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Palestine

Le collectif Agir pour la Palestine et l’ONG Waves of Freedom France (vagues de la liberté) organisent un rassemblement aujourd’hui 18 février à partir de 17 h 30, place du Châtelet, afin d’exprimer publiquement leur soutien à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens, occupés depuis 1967. Cette dernière fait l’objet d’une campagne internationale de calomnies réclamant sa démission lancée par le gouvernement israélien et reprise ici par les organisations sionistes et le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. À travers cette campagne, ce sont les soutiens au peuple palestinien qui sont visés. Les organisateurs rappellent qu’« au-delà du soutien à Mme Albanese, ce rassemblement est aussi un acte de solidarité avec le peuple palestinien, aujourd’hui confronté à des souffrances humanitaires d’une ampleur dramatique. »

L’Union européenne, l’Autorité palestinienne, l’Égypte, le Qatar et la Jordanie ont dénoncé l’adoption par le gouvernement israélien de nouvelles mesures foncières renforçant son contrôle sur la Cisjordanie occupée. L’État hébreu a en effet approuvé des dispositions visant à faciliter l’achat de terres par les colons israéliens. Cette dernière décision en date fait craindre une annexion du territoire palestinien par les sionistes qui n’ont jamais caché leur volonté d’en arriver là. Mais ces condamnations sont purement platoniques. L’Union européenne, premier partenaire commercial d’Israël, n’a jamais pris aucune mesure concrète pour contrer la politique d’occupation des territoires palestiniens. De leur côté, les pays arabes concernés protestent mais continuent d’entretenir des relations diplomatiques avec Jérusalem. Quant à l’Autorité palestinienne, malgré toutes les humiliations qu’elle a subies de la part de l’occupant, elle n’a jamais cessé la coopération sécuritaire avec lui. Une belle bande d’hypocrites.

La Haute Cour de Justice a décidé que l’interdiction du groupe pro-palestinien Palestine Action en 2025 était « disproportionnée ». La juge Victoria Sharp a estimé  que cette interdiction « s’est traduite par une atteinte très substantielle aux droits à la liberté d’expression et de réunion ». Le ministère de l’Intérieur a immédiatement annoncé son intention de faire appel. L’interdiction du mouvement, classé « terroriste » en juillet dernier par le gouvernement travailliste de Keir Starmer, reste cependant en vigueur pour l’instant. Cependant cette décision de justice représente une petite victoire pour celles et ceux qui se battent contre la criminalisation de tout soutien à la Palestine et laisse espérer la libération rapide des militant-es emprisonné-es depuis des mois. Au total, plus de 2 700 personnes ont été arrêtées depuis juillet et plusieurs centaines inculpées.

Des parlementaires du parti présidentiel Renaissance demandent à Emmanuel Macron d’œuvrer au départ de la juriste italienne Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, et, à ce titre, porte-voix des Palestiniens au sein de l’organisation internationale. Ils affirment, pour appuyer leur demande, que « le 7 février dernier, lors d’un forum organisé par Al-Jazira à Doha […] elle a désigné Israël comme ennemi commun de l’humanité ». Or cette phrase est complètement inventée et ne figurait pas dans son discours qui, par contre, était très critique de la politique israélienne à Gaza et en Cisjordanie. Sans surprise, la première signataire de cette lettre a été Caroline Yadan, représentante des Français de l’étranger, dont la proximité avec Netanyahou n’est plus à démontrer. C’est la même qui est à l’origine d’un projet de loi visant à interdire comme « antisémite » toute critique de l’État sioniste. Une manœuvre de bas étage alimentée par la haine des Palestiniens.

Le 5 février, l’armée israélienne a restitué à l’hôpital Al-Shifa 55 corps et 66 sacs contenant des fragments de corps d’hommes, femmes et enfants. Un « cadeau » offert par Israël, qui ne fait pas partie de l’accord de cessez-le-feu. Cela représente à peine 1 % des « disparus » de Gaza, que l’on estime à 14 000, et qui, si l’hôpital arrive à les identifier, viendront s’ajouter au décompte officiel des plus de 71 000 Palestiniens assassinés.

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts, dont au moins six enfants, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien. Une violation du cessez-le-feu, une de plus ! Samedi déjà des frappes israéliennes avaient tué plus de 30 Gazaouis. Au total au moins 523 personnes ont perdu la vie du fait de frappes israéliennes depuis le 10 octobre 2025. Mais pas un mot des gouvernements occidentaux, États-Unis en tête, pour dénoncer et condamner ces actions « terroristes ».