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Palestine

Le gouvernement s’est refusé à soutenir les accusations de génocide contre le peuple palestinien à Gaza, portées par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice. « Accuser l’État juif de génocide, c’est franchir un seuil moral. On ne peut exploiter la notion de génocide à des fins politiques », a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, lors des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale. Par contre, Séjourné ne s’est pas étendu sur le « seuil moral » qui permet à Paris de justifier le massacre de près de 25 000 civils gazaouis par l’armée israélienne, ni sur la notion de « droit de se défendre » accordée sans sourciller à l’État sioniste pour justifier sa répression féroce contre les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem qui dure depuis des décennies.

Qui a dit que l’Union européenne était impuissante face à la guerre ? Elle veut démontrer le contraire en agissant. Ou du moins en faisant semblant. Elle vient d’ajouter le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, à sa liste d’éléments « terroristes ». Il est désormais soumis au gel de ses fonds et autres avoirs financiers dans les États membres de l’UE, tandis qu’il est interdit aux opérateurs de l’UE de mettre des fonds et des ressources économiques à sa disposition. Quant à faire figurer sur cette liste les dirigeants israéliens qui siègent aux côtés de Netanyahou et qui sont responsables de dizaines de milliers de morts civils, l’UE dans sa grande sagesse n’a pas l’intention de le faire. Ce qui n’étonnera personne.

Le président Recep Tayyip Erdoğan s’est placé, du moins en paroles, résolument du côté des Palestiniens n’hésitant pas à qualifier Nethanyahou de « boucher de Gaza ». Son parti islamo-populiste a organisé plusieurs manifestations monstres à Istanbul en soutien aux Palestiniens, mâtinées cependant de forts relents anti-kurdes. Mais ces déclarations fracassantes ne freinent pas… le business. Un journaliste turc d’opposition exilé à Berlin, Metin Cihan, a recensé au jour le jour le trafic des navires qui relient les ports turcs à Israël. Entre le début de la guerre le 7 octobre et fin décembre, il en a dénombré pas moins de 450 dont certains transportaient du carburant pour les avions militaires israéliens ou du matériel stratégique destiné à la poursuite de la guerre. Et une bonne partie de ces bateaux appartiennent à des proches d’Erdoğan ou à certains de ses alliés politiques. Comme le dit le vieil adage « les affaires sont les affaires » et ce ne sont pas quelques dizaines de milliers de morts qui vont les perturber.

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres lors de la septième manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza depuis le 7 octobre. Dans le cortège, composé de manifestants venus pour beaucoup en famille, des pancartes appelaient à « cesser de bombarder les enfants » à Gaza, mélangées à des rameaux d’oliviers, des drapeaux arc-en-ciel avec le slogan « Paix » et des centaines de drapeaux palestiniens. D’autres pancartes, représentant le Premier ministre britannique Rishi Sunak aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et du président américain Joe Biden, exhortaient le Royaume-Uni à « cesser de financer le génocide ». Partie de la City la manifestation s’est dirigée vers Parliament Square, où se trouve le palais de Westminster. Rappelons que le gouvernement britannique, fervent partisan de Netanyahou, a multiplié ces dernières semaines les mesures répressives à l’égard des soutiens aux Palestiniens dans les établissements scolaires et universitaires, les administrations et les entreprises.

Une antenne refuge de Médecins sans frontières (MSF), abritant plus de cent membres de l’équipe médicale et leurs familles, dans la ville de Khan Younès, dans le sud de Gaza, a été touchée par un obus israélien. Parmi les quatre personnes blessées se trouvait la fille, âgée de cinq ans, d’un membre du personnel, qui serait dans un état critique. MSF a affirmé que les forces israéliennes avaient été averties qu’il s’agissait d’un de ses abris et qu’elles n’avaient donné aucun ordre d’évacuation. Encore une attaque ciblée contre une structure médicale.

Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la mort de six personnes, dont quatre de ses secouristes, dans une frappe israélienne sur une ambulance dans le centre de la bande de Gaza qu’il a attribuée à l’armée israélienne. Cette dernière s’est refusée à tout commentaire. Depuis le 7 octobre, plus de 120 ambulances ont été détruites et 326 membres du personnel soignant tués. Quant au nombre total de victimes, il s’affiche désormais à 23 357 morts, en majorité des femmes, des adolescents et des enfants.

Le député juif communiste, Ofer Cassif, qui siège au sein de l’alliance Hadash (Front démocratique pour la paix et l’égalité), est menacé d’être exclu de la Knesset pour avoir soutenu publiquement l’action menée par l’Afrique du Sud auprès de la Cour internationale de justice à l’encontre d’Israël pour les massacres à Gaza. Plusieurs membres de la droite et de l’extrême droite, dont Oded Forer, député du parti suprémaciste Israel Beytenou, (Israël notre maison) cherchent à obtenir l’appui de 90 parlementaires (sur un total de 120) pour obtenir son exclusion. De son côté, Cassif, qui dans le passé été suspendu à plusieurs reprises du Parlement, a déclaré : « Mon devoir constitutionnel, je l’assume vis-à-vis de la société israélienne et de tous ses résidents, pas à l’égard d’un gouvernement dont les membres et la coalition appellent au nettoyage ethnique et même à un réel génocide. » D’autre part 310 militants pacifistes ont rendu publique une pétition exprimant leur « soutien aux procédures engagées par l’Afrique du Sud devant la CIJ, affirmant que la conduite d’Israël à Gaza viole ses obligations au titre de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide ». Un terme qui désormais n’est plus tabou…

Une frappe israélienne a causé la mort de deux journalistes : Hamza al-Dahdouh, fils de Waël al-Dahdouh, chef du bureau d’Al Jazeera (déjà endeuillé par l’assassinat de son épouse, de deux de ses enfants et de son petit-fils), et Moustafa Thuraya, collaborateur de l’Agence France-Presse. Un troisième journaliste qui voyageait avec eux, Hazem Rajab, a été grièvement blessé. Deux morts qui s’ajoutent aux quelque 100 autres journalistes tués à Gaza. « Une hécatombe », dénoncée par Reporters sans frontières (RSF). Rappelons que le ministre israélien Benny Gantz, membre du cabinet de guerre, avait déclaré il y a quelques semaines, que les reporters gazaouis ayant couvert l’attaque du 7 octobre seraient considérés comme des terroristes. De son côté, le député du Likoud, Danny Danon, avait même suggéré d’établir au sein de l’Agence de sécurité intérieure d’Israël une liste des journalistes à « éliminer ». Ce que RSF avait déjà dénoncé comme un « appel au meurtre » qui s’est matérialisé sur le terrain. De son côté, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, en visite dans la région, a quant à lui qualifié la mort des deux journalistes de « tragédie inimaginable »… tout en continuant à soutenir la guerre menée par Israël.