Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a été interdit d’entrée en Israël en raison de sa réaction après l’attaque iranienne contre l’État sioniste survenue le 1er octobre au soir. Il avait condamné « l’élargissement du conflit au Moyen-Orient », en déplorant « l’escalade après escalade ». « Cela doit cesser. Il nous faut absolument un cessez-le-feu » avait-il ajouté. Insuffisant pour Netanyahou et le gouvernement israélien qui aurait souhaité un soutien à 100 % d’Israël contre l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères, Israël Katz, a déclaré à ce propos : « Quiconque ne peut condamner sans équivoque l’attaque odieuse de l’Iran contre Israël ne mérite pas de fouler le sol israélien. » Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre de l’an dernier, Guterres est devenu une des bêtes noires de Jérusalem, notamment pour avoir souligné que l’attaque du Hamas ne s’était « pas produite dans le vide » et que « le peuple palestinien (avait) été soumis à 56 ans d’occupation étouffante ». Une vérité qu’Israël et ses alliés ne veulent toujours pas entendre.

Les États-Unis, la France, l’Union européenne et plusieurs pays arabes ont appelé à un « cessez-le-feu immédiat de 21 jours » au Liban. Le bureau du Premier ministre israélien a aussitôt publié un communiqué qui affirme : « Il s’agit d’une proposition américano-française à laquelle le Premier ministre n’a même pas répondu », ajoutant que Netanyahou avait ordonné à l’armée de « poursuivre les combats avec toute la force nécessaire ». Cette fin de non-recevoir ne peut étonner dans la mesure où le gouvernement sioniste sait parfaitement, qu’au-delà des protestations et des admonestations « officielles », Washington, Paris et les autres capitales occidentales continuent de soutenir militairement et politiquement Israël, allié essentiel du camp impérialiste dans la région.

D’après des témoignages recueillis par le quotidien israélien Haaretz, l’armée offre à des demandeurs d’asile africains un appui pour acquérir un statut permanent en échange de leur contribution à l’effort de guerre dans l’enclave palestinienne de Gaza, y compris en risquant leur vie. Dans le pays, près de 30 000 Africains ont déposé une demande de résidence et tous ceux en âge de combattre sont concernés par cette offre. Spéculer sur la misère et l’angoisse des migrants pour leur proposer de servir de chair à canon est le nec plus ultra de l’État sioniste en matière de droits humains.

Le gouvernement israélien a annoncé qu’il révoquait les cartes de presse de plusieurs journalistes de la chaîne qatarie Al Jazeera, quatre mois après avoir interdit sa diffusion et fermé son bureau dans le pays. Raison invoquée : Al Jazeera est un « média qui diffuse des contenus mensongers, notamment des incitations à la haine contre les Israéliens et les Juifs, et qui constitue une menace pour les soldats de Tsahal », l’armée israélienne. En fait le gouvernement Netanyahou ne digère pas que ce média – qui emploie 14 salariés, tous de nationalité israélienne, et bénéficie d’un réseau de correspondants bénévoles à Gaza, en Cisjordanie occupée et dans la population arabe israélienne – couvre quotidiennement la situation à Gaza, zone interdite aux journalistes par l’armée. Ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des autres médias qui, à quelques exceptions notables près, diffuse en continu la propagande et le bourrage de crâne des autorités. L’armée israélienne a accusé à plusieurs reprises des journalistes de la chaîne d’être « des agents terroristes » affiliés au Hamas ou au Jihad islamique. La chaîne a nié ces accusations et a attaqué l’État sioniste pour cibler systématiquement ses équipes dans la bande de Gaza. Quatre de ses journalistes y ont été tués depuis le début de la guerre.