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Denis Souilla. Publié le mardi 27 janvier 2026
Les 15 et 22 mars 2026 se tiennent à Lyon les élections municipales, les élections d’arrondissements et les élections métropolitaines. Pour briguer le siège de maire, on compte sept têtes de liste, parmi lesquelles le sortant, l’écologiste Grégory Doucet. Voici les candidats, par ordre alphabétique.
Les élections municipales se tiennent les 15 et 22 mars 2026. À Lyon, c’est un duel qui s’est d’ores et déjà mis en place entre le maire sortant qui se représente, Grégory Doucet, maire écologiste élu en juin 2020 à la tête d’une majorité de gauche unie, et Jean-Michel Aulas, à la tête d’une coalition du centre et de la droite. À leurs côté, des listes divers gauche, centriste, RN et LFI. Voici les têtes de listes, les candidats, par ordre alphabétique, qui brigue la mairie de Lyon.
Jean-Michel Aulas (Divers droite, LR, Renaissance, UDI, Horizons, Modem)
C’est la candidature la plus médiatique de ce scrutin. Après avoir présidé l’Olympique Lyonnais pendant trois décennies, de 1987 à 2023, Jean-Michel Aulas conduit la liste « Cœur lyonnais ». Âgé de 76 ans, fondateur de la Cegid (une société informatique de gestion), c’est ce profil d’entrepreneur qu’il met en avant, gestionnaire, pragmatique. Jamais élu en politique mais expert en influence, il critique le « déclin économique » de Lyon et l’insécurité. En 2025, le magazine Challenges le classe à la 309e place parmi les 500 plus grandes fortunes françaises, à hauteur de 450 millions d’euros. Il se dit « sans étiquette » et est soutenu par le centre et la droite. Il porte notamment un projet de tunnel de huit kilomètres à double voie routière sous Lyon, entre Tassin-la-Demi-Lune et Saint-Fons, afin de désengorger le tunnel sous Fourvière. Également dans ses propositions : étendre la gratuité dans les transports, rendre la cantine et les activités périscolaires gratuites pour tous les écoliers.
Anaïs Belouassa-Cherifi (La France insoumise, collectifs citoyens)
Âgée de 31 ans, elle est la benjamine de l’élection. Élue députée de la première circonscription du Rhône en 2024, Anaïs Belouassa-Cherifi a fait ses armes dans le syndicalisme étudiant et les mouvements sociaux. Elle conduit la liste « Faire mieux pour Lyon » et refuse l’alliance avec le maire sortant, qu’elle juge trop timoré face aux promoteurs immobiliers et pas assez offensif sur la gratuité des services publics. Sa campagne cible prioritairement les quartiers populaires et la jeunesse étudiante. Elle porte dans son programme un blocage des loyers, la réquisition de logements vides et une écologie « populaire » qui ne pénalise pas les précaires. Elle a également promis la gratuité totale des cantines scolaires, ainsi que des petits-déjeuners gratuits pour les élèves.
Grégory Doucet, maire sortant (Les Écologistes, Parti socialiste, Parti communiste, Place publique, Génération.s)
Âgé de 52 ans, Grégory Doucet a été élu en 2020 à la faveur d’une « vague verte ». Il s’était alors imposé au second tour (52,4 % des voix) devant le candidat centriste Yann Cucherat (30,8 %) opérant une bascule à gauche pour Lyon après des années de centrisme. Il est diplômé d’école de commerce et ancien cadre dans l’humanitaire, dans l’ONG Handicap international. Parmi les propositions portées par majorité sortante : déployer une police de proximité anti-incivilités (50 agents), offrir des journées de stationnement pour favoriser la venue de proches à Lyon, réaménager les berges du Rhône et ouvrir le métro désormais toute la nuit. Il compte également créer dix cantines de quartiers, financer les fournitures de tous les écoliers. Il a réussi à éviter l’éclatement de sa majorité en scellant un accord rapide avec les socialistes et les communistes, malgré des frictions nationales. Outre le PS et le PCF, sa liste « Pour vivre Lyon » regroupe également Génération.s et Place Publique.
Alexandre Humbert Dupalais (Rassemblement national, UDR)
Avocat au barreau de Lyon, Alexandre Humbert Dupalais mène la liste du Rassemblement national. Âgé de 39 ans, il a déjà été candidat lors des législatives en 2024 dans la 11e circonscription du Rhône. Dans son programme, il priorise les questions portant sur la sécurité, la lutte contre le trafic de drogue, la propreté urbaine. Contrairement aux scrutins précédents où le RN était isolé, sa liste « Retrouver Lyon » bénéficie d’une d’alliance avec l’Union des droites pour la République (UDR), le mouvement d’Éric Ciotti. Il fustige la « ZADification » de Lyon et promet une baisse de la fiscalité locale.
Georges Képénékian (Divers centre, Parti radical de gauche, dissidents Renaissance, ex-PS)
Ancien maire de Lyon entre 2017 et 2018 (lorsque Gérard Collomb était ministre de l’Intérieur, ndlr), Georges Képénékian tente un retour en force. Chirurgien de formation, d’origine arménienne, âgé de 76 ans, il a été adjoint à la Culture et incarne le centrisme incarne le positionnement social-libéral qu’occupait Gérard Collomb, attaché à la laïcité et au développement économique, réfractaire au virage à un virage droitier. Il renvoie dos à dos le « dogmatisme » de Grégory Doucet et l' »aventure personnelle » de Jean-Michel Aulas. Il espère capter l’électorat modéré de centre-gauche déçu par la polarisation de la vie politique. Le programme de sa liste « Quelle énergie ! » se décline en cinq thèmes principaux : mobilité douce, logements accessibles, écologie urbaine, santé et solidarité, soutien à la culture.
Nathalie Perrin-Gilbert (Divers gauche)
Nathalie Perrin-Gilbert (dite « NPG » sur les réseaux sociaux) a été maire du 1er arrondissement pendant plus de 19 ans, de 2001 à 2020. Âgée de 54 ans, elle a également été adjointe à la Culture du maire sortant Grégory Doucet (avec qui la rupture a été consommée en 2024). Elle revendique une liberté de ton totale. Son créneau ? Le « municipalisme » et la démocratie directe. Elle critique la gestion technocratique des Verts tout en s’opposant frontalement aux projets de la droite. Elle s’appuie sur des réseaux associatifs denses et une image de proximité pour séduire les déçus de la gauche plurielle. Sa liste « Lyon avec vous » est soutenue par des mouvements divers gauche, l’ex-GRAM (mouvement politique lyonnais) et des dissidents socialistes. Le programme s’articule en sept points : la démocratie et vie locale, l’éducation et l’enfance, l’économie, culture sports et événements, santé, transports et mobilité, urbanisme et logement.
Raphaëlle Mizony (NPA-Révolutionnaires)
Raphaëlle Mizony est âgée de 22 ans, étudiante à Lyon 2 et porte-parole nationale du NPA-Révolutionnaires. Elle avait déjà été candidate aux élections législatives en 2024 dans la 6e circonscription. Dans la liste « Lyon ouvrière et révolutionnaire », son colistier est Anthony Bruno, cheminot aiguilleur au triage SNCF de Sibelin à Solaize, et se présente comme « militant ouvrier communiste révolutionnaire ». Le programme ne décline pas des problématiques purement locales : l’interdiction des licenciements, une offre de transport en commun gratuite, la défense des services publics, l’arrêt des subventions au secteur privé.