Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

La journée mondiale de la liberté de la presse s’est déroulée le 3 mai, à l’initiative de l’Unesco. La veille, cet organisme de l’ONU avait attribué son Prix mondial de la liberté de la presse à l’ensemble des journalistes couvrant Gaza, décimés depuis plus de six mois  par l’offensive israélienne. « En ces temps d’obscurité et de désarroi, nous souhaitons adresser un message fort de solidarité et de reconnaissance aux journalistes palestiniens qui couvrent cette crise dans des circonstances dramatiques », a commenté Mauricio Weibel, président du Jury international de professionnels des médias. « L’humanité a une dette immense à leur égard, pour leur courage et leur engagement en faveur de la liberté d’expression », a-t-il poursuivi dans un communiqué. Selon le Comité de protection des journalistes, une association basée à New York, au moins 97 journalistes et salariés de médias ont été tués depuis le 7 octobre. dont 92 sont des Palestiniens. En outre 16 autres ont été blessés.

Amnesty International vient de faire appel devant le Conseil d’État pour demander la suspension des licences d’exportations de certains matériels de guerre délivrés par la France à destination d’Israël. Une première demande dans ce sens, déposée le 11 avril dernier devant le tribunal administratif, avait été rejetée deux jours plus tard. On ne peut guère se faire d’illusion sur ce genre de démarches pour stopper l’aide militaire de Paris à Jérusalem. Mais elles ont le mérite de rappeler que tous les pays occidentaux qui arment l’état sioniste ont leur part de responsabilité dans les massacres de Gaza.

Un collectif d’ONG et d’associations humanitaires a affrété trois bateaux destinés à apporter plus de 5 000 tonnes de nourriture, de médicaments et d’équipements de première nécessité aux Gazaouis. Les bâtiments de la flottille, qui sont à quai depuis une semaine dans le port de Tuzla, au sud d’Istanbul, avaient prévu de lever l’ancre vendredi. Mais, entre-temps, la Guinée-Bissau, sous pression directe d’Israël, a décidé de retirer son pavillon à deux des trois bateaux en question, ce qui les empêche de prendre la mer. Quant à la Turquie, qui se targue de soutenir les Palestiniens, elle a préféré garder un silence prudent sur cette affaire. Rappelons cependant qu’en 2010, une précédente « flottille de la liberté » partie d’Antalya, dans le sud de la Turquie, avait tourné au cauchemar. En effet l’armée israélienne avait lancé l’assaut contre un des bâtiments, le Mavi Marmara, faisant dix morts et 28 blessés parmi les membres d’équipage et les humanitaires qui se trouvaient à son bord. Sans doute tous des « terroristes » et des « antisémites ».

Les étudiants de Sciences Po, qui occupaient depuis plusieurs jours un amphithéâtre en soutien au peuple palestinien, ont quitté les lieux après la promesse de la direction d’annuler toutes les sanctions à leur encontre. Cette même direction avait reçu auparavant le soutien de Raphaël Glucksmann, tête de la liste Parti socialiste-Place publique aux élections européennes, tout comme celui de la préfecture de police de Paris qui tentait d’interdire toute manifestation devant l’établissement. Une prise de position du député européen qui n’a rien d’étonnant puisque, tout en condamnant du bout des lèvres le « massacre » de Gaza, il s’est toujours opposé à toute sanction contre Israël, voire à qualifier de « crimes de guerre » les exactions sionistes contre les Gazouis. Ce n’est plus la gauche caviar mais la gauche napalm.