Les 45 000 policiers et leurs soutiens, qui ont manifesté le samedi 1er février dans une vingtaine de villes du pays, selon le chiffre donné par le principal syndicat initiateur Alliance, n’ont pas soulevé l’enthousiasme populaire. En tête des cortèges, les têtes de l’extrême droite et de la droite extrême : à Paris, Thierry Mariani (RN), Sarah Knafo (Reconquête de Zemmour) et l’eurodéputée Marion Maréchal ; à Nice, Christian Estrosi (Horizons) et Éric Ciotti (UDR/RN)… Campagne municipale oblige ! Depuis 2017 pourtant, Macron et ses ministres de l’Intérieur successifs ont déboursé pour la police : 12 500 emplois créés, des crédits multipliés par deux pour le matériel et les locaux, 19 000 véhicules achetés, et un budget 2026 en hausse. Rien à voir avec les budgets sociaux, eux en baisse !
Une police qui nous protégerait ?
Des flics qui seraient « tous des héros » (« All cops are heroes »), comme le scandaient des manifestants ? Un slogan plutôt mal venu, dans le climat politique actuel où la police de Trump, l’ICE, qui rafle brutalement et tue à bout portant, soulève l’indignation et la solidarité, aux États-Unis comme ailleurs dans le monde. Ici aussi, la chasse au faciès et les basses œuvres anti-immigrés confiées aux flics font des blessés et des morts : dans la nuit du 14 au 15 janvier derniers, c’est un travailleur d’origine mauritanienne âgé de 35 ans, El Hacen Diarra, qui a trouvé la mort dans le commissariat du 20e arrondissement de Paris. Un vidéo témoigne de son interpellation brutale et de son étranglement, confirmé par un médecin légiste. À deux reprises et de façon massive, une partie de la population du quartier s’est mobilisée aux côtés de la famille qui porte plainte pour « violences volontaires ».
Toujours contre nos luttes
Certains commissariats sont peut-être vétustes, mais la fonction des « forces de sécurité intérieure » n’en est pas légitime pour autant. Le corps de la police et de la gendarmerie est destiné à maintenir un ordre social, à assurer la défense de la propriété privée et de l’exploitation. C’est pourquoi les travailleurs et des jeunes les trouvent contre eux dans leurs luttes, dans les manifestations, sur les piquets de grève où ils rappliquent vite, pour peu qu’un patron les appelle !
Michelle Verdier