
Mercredi 20 mai, c’était le clap de fin d’une grève de plus de huit mois à l’usine de lin de Bourguébus dans le Calvados.
Tout a commencé en juin 2025 lorsque plusieurs ouvrières décident de monter une section syndicale CGT1 pour dénoncer nombre de dysfonctionnements (« 123 non conformités », dira plus tard l’inspecteur du travail). À la suite de quoi, l’une d’entre elles se voit notifier son licenciement. Depuis septembre, où elles étaient sept, leur grève a rencontré bien des obstacles. L’un des derniers en date, et pas des moindres : le directeur du site de Bourguébus, s’est fait élire président du conseil prud’hommal dans le collège employeur. De fait, bien que la bataille juridique ne soit pas terminée et qu’une formation aux VSS ait été rendue obligatoire dans tout le groupe, les grévistes ont pu expérimenter semaine après semaine de nombreuses impasses institutionnelles : de la déléguée ministérielle de Farandou censée recadrer l’inspection du travail jusqu’aux prud’hommes, en passant par les divers élus locaux, aucune institution n’a pu les aider, ne serait-ce que pour imaginer un plan de reprise avec des garanties sur leur santé et leur sécurité. Ce qu’elles retiennent au contraire, outre la fierté personnelle de ne pas avoir baissé la tête face aux patrons : « la force indestructible du collectif », selon les mots d’une gréviste, en référence aux nombreuses personnes venues les soutenir. L’élargissement de la grève sur le site mais aussi à tout le groupe Depestele, notamment sur le site de Saussay-la-Campagne dans l’Eure, aurait pu être décisif, et sera sans aucun doute une condition pour gagner les prochaines batailles.
Correspondante
1 Voir notre article : https://npa-revolutionnaires.org/une-greve-contre-la-peste-depestele/ et notre interview : https://www.instagram.com/reels/DUyvI7UDn-1/