Le RN a répété pendant tout l’été que la solution était de « tout climatiser ». Dans l’urgence, on se précipite sur les petits climatiseurs vendus en supermarché, tandis que les centrales d’achat achètent en volume, avec spéculation à la clé. Certains ont fait jouer leurs relations, comme ce chef de service de l’hôpital Georges-Pompidou à Paris (et député LR), qui a obtenu 300 climatiseurs du groupe Mulliez en 24 heures. Tout le monde n’a pas la chance de fréquenter l’une des plus grandes dynasties capitalistes de France…

Les climatiseurs qui ont tourné 24 heures sur 24 pendant tout l’été vont vite lâcher… Les distributeurs profitent des vagues de chaleur pour écouler des appareils de mauvaise qualité, qui se mettent vite à fuir, en rejetant dans l’atmosphère des fluides caloriporteurs, dont certains ont un effet de serre des milliers de fois plus puissant que le CO2. Un cercle vicieux…

Pire encore, différentes études montrent que l’utilisation massive des climatiseurs dans les grandes villes, quand ils sont installés de manière individuelle donc anarchique, rejette de l’air chaud et provoque un réchauffement des rues de plusieurs degrés.

Durant cet été, les hôpitaux comme les Ehpad ont dû se débrouiller seuls pour acheter des dizaines de milliers de climatiseurs. Les 100 millions d’euros annoncés par le gouvernement pour les rembourser seront en fait prélevé sur le budget de cette année. C’est déshabiller Pierre pour (mal) rafraîchir Paul.

L’utilisation rationnelle de la climatisation, organisée de manière collective et pas individuelle, est un aspect des nombreuses adaptations indispensables. Ceux qui prétendent que c’est une solution miracle sont des démagogues d’extrême droite… ou des vendeurs de climatiseurs !

Marianne Syzko

 

 


 

 

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