Nos vies valent plus que leurs profits

Les prédateurs sont toujours là

Entre 1970 et aujourd’hui, la part de marché française en Afrique subsaharienne est passée de 15 à 3 % des importations africaines. En sens inverse, les importations françaises venant d’Afrique subsaharienne ne constituent plus que 2 % des productions de cette région, six fois moins que dans les années 1960. Même en ce qui concerne les ex-colonies françaises, fiefs privilégiés des entreprises hexagonales, le recul est spectaculaire : leur part de marché sont passées de 60 % à 10 % et les exportations de ces pays vers la France ont été divisées par 10. Si la Chine se taille une part de plus en plus importante du marché, l’Inde est devenue le principal fournisseur de produits pharmaceutiques en Afrique, et les principaux concurrents de la France sont les pays du Golfe pour les produits pétroliers raffinés, la Russie et l’Ukraine pour les céréales.

Un maintien de la dépendance économique

Ces reculs ne s’expliquent pas seulement par une concurrence exacerbée pour les richesses minières ou agricoles africaines, mais aussi par les restructurations industrielles sur le territoire français, réduisant les besoins d’importations. Mais la balance commerciale entre la France et l’Afrique reste très largement en faveur de la première. Un déséquilibre d’autant plus prononcé que les recettes d’une partie des exportations de l’Afrique vers la France tombent dans les poches des compagnies françaises qui y sont installées.

Car ces entreprises restent très présentes dans les anciennes colonies : en 2021, on comptait 2 421 filiales de sociétés françaises implantées en Afrique subsaharienne, générant 41,2 milliards d’euros de chiffres d’affaires net.

Si l’empire néocolonial français est aujourd’hui contesté et malmené, l’impérialisme français continue donc de se tailler de véritables empires dans l’économie africaine. Il reste l’un des plus puissants sur le continent africain. Ce n’est pas par hasard que, dans les mobilisations populaires, les slogans contre les entreprises françaises restent largement dominants.

Aurélien Pérenna

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 50 de Révolutionnaires