Neuf CRS comparaissent devant la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris après une intervention violente le 1er décembre 2018. Ils avaient alors sauvagement matraqué des Gilets jaunes qui s’étaient réfugiés pour échapper aux gaz lacrymogènes dans un fast-food Burger King de l’avenue de Wagram. La scène avait été filmée et l’on voyait clairement que les manifestants n’avaient commis aucune violence ou dégradation dans les locaux, certains levant même immédiatement les mains à l’entrée des forces de l’ordre. Malgré cela, les CRS les avaient frappés sans sommation. Ils sont donc poursuivis pour « violences volontaires aggravées ». Il faut remarquer que les prévenus n’ont jamais été désavoués par leur hiérarchie et que, une fois encore, la justice ne s’est pas pressée pour les juger, les traduisant devant un tribunal sept ans après les faits. Par comparaison de nombreux Gilets jaunes interpellés ce jour-là furent jugés, eux, en comparution immédiate en moins de 48 heures. Comme le disait fort bien La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »