Fin juillet, en Gironde, les pompiers ont dû quitter Le Porge en flammes pour défendre le Cap-Ferret, la presqu’île des résidences secondaires et villas de célébrités. Le village détruit, ses habitants ont accusé l’État d’avoir sacrifié leur commune pour protéger les plus riches : « Ce qui s’est passé ici est une lutte des classes », a résumé l’un d’eux.

Cet été était celui de la débrouille généralisée. Des milliers de volontaires se sont mobilisés aux côtés des pompiers ; ailleurs, on improvisait des parades artisanales contre la canicule — couvertures de survie aux fenêtres, glaçons devant les ventilateurs. Un scénario qui rappelle les inondations de Valence, en Espagne en 2024, où la population livrée à elle-même s’était organisée seule pour secourir et nettoyer. Face aux catastrophes et à l’incurie de l’État, seule la solidarité des classes populaires permet de limiter les dégâts.

Mais pour endurer les conséquences des canicules, les feux, ou les inondations, il y a une partie de la population qui pourra toujours compter sur le soutien de l’État : les riches, les patrons, les capitalistes. Quand l’écrasante majorité cherche à protéger sa vie, sa santé, ou encore ses maigres possessions face aux catastrophes, la bourgeoisie, fidèle à elle-même, protège ses profits. En Gironde, la préfecture a autorisé le maintien de l’activité de sites comme ID Logistics ou Lidl à Cestas malgré l’évacuation ; à La Poste, faute d’activité possible, on a demandé aux postiers de poser des RTT, alors que le retard de courrier a été résorbé dès les jours suivants.

Même logique pour les gros céréaliers : la sécheresse n’est plus un problème quand on les autorise à puiser l’hiver dans les nappes phréatiques pour remplir des mégabassines. L’État dépense même des millions pour les défendre contre les manifestants, réprimés violemment, jusqu’à l’éborgnement et la mutilation, comme à Sainte-Soline en 2023.

B. A.

 

 


 

 

Sommaire du dossier