Un collectif d’anciens élèves d’établissements du réseau catholique des Lasalliens s’est constitué pour dénoncer des violences commises entre 1955 et 1985 dans une vingtaine d’établissements par des membres de la congrégation. Cette congrégation, appelée également Frères des écoles chrétiennes, gère près de 150 établissements privés sous contrat avec l’État dans tout le pays. Les membres du collectif, essentiellement âgés de 50 à 70 ans, révèlent des faits qui sont aujourd’hui prescrits. Ils dénoncent des « violences physiques », « brimades, humiliations », et pour une « grande partie » d’entre eux, des faits « d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols », commis par des religieux ou des enseignants laïques, la plupart décédés. Une situation couverte par l’Église alors que les pouvoirs publics, supposés contrôler ces établissements, regardaient ailleurs. Et des scandales beaucoup plus récents montrent que la question n’est toujours pas réglée. Le collectif réclame aujourd’hui que l’institution reconnaisse sa responsabilité dans des violences qu’il juge « systémiques » et qu’elle crée un fonds de réparation de 100 millions d’euros pour indemniser les victimes. On peut toujours rêver.