Nos vies valent plus que leurs profits

Vains dieux !

 

 

L’islamologue et prédicateur Tariq Ramadan vient d’être condamné par la justice des hommes (pas toujours juste, mais dans ce cas avec apparemment quelques bonnes raisons) pour plusieurs viols de ses fidèles féminines. « Laissez venir à moi les petits enfants », disait, selon la légende et dans une autre veine religieuse, un jeune prédicateur illuminé appelé Jésus ; 2000 ans plus tard, certains de ses disciples de l’école Bétharram (dans la ville du très chrétien François Bayrou) étaient encore fidèles à la doctrine.

La foi et l’obscurantisme donnent malheureusement bien des pouvoirs à ceux qui les professent en hauts lieux.

Plus gênants sont les athées qui se laissent parfois berner, quand on se rappelle comment Tariq Ramadan, qui se disait prédicateur d’un islam moderniste, avait pu recueillir des soutiens aveugles dans la gauche et même l’extrême gauche… au nom de la lutte contre la discrimination et l’islamophobie.

Côté catholique, outre la récente affaire Bétharram, la droite avait eu jadis son saint homme : l’abbé Pierre, le petit père des pauvres, un temps député gaulliste des plus réactionnaires, mais si charitable avec ses centres Emmaüs qu’il donnait toit et travail aux sans-logis, et dont les abus sur ses fidèles, connus et couverts par la hiérarchie catholique, n’ont été révélés que près de 20 ans après sa mort. Un hommage national lui avait été rendu à sa mort, à Notre-Dame de Paris avec Chirac, Giscard, Delanoë, Jack Lang… et bien sûr l’inénarrable Bayrou. Sans oublier un second hommage, pour le troisième anniversaire de sa mort, sous forme d’un timbre-poste de la République française à son effigie.

Olivier Belin