 25 % – a fait aujourd’hui de la Chine son client quasi unique. Raison de plus pour les États-Unis de vouloir s’assurer le contrôle du pays. Même si, ironie du sort, Trump vient de demander aussi à la Chine de l’aider pour imposer à l’Iran le déblocage du détroit d’Ormuz.

17 mars 2026, Olivier Belin

 

 


 

 

Sommaire du dossier paru dans le numéro 53 de Révolutionnaires