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Léman Express : en lutte pour les salaires et contre le sous-effectif

Depuis le 19 janvier, les travailleurs du technicentre d’Annemasse sont entrés en grève pour revendiquer trois nouveaux postes et une indemnité de vie chère, afin de prendre en compte le coût de la vie exorbitant du bassin frontalier avec la Suisse. Ce mouvement intervient après plus d’un an de sous-effectif dans cet atelier de maintenance. Aujourd’hui, sept des quarante postes du site ne sont pas pourvus. Une situation délétère qui pèse autant sur les cheminots que sur les voyageurs.Depuis sa création en 2019, le site subit un turnover important, atteignant le nombre record en 2025 de huit départs ! Et pour cause, les salaires au rabais atteignent rarement 2 000 euros, pour des postes qui demandent des compétences techniques importantes. Seules les indemnités d’astreinte et de travail de nuit leur permettent de joindre les deux bouts.Alors que le Léman Express rencontre un énorme succès, avec 80 000 voyageurs quotidiens, la direction de la SNCF et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, autorité organisatrice des transports régionaux, n’investissent que le strict minimum. Avant même le début du mouvement, le sous-effectif a contraint la direction à immobiliser deux rames, ne pouvant pas effectuer la maintenance dans les temps. Résultat : des réductions de composition des trains sur un réseau déjà souvent saturé aux heures de pointe.En cause également, des écarts de salaire importants entre les travailleurs de la région et les frontaliers, dont les revenus suisses atteignent souvent le double de l’autre côté de la frontière. Ces inégalités sont une aubaine pour les investisseurs immobiliers, qui profitent de cette concurrence pour faire exploser les loyers, aux dépens des travailleurs de la région. Et les cheminots ne sont pas épargnés.La direction a déjà accepté la création de trois postes supplémentaires. Mais si les revenus n’augmentent pas, le turnover incessant et le sous-effectif chronique ne seront pas résolus. Face à une mobilisation majoritaire suivie par deux tiers des agents, la direction n’aura pas d’autre choix que d’accéder aux revendications des grévistes !

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