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Palestine

Depuis le 18 mars, l’armée israélienne a rompu la trêve et repris ses raids sur Gaza. À l’heure actuelle le bilan est de 830 morts et plusieurs milliers de blessés parmi la population gazaouie. Quant au bilan total depuis le début de la guerre il s’élève à plus de 50 000 morts, à 70 % des civils, près de 10 000 disparus et 113 000 blessés. Il faut ajouter la famine, le manque d’eau et d’électricité et la destruction des structures médicales. Et certains font mine de s’interroger pour savoir s’il s’agit « vraiment » d’un génocide. La réponse est cent fois oui.

Emilio Meslet, journaliste à L’Humanité a été interdit de couvrir la pseudo « Conférence internationale contre l’antisémitisme » qui s’est tenue à Jérusalem les 26 et 27 mars, un évènement auquel avaient été invitées nombre de figures de l’extrême droite européenne dont Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen. Le retrait de son accréditation lui avait été annoncé sans explication au dernier moment, juste avant son départ pour Israël. Rien de très étonnant dans tout cela puisque Netanyahou s’attaque systématiquement aux médias qui critiquent sa politique, comme le quotidien israélien de centre-gauche Haaretz et la chaîne de télévision locale Channel 12 qui sont devenues les bêtes noires de son gouvernement.

Parmi d’autres dirigeants d’extrême droite européens, Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen ont été invités à participer à Jérusalem à un colloque international contre l’antisémitisme. C’est un peu comme convier des alcooliers à un congrès des Alcooliques anonymes. En fait, là comme souvent, la lutte contre l’antisémitisme n’est qu’un prétexte pour réunir celles et ceux qui désignent les musulmans en général, et les Arabes en particulier, comme la cible à abattre. Et ce beau monde vient en Israël apporter son soutien plein et entier à Netanyahou, qui, en assimilant sionistes et Juifs et en commettant des massacres sans nom, contribue à sa façon au regain de l’antisémitisme.

Hamdan Ballal, coréalisateur du documentaire No Other land (Pas d’autre terre), qui montre le quotidien de Palestiniens aux prises avec les exactions des colons et des soldats israéliens, a été attaqué et blessé à la tête et au ventre dans son village de Soussiya par des colons armés de bâtons, de couteaux et d’un fusil d’assaut. Il a ensuite été arrêté par l’armée israélienne alors qu’il se trouvait dans une ambulance, puis libéré le lendemain. Son film, coréalisé avec l’Israélien Yuval Abraham, a obtenu un prix au festival international du film de Berlin et un Oscar à Hollywood. No Other land est ainsi devenu un symbole de la répression quotidienne instituée par l’armée israélienne et les colons sur les civils palestiniens. Ce que les sionistes ne lui pardonnent pas.

Le Club des prisonniers palestiniens, une ONG de défense des droits des détenus, a annoncé le décès de Walid Khaled Abdoulah Ahmad, 17 ans, originaire de Silwad, à l’est de Ramallah en Cisjordanie, dans la prison de Megiddo, dans le nord d’Israël. Les circonstances de sa mort sont pour l’heure inconnues. C’est le 63e Palestinien à mourir en détention en Israël depuis le 7 octobre 2023. D’autres cas de détenus morts dans les prisons israéliennes ont été documentés par des organisations de défense des droits humains, notamment l’ONG israélienne B’Tselem, depuis l’attaque du 7 octobre. Elles ont fait état d’une détérioration des conditions de détention des Palestiniens, évoquant de « mauvais traitements systématiques » et de la « torture ». Dans un rapport publié l’an dernier, l’ONG Défense des enfants palestiniens, indiquait pour sa part que chaque année, environ 500 à 700 enfants palestiniens, dont certains n’ont que 12 ans, sont détenus et poursuivis par le système judiciaire militaire israélien, l’accusation la plus courante étant d’avoir… jeté des pierres. De dangereux terroristes, on vous dit…