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Palestine

Plus de personnes vont mourir parce que les évacuations médicales depuis la bande de Gaza ont complètement cessé depuis le début des bombardements israéliens sur Rafah il y a trois semaines, déplore l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’OMS plaide depuis longtemps pour un accès permettant d’évacuer davantage de personnes gravement malades ou blessées du territoire palestinien ravagé par la guerre. Alors que des milliers de Palestiniens ont besoin d’une évacuation médicale urgente, très peu de personnes y ont jusqu’ici été autorisées. Mais depuis qu’Israël a commencé à bombarder Rafah « toutes les évacuations médicales ont brusquement cessé », signifiant que davantage de personnes meurent dans l’attente de soins, a déclaré la porte-parole de l’OMS, Margaret Harris, qui affirme que « quelque 10 000 personnes doivent être évacuées […] pour recevoir le traitement médical dont elles ont tant besoin ». Parmi elles, plus de 6 000 souffrent de traumatismes et au moins 2 000 sont atteintes de maladies chroniques graves. Mais le boucher Netanyahou, habitué des crimes contre l’humanité, ne veut rien entendre…

Nouveau massacre perpétré par l’armée israélienne. Cette fois les tirs ont ciblé un centre pour personnes déplacées géré par l’agence de l’ONU pour les réfugiés au nord-ouest de Rafah. Au moins 45 personnes ont été tuées et 249 autres blessés. Beaucoup d’entre elles ont péri brûlées vives dans les incendies provoqués par les tirs dans ce campement de tentes et qui n’ont pas pu être éteints par manque d’eau. Comme d’habitude, les autorités israéliennes ont affirmé qu’elles visaient « un quartier général du Hamas ». Netanyahou et ses acolytes, forts de l’appui ouvert des États-Unis et tacite des autres puissances occidentales, continuent leur œuvre de mort en ignorant superbement les appels à l’arrêt de leur offensive lancés par la Cour internationale de justice. Le dernier bilan de leur bain de sang fait état de 36 050 Palestiniens tués.

L’armée israélienne a autorisé des colons israéliens à retourner dans trois anciennes colonies en Cisjordanie occupée dont l’accès leur avait été interdit depuis l’évacuation ordonnée en 2005. Les trois colonies – Sa-nur, Ganim et Kadim – sont situées près des villes palestiniennes de Jénine et de Naplouse, toutes deux des bastions des militants palestiniens. Dans le même temps, l’armée israélienne a lancé un raid sur Jénine faisant sept morts dont Oussaïd Jabarine, chirurgien à l’hôpital public de la ville. Tout un symbole…

Le Président Joe Biden et le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, ont qualifié de « honteux » les mandats d’arrêts réclamés par le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour des crimes tels que « le fait d’affamer délibérément des civils », « homicide intentionnel » et « extermination ou meurtre ». Selon Blinken les mandats d’arrêt « pourraient compromettre » les pourparlers sur le cessez-le-feu à Gaza. Mais ni lui, ni Biden, n’ont protesté contre le fait que le même procureur avait également demandé des mandats d’arrêts contre les dirigeants du Hamas, dont son chef, Yahya Sinwar, pour des crimes comme « l’extermination », « le viol et d’autres formes de violence sexuelle » et « la prise d’otages en tant que crime de guerre ». Une façon de minimiser les massacres commis par l’État sioniste.

Selon le Réseau de solidarité contre l’occupation de la Palestine (Rescop) le gouvernement de Pedro Sánchez a refusé en 48 heures l’autorisation d’accoster à deux navires chargés d’armes à destination d’Israël. Le premier, le Marianne Danica, battant pavillon danois, avait demandé l’autorisation de faire escale dans le port de Carthagène avec à bord 27 tonnes d’explosifs venant de Madras, en Inde, à destination de Haïfa. Le second était un porte-containers, le Borkum, immatriculé à Antigua-et-Barbuda, un micro-État antillais, qui transportait un chargement militaire destiné au port israélien d’Ashdod, situé à une trentaine de kilomètres de la bande de Gaza. Le Rescop s’est réjoui dans un communiqué qu’« en 48 heures, deux navires transportant des armes à destination d’Israël n’ont pas transité par notre territoire grâce à la pression sociale ». De son côté, Jose Manuel Albares, le chef de la diplomatie espagnole, a déclaré : « À l’avenir le ministère des Affaires étrangères rejettera systématiquement ces escales pour une raison évidente. Le Moyen-Orient n’a pas besoin de davantage d’armes, il a besoin de plus de paix. »