Nos vies valent plus que leurs profits

Grenoble ouvrière et révolutionnaire — Réponse à la campagne « Pour les services locaux »

Nous répondons à l’invitation de signer la charte « 14 exigences pour les services publics locaux » de la campagne « Pour les services locaux » qui se présente comme « portée par une large coalition d’associations, de syndicats, d’ONG et de collectifs qui veulent mettre la question du service public au cœur des élections municipales ».

Bonjour,

Nous avons bien pris connaissance du contenu de vos propositions et vous en remercions.

La défense de services publics gratuits et accessibles à tous et toutes est au cœur de nos revendications.

Nous partageons bon nombre de vos préoccupations autour des services essentiels aux travailleurs et aux jeunes que sont les écoles, les crèches, les bibliothèques, les maisons de retraites, etc.

Nous combattons tous les plans d’austérité qui les visent, à l’échelle locale comme nationale, tout comme nous combattons les attaques sur les droits des travailleurs et travailleuses de ces secteurs, comme le droit de grève qui est remis en cause pour les Atsem de la ville de Grenoble. Nous nous solidarisons de chaque lutte contre l’austérité budgétaire imposée par le gouvernement aux services utiles à la population. Que ce soit pour la santé, la défense de l’environnement, l’alimentation, la culture ou le sport.

La casse des services publics a un impact sur les services rendus à la population, sur la charge de travail des agentes et des agents, ainsi que sur le sens des métiers. Elle permet aussi la privatisation et la marchandisation de ces secteurs.

Nous pensons de plus que ces services devraient être gratuits et étendus. Cela irait à contre courant de la dynamique actuelle.

Nous défendons le développement des transports gratuits, mais également l’accès aux droits pour tous et toutes. Que ce soit par la régularisation de tous les sans-papiers, le droit de vote à partir de 16 ans ou l’interdiction des licenciements…

Pour cela, nous pensons qu’il faut prendre l’argent là où il est : dans les poches et les comptes en banque des grands patrons et des multi-propriétaires qui voient leur fortune augmenter de manière indécente.

Notre liste est composée de travailleurs sociaux, de salariés d’associations, d’agents de l’éducation nationale, de travailleurs de la santé bref d’une partie de celles et ceux qui font tourner les services publics.

Nous pensons que les travailleurs devraient décider de la manière dont ces services fonctionnent et sommes persuadés qu’ils sont les plus à même de savoir ce dont ils ont besoin, comment organiser au mieux leur travail et leurs missions.

Par ailleurs, le logement est un enjeu central à Grenoble, alors que 17 000 logements sont vacants dans la métropole et que près de 150 personnes occupent aujourd’hui le siège de Grenoble Alpes Métropole, suite à leur expulsion par le bailleur social Actis à Villeneuve. Ces familles montrent aujourd’hui l’exemple ! Seules nos mobilisations arriveront à arracher la réquisition des logements vides.

En cela, une partie de vos exigences font écho à ce que nous défendons dans cette campagne.

De plus, nous ne considérons pas la police, fût elle de proximité, comme un service essentiel, qu’il faudrait développer ou mettre au même rang que les autres services précédemment cités. Nous pensons qu’elle est le bras armé de l’État et de ceux qui sont responsables de la casse sociale et de l’offensive continue contre notre camp social, les travailleurs et la jeunesse.

Enfin, nous sommes convaincus que pour permettre aux services essentiels d’être gratuits et étendus, pour inverser le mouvement général d’austérité et de casse des services publics, il ne suffira pas de changer le personnel politique. Il faudra au contraire, que les salariés s’invitent sur la scène où se joue leur propre destinée, et construisent une mobilisation générale afin de stopper la casse des services publics et renouer avec les acquis sociaux. Dans ce sens, nous ne faisons pas de promesses électorales même raisonnables, car nous ne voulons pas nourrir des illusions électorales. Nous promettons cependant de continuer à soutenir et visibiliser les mobilisations, à faire entendre la voix des travailleurs. Si nous avons des élus, elles et ils seront des points d’appui pour cela.

Pour autant, nous ne souhaitons pas signer cette « charte ». Pour deux raisons principales. Premièrement, comme mentionné, nous rejetons l’idée qu’une signature quelconque puisse supplanter la nécessité de se mobiliser massivement dans le contexte national et international. Par ailleurs, nous sommes en désaccord avec la proposition de renforcer les services policiers, qu’il s’agisse de vidéosurveillance ou de patrouilles à pied de proximité.

Cependant nous sommes tout à fait intéressés pour continuer à discuter et à débattre ! Nous serions ravis de participer au débat proposé. Pouvez-vous nous communiquer la date, le lieu ainsi que les modalités prévues ?

En toute camaraderie, la liste « Grenoble ouvrière et révolutionnaire »