Il y a cinq mois, Caroline Grandjean, 43 ans, directrice d’école à Moussages, un village de 200 habitants, se donnait la mort, car elle ne supportait plus le harcèlement lesbophobe dont elle était victime. Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de l’établissement. Une enquête avait été ouverte, puis classée sans suite, en mars 2025, « en l’absence de faits nouveaux », avait alors indiqué le parquet. Suite à son suicide une enquête administrative a été ouverte qui constate une « défaillance institutionnelle » reposant « en partie sur le sentiment éprouvé par l’enseignante que l’institution n’a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents ». Bref, elle avait été laissée seule face aux propos et aux attitudes homophobes de son environnement. Peu après sa mort sa compagne, Christine Grandjean-Paccoud, avait dénoncé l’inaction de sa hiérarchie. Et d’ajouter aujourd’hui : « C’est un sentiment de satisfaction que l’Éducation nationale reconnaisse une défaillance mais derrière, il y a des responsables et ils ne sont pas reconnus dans le rapport. » Quant au ministère de l’Éducation nationale, il assure qu’à l’avenir ce genre de cas sera traité « avec toute l’humanité et le discernement requis ». Ce qui n’engage à rien de concret pour lutter contre l’homophobie au sein de l’Éducation nationale.