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Palestine

Alors que les massacres continuent à Gaza, que le nombre de morts dépasse désormais les 28 000 et le nombre de blessés les 67 000, Benyamin Netanyahou a ordonné à l’armée israélienne de préparer une offensive à Rafah, à l’extrême sud de la bande de Gaza, où s’entassent plus de 1,3 million de déplacés dans des conditions déjà insoutenables. Face à cette violence aveugle, Washington a déploré « la riposte excessive » d’Israël, mettant en garde son allié contre « le risque d’un désastre ». Outre que le désastre est déjà bel et bien là depuis des semaines, « la riposte excessive » d’Israël ne serait pas possible si les États-Unis ne livraient pas chaque jour des tonnes et des tonnes d’armement à son allié sioniste pour lui permettre de perpétuer des crimes sans nombre. La pudeur hypocrite affichée de Biden à l’égard de ce qui se passe à Gaza ne peut dissimuler sa complicité active dans ce bain de sang.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a estimé à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, que : d’une part, les violences des colons israéliens en Cisjordanie devaient cesser, d’autre part, qu’il était grave que des propos violents à l’égard des Palestiniens soient tenus par des responsables politiques israéliens, et enfin qu’il était favorable à un cessez-le-feu à Gaza et à une solution à deux États. Sans dire, à aucun moment, comment Paris comptait s’y prendre pour parvenir à ces résultats. Bref, des déclarations sans lendemain et sans portée réelle que Netanyahou a poliment écoutées mais qui ne changeront rien à sa politique raciste et meurtrière. Comme dit-on en hébreu : « Cause toujours, tu m’intéresses… » ?

Le 3 février, l’armée américaine a pris pour cible 13 sites militaires des rebelles houthis au nord du Yémen. Et cela, 24 heures après une série de frappes contre les forces iraniennes et les milices qu’elles soutiennent en Syrie et en Irak. Biden et les militaires américains prétendent sans rire que ces frappes visent à maintenir la stabilité dans la région face aux attaques de navires de commerce en mer Rouge. Plutôt que de paix, ils se préoccupent davantage de ne pas laisser leurs adversaires grignoter leur zone d’influence et perturber leurs affaires, quitte à rendre la mer Rouge… de sang.

Plus de 500 élus locaux, personnalités politiques nationales et députés européens s’insurgent dans une tribune publiée par Mediapart du sort « ignominieux » réservé aux figures palestiniennes qui, depuis la France, s’évertuent à défendre la justice et la paix. Ils écrivent notamment :

« Insultes, diffamation, menaces de mort, tentatives d’intimidation, pression sur les employeurs ou les partenaires : depuis des semaines, les élu·es et militant·es de la cause palestinienne sont la cible d’attaques délétères et racistes visant à disqualifier leurs voix et leurs combats. Le sort réservé aux figures palestiniennes qui, depuis la France, s’évertuent à défendre la justice et la paix durable en Palestine, est particulièrement ignominieux.

Rima Hassan est l’une de ces figures. Depuis le 7 octobre 2023, la juriste franco-palestinienne, qui a fondé l’Observatoire des camps de réfugiés (OCR), subit un véritable acharnement de la part d’organisations et de personnalités pro-israéliennes. Chacune de ses prises de position déclenche un tombereau d’insultes et de menaces. Des soldats des forces d’occupation coloniales sont allés jusqu’à inscrire, à plusieurs reprises, son patronyme sur des bombes israéliennes.…

Nous ne sommes pas dupes : en s’en prenant à Rima Hassan, et d’autres voix palestiniennes qui s’élèvent pour dénoncer l’oppression et les massacres orchestrés par l’État colonial israélien, c’est l’ensemble de la cause palestinienne qui est visée. Ce que l’on veut faire taire c’est la Palestine, et toutes les voix qui la défendent… »