Chelles, une dizaine de kilomètres à l’est de Paris, terminus d’une des branches du RER E. Pour circuler d’un endroit à un autre de la grande banlieue, c’est la galère. Or, pour avoir un job, il faut le permis, et, pour se payer le permis, il faut avoir un job… Le cercle vicieux dans lequel Corentin, Sprite pour les intimes, 25 ans est enfermé.
Déprimé par la rupture avec sa copine, ce grand gosse vit à nouveau chez ses parents et tourne en rond. Excédée, sa mère « lui » a retiré la bonde de la baignoire dans laquelle Sprite aime s’installer pour rêver, assis sur un fond d’eau – il faut bien penser à la planète.
Il s’inscrit tout de même dans une auto-école, tout en décrochant un boulot de nuit dans une boîte qui se présente comme une « start-up » – le patron, qui dort dans son camion, et lui nettoient des logements après des fiestas bien arrosées.
Sprite passe ses nuits à courir pour attraper un dernier bus, un dernier train, tandis que le jour, il prend ses leçons de conduite. Heureusement, Marie-Charlotte, la monitrice d’auto-école décide de le prendre en main et lui donne un vieux baise-en-ville – cette petite sacoche capable d’abriter de quoi passer une nuit hors de chez soi… d’où son nom.
On rit de bon cœur de ce garçon un peu empoté mais touchant et sensible, et de ces situations absurdes que connaissent bien des jeunes, et des moins jeunes, aujourd’hui.
J.-J. F.