Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

La Knesset, le parlement israélien, vient d’adopter une nouvelle loi portée par Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, raciste représentant de l’extrême droite religieuse. Celle-ci permettra de condamner à mort les Palestiniens accusés de meurtre commis dans le cadre d’actions « terroristes ». Après les dizaines de milliers de Palestiniens massacrés dans le génocide à Gaza, abattus par les colons sous le regard bienveillant de l’armée en Cisjordanie, les morts des bombardements sur le Liban et les décès survenus en prison à la suite de tortures et de mauvais traitements, voilà que l’État d’Israël s’arroge le droit de tuer légalement (sachant ce que vaut sa loi !) tout Palestinien qui lui déplairait : il suffira de le reconnaître coupable de meurtres commis au nom du refus de « l’existence d’Israël ». La barbarie à l’état pur. Mais Ben Gvir a fêté ça en débouchant une bouteille de champagne, nous dit-on.

Depuis le début de la guerre avec l’Iran, chaque samedi, des manifestations ont lieu en Israël. Au début, elles ne rassemblaient que quelques dizaines de manifestants pacifistes, des membres du Parti communiste d’Israël ou de l’organisation trotskiste Lutte socialiste. Samedi 28 mars, les manifestations ont pris de l’ampleur, avec le soutien de la coalition « Partenariat pour la paix ». Elles ont eu lieu dans une trentaine de localités à travers le pays, rassemblant notamment plusieurs centaines de personnes à Tel Aviv et Jérusalem, et une centaine à Haïfa. Cela bien que beaucoup d’organisations opposées à la politique de Netanyahou s’abstiennent d’y appeler. La police est intervenue pour disperser violemment ces manifestations, déclarées illégales. Treize manifestants ont été arrêtés à Tel Aviv et huit à Haïfa.

Mais ni la répression policière, ni le fait d’être à contrecourant dans l’opinion publique ne découragent celles et ceux, plus nombreux chaque semaine, qui descendent dans la rue pour s’opposer à la politique criminelle de leur gouvernement et dire que cette sale guerre n’est pas la leur.

Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires occupés palestiniens a dévoilé un nouveau rapport consacré aux tortures commises par l’État sioniste à l’égard des Palestiniens. Elle y documente les rouages d’une « vengeance collective » dont sont victimes plus de 18 500 détenus. Son texte dénonce notamment les tortures, viols, mauvais traitements, sous-alimentation, etc. que subissent les prisonniers. Il estime que les Palestiniens sont « dépouillés de tout ce qui ressemble à des êtres humains ». Et si l’usage systématique de la torture à leur encontre existe depuis très longtemps, elle alerte sur son accélération depuis le 7 octobre 2023.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme vient de condamner une série d’actions répressives israéliennes dans les territoires palestiniens occupés. Dans un communiqué accompagnant un nouveau rapport le Haut-Commissariat écrit notamment : « L’intensification des attaques, la destruction méthodique de quartiers entiers, […] le refus d’apporter une aide humanitaire […] conjugués aux transferts forcés qui semblent viser à un déplacement permanent, suscitent des inquiétudes quant à un nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie. » Dans la bande de Gaza, ce rapport détaille « les massacres et les mutilations infligées en nombre sans précédent à des civils par les forces israéliennes ». Il dénonce « la propagation de la famine et la destruction des infrastructures civiles restantes, imposant aux Palestiniens des conditions de vie de plus en plus incompatibles avec leur maintien dans ce territoire ». Il établit notamment la mort d’au moins 463 Palestiniens, dont 157 enfants, des suites de la famine, y voyant « une conséquence directe des actions entreprises par le gouvernement israélien ». Et de conclure que de tels actes « peuvent constituer des crimes contre l’humanité », voire « un génocide ». En Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, le rapport souligne « l’usage systématique et illégal de la force par les forces de sécurité israéliennes, la détention arbitraire généralisée, la torture et autres mauvais traitements infligés aux Palestiniens détenus, ainsi que la démolition illégale et massive de maisons palestiniennes ». Et pendant ce temps les grandes puissances laissent faire quand elles ne justifient pas ces pratiques, comme c’est le cas notamment des membres du fameux Conseil de la paix mis sur pied par Trump et qui vient de tenir sa première réunion.