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Palestine

Le docteur Hussam Abu Safiya est un pédiatre qui dirigeait à Gaza l’hôpital Kama Adwan avant son arrestation en décembre dernier par les forces israéliennes après une opération visant l’établissement hospitalier. Il est actuellement détenu dans la prison d’Ofer, en Cisjordanie. Les autorités sionistes viennent de faire savoir qu’il avait été placé dans la catégorie des « combattants illégaux », une législation qui viole les conventions internationales sur les prisonniers de guerre et qui permet de le détenir en prison indéfiniment, sans procès et sans connaître les charges retenues contre lui. Son avocat, qui avait enfin pu le rencontrer cette semaine, a indiqué qu’il a été soumis à la torture et aux mauvais traitements dans les centres de détention israéliens. Ce qui n’étonnera plus personne.

Après plusieurs autres organisations professionnelles, c’est au tour du Comité de protection des journalistes (CPJ) de dresser un sombre tableau des professionnels des médias tués en 2024 dans l’exercice de leur métier. 124 journalistes ou employés de médias ont été abattus dans 18 pays, soit l’année la plus meurtrière depuis 30 ans que l’organisation réalise ce décompte. Sur ce nombre, 82 journalistes palestiniens ont été tués à Gaza et trois journalistes sont morts au Liban, « tous aux mains de l’armée israélienne », rapporte le CPJ. « La guerre à Gaza a un impact sans précédent sur les journalistes et témoigne d’une détérioration majeure des normes mondiales de protection des journalistes dans les zones de conflit », a souligné dans un communiqué la directrice générale de l’organisation basée à New York, Jodie Ginsberg. Et de conclure : « La stratégie consistant à accuser les journalistes de terrorisme sans fournir de preuves est de plus en plus adoptée par les régimes autoritaires comme par les pays prétendument démocratiques. » Bien vu !

À partir d’aujourd’hui, les autorités israéliennes ont interdit la présence et l’activité de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) à Jérusalem-Est. Le rôle de l’agence, active depuis 1949, est essentiel pour fournir à la population palestinienne une assistance dans de nombreux domaines comme les soins médicaux, l’éducation, la formation, l’alimentation, etc. Depuis le début de la guerre de Gaza, l’armée israélienne a bombardé systématiquement les écoles, les dispensaires et les hôpitaux de l’Unrwa, assassinant nombre de ses collaborateurs. Officiellement Israël justifie sa décision par le fait que l’agence serait « infiltrée » par le Hamas. Ce qu’elle n’a jamais démontré malgré les requêtes répétées de l’ONU, pour finalement mettre en cause 9 des 13 000 salariés l’Unrwa. Plus prosaïquement, il s’agit de tenter de rendre plus intenable la vie quotidienne des Palestiniens dans le cadre de la politique sioniste d’apartheid. À noter que cette décision ignoble a reçu, sans surprise, le soutien de Donald Trump.

L’armée israélienne a lancé une nouvelle opération, dénommée « Mur de fer », contre la ville de Jénine et le camp de réfugiés adjacent. Selon un premier bilan, neuf Palestiniens ont été tués et 38 autres blessés. La semaine dernière, une frappe aérienne avait tué trois personnes dans le camp de réfugiés, en blessant des dizaines d’autres. Jénine est devenu un haut lieu de la résistance à l’occupation israélienne et l’Autorité palestinienne, qui collabore étroitement avec Israël, tente d’en reprendre le contrôle, jusqu’ici sans succès. Enfin, dans une opération séparée, soixante personnes ont été arrêtées dans la ville d’Azzun. Au train où vont les choses, à la fin de la trêve de Gaza, Israël aura arrêté plus de Palestiniens qu’elle n’en aura libérés.