Nos vies valent plus que leurs profits

Palestine

Quelques centaines de jeunes militants juifs ont occupé lundi dans le calme la statue de la Liberté à New York pour exiger d’Israël un cessez-le-feu et la fin du « bombardement génocidaire de civils palestiniens à Gaza ». Vêtus de tee-shirts noirs frappés des slogans « des juifs demandent un cessez-le-feu maintenant » ou « pas en notre nom », ils ont déployé des banderoles « le monde entier regarde » et « les Palestiniens devraient être libres » au pied du socle de l’emblématique monument. Ce rassemblement s’est tenu à l’appel de l’organisation Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix) qui, le week-end précédent, avait organisé une manifestation massive dans les rues de Washington.

Ahed Tamini, 22 ans, est devenue au fil des années unes des figures de la lutte des Palestiniens contre l’oppression. L’armée israélienne a annoncé qu’elle avait été à nouveau arrêtée pour « incitation au terrorisme ». C’est en 2012, à l’âge de 11 ans, qu’elle s’était fait connaître par des photos la montrant brandir un poing rageur sous le nez de militaires israéliens, photos qui feront le tour du monde. Trois ans plus tard, à l’été 2015, la jeune militante apparaît sur des clichés au milieu de femmes portant secours à un petit garçon au bras dans le plâtre, son petit frère, plaqué au sol par un soldat israélien. Mais c’est en décembre 2017 qu’elle acquiert une grande notoriété, après son arrestation pour avoir giflé deux soldats israéliens qui avaient pénétré de force dans la petite cour de sa maison familiale à Nabi Saleh, son village natal. Depuis lors son portrait géant est peint sur le mur de séparation qui sépare la Cisjordanie d’Israël. Et elle fait partie des milliers de Cisjordaniens incarcérés par l’occupant sioniste depuis le début de la guerre de Gaza.

En réponse à un appel des syndicats palestiniens aux travailleurs du monde entier de « s’opposer à la production et l’acheminement d’armes vers Israël », plusieurs syndicats belges du secteur de la manutention ont exprimé dans un communiqué leur « refus de manutentionner du matériel militaire destiné à la guerre en Palestine ». On se demande souvent comment agir face au massacre en cours, en plus des manifestations… C’est aussi directement sur les lieux de travail, en perturbant l’appareil militaire et en faisant pression sur les gouvernements qui soutiennent la politique colonialiste d’Israël. Car c’est nous, travailleurs et travailleuses, qui faisons tout fonctionner.

Le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien ne faiblit pas. Nous étions des dizaines de milliers en France à manifester ce samedi, mais c’est dans tous les pays du monde qu’on voit ce mouvement s’amplifier, jusqu’aux États-Unis où, de Washington à San Francisco, des dizaines de milliers de manifestants dénonçaient les bombardements de l’armée israélienne, ainsi que le soutien sans faille de Joe Biden à l’État d’Israël. Cette solidarité qui dépasse les frontières est la meilleure alliée du peuple palestinien, ne faiblissons pas.

Aujourd’hui, plus 1000 actes antisémites auraient été enregistrés en trois semaines en France depuis le début du conflit israélo-palestinien. Affirmer sa solidarité avec le peuple palestinien n’a rien à voir avec assimiler tous les Juifs au gouvernement israélien. C’est le sionisme et la politique de l’État d’Israël que nous combattons, dont les bombardements et massacres montrent le visage monstrueux. Et voilà que les chefs de l’extrême droite, descendants idéologiques de Pétain et antisémites notoires, se drapent du manteau de la lutte contre l’antisémitisme ! Tout ça pour déverser de plus belle leur racisme anti-arabe.

Comme toutes les formes de racisme, l’antisémitisme aussi bien que le racisme anti-arabe doivent être combattus, ici et maintenant, et rien de ce qui se passe en Palestine ne peut les justifier. Notre sort ne se décide pas d’une absurde guerre de race ou de religion qui ne fait que dresser les exploités contre d’autres exploités. Travailleurs de toute origine, ici comme au Moyen-Orient, unissons-nous !