Plus grand-monde ne devrait douter de la réalité du réchauffement dont l’origine se trouve dans des émissions de gaz à effet de serre toujours croissantes, quoiqu’en ralentissement. Contrairement à ces dernières décennies, ce ne sont plus des puissances émergentes comme la Chine qui tirent en avant cette augmentation, mais bien les vieux impérialismes qui se sèvrent difficilement de leur dépendance aux énergies fossiles.
Les projets d’extraction de pétrole et de gaz naturel ne s’arrêtent pas, alors qu’il n’en aurait pas fallu un seul nouveau depuis 2021 pour espérer tenir la trajectoire du + 1,5 °C ! TotalEnergies, chef de file des réchauffeurs tricolores, est lui-même sur plusieurs fronts : de nouveaux champs de pétrole en Angola, du gaz naturel en Papouasie-Nouvelle-Guinée, une gigantesque centrale électrique au gaz au Vietnam… Si le groupe a dû se retirer du projet « Artic GNL 2 » en Sibérie, il conserve toutefois des participations dans l’entreprise russe Novatek, qui exploite des gisements fossiles.
Rien n’arrête ces pyromanes. Il y a quelques années, après la pandémie de Covid-19, les États occidentaux faisaient mine d’investir dans la transition écologique. Mais leurs efforts n’ont pas été soutenus très longtemps. L’Inflation Reduction Act de Biden a été déchiqueté par son successeur à la Maison-Blanche. Ici, le plan « France 2030 » a subi des coupes budgétaires qui l’ont éloigné de ses ambitions initiales. Le dispositif MaPrimeRénov’ a été considérablement réduit et le leasing social, qui permet à des ménages populaires d’obtenir un véhicule électrique, est de toute façon sous-dimensionné. Sans parler du fait que tous ces projets relevaient, pour une part, du greenwashing : France 2030 contient par exemple tout un volet sur le numérique, dont le lien avec l’atténuation du réchauffement est plus que discutable, tant l’empreinte environnementale de ce secteur est élevée…
Il y a urgence à décarboner massivement les transports, le chauffage des bâtiments, l’agriculture, les procédés industriels et, dans les pays où ce n’est pas déjà le cas, la production d’électricité. Mais ce n’est pas ce qu’ont décidé ceux qui tiennent les rênes de l’économie en Europe et aux États-Unis, trop attachés aux géants des énergies fossiles.
Bastien Thomas
Sommaire du dossier
- Canicule : des mesures d’urgences à mettre en œuvre face à l’incurie des gouvernants
- Face aux catastrophes naturelles : démerdez-vous ! (sauf les capitalistes)
- Les (vrais) pyromanes sont toujours en liberté
- Bouilloires thermiques, sécheresse : promesses en fanfare, annulations en catimini
- Le « tout clim’ », une bonne idée ?
- Des mesures d’urgence pour faire face