La France a un budget, adopté par la grâce du 49-3 et du Parti socialiste (PS), voilà les marchés financiers rassurés.
Pour le PS, la casse sociale est une « victoire »
Victoire du PS, les cinquante euros de plus sur la prime d’activité ? Les patrons raffolent de ces « trappes à Smic » qui leur permettent de faire porter à la collectivité le coût des bas salaires. Victoire, les 500 accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) supplémentaires dans l’Éducation ? Mais près de 4 000 postes seront supprimés (voir la rubrique « Premières lignes ») ! Le repas à un euro pour les étudiants ? Mais la sélection sociale de plus en plus drastique empêche les enfants d’ouvriers d’accéder à l’université. Passons sur les coupes claires dans la santé (un détail), les transports (préférez la marche à pied ou le vélo), la culture (la quoi ?), l’aide sociale à l’enfance, etc. Aucun service public n’est épargné…
Le pactole pour les flics, l’armée et les patrons
… Sauf les « services publics » de répression : la « sécurité » et la « défense ». Là on embauche, on passe des commandes. Tout un projet de société ! Pas d’austérité non plus pour les plus riches et les grosses entreprises. Ils pleurent la bouche pleine dans des médias complaisants (les leurs) mais ne sont pas du tout mis à contribution. La taxe Zucman, pourtant très modérée, a été écartée. Restent une taxe sur les plus hauts revenus créée l’an dernier et qui a été un fiasco total (comme feu l’ISF) et une « surtaxe » sur les grands groupes qui devrait rapporter (qui va vérifier ?) six milliards d’euros… à comparer aux 211 milliards de subventions distribuées au patronat, renouvelés cette année !
Ils profitent, mais c’est nous qui produisons tout !
La France insoumise (FI) hurle à la « trahison » du PS, qu’elle avait remis en selle en 2024 avec le Nouveau Front populaire (NFP). Mais on ne peut être trahi que par ceux en qui on a mis sa confiance. À peine le budget adopté, le ballet électoral reprend : le PS, souvent allié au premier tour des municipales avec les Verts et le Parti communiste, négocie déjà les fusions au second tour avec la FI. Ceux qui en ont ras-le-bol de la lutte des places de cette gauche institutionnelle pourront voter pour des révolutionnaires aux municipales, dont les listes du NPA-R qui porteront un message simple : seule la lutte collective, avec les armes des travailleurs, permettra de contrer l’offensive patronale, qu’elle soit macroniste, socialiste ou d’extrême droite.
Raphaël Preston