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La mobilisation contre ICE dans le Minnesota a déjà des répercussions aux États-Unis

La mobilisation massive du vendredi 23 janvier dernier dans le Minnesota, avec une manif de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Minneapolis, a eu deux effets visibles sur la scène politique américaine : elle a montré qu’il était possible et légitime de s’opposer à ICE aux yeux d’une partie significative de la population. Et elle a obligé Trump à opérer un recul partiel. L’administration américaine a dû en effet écarter le principal dirigeant des opérations menées par ICE dans la région, le sinistre Gregory Bovino.

Une brèche s’est donc ouverte pour la mobilisation, dans laquelle une partie de la jeunesse s’est engouffrée : un appel a été lancé par une association d’étudiants somaliens du Minnesota à étendre la mobilisation dans toutes les villes des États-Unis le vendredi 30 janvier. L’appel a été repris sur les réseaux sociaux et a été relayé par plusieurs organisations liées au mouvement ouvrier et révolutionnaire. Sans que le succès soit au même niveau que dans le Minnesota une semaine auparavant.

Des manifestations ont cependant été recensées dans 300 villes à travers le pays. D’ampleur diverses, à forte majorité de jeunes lycéens et étudiants, ces manifestations ont pu compter jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de participants comme à San Francisco. Les assassinats de Renée Good et Alex Pretti, ainsi que la réponse massive de la population du Minnesota, semblent ainsi favoriser une prise de conscience dans une frange de la population, chez les jeunes… mais pas seulement : les nombreuses déclarations anti-ICE d’artistes et humoristes lors de la très médiatique cérémonie des Grammy Awards en témoignent. Dans les réseaux militants, la question de comment étendre la mobilisation – et même la grève – au-delà du Minnesota est posée.

3 février 2026. Ed McBeyne