
Dans la nuit du 2 au 3 janvier, l’armée américaine, sur ordre de Donald Trump, a mené une opération militaire sur Caracas, la capitale du Venezuela, pour enlever le président Maduro et sa femme. Du jamais vu depuis l’invasion militaire par les États-Unis de l’île de Grenade en 1983 et l’enlèvement de Noriega au Panama en 1989.
Main basse sur le pétrole
Officiellement, Trump a fait kidnapper Maduro pour le juger aux États-Unis pour « narco-terrorisme ». Une accusation ridicule, qui ne prend même pas la peine de cacher les véritables raisons de cette invasion militaire : mettre la main sur les immenses réserves pétrolières vénézuéliennes. Lors de sa conférence de presse, Trump a d’ailleurs carrément prétendu que les États-Unis dirigeraient désormais directement le pays et ses ressources, et a prononcé plus d’une vingtaine de fois le mot « pétrole ».
En réalité, aux yeux des capitalistes américains, le seul crime de Maduro, et de son prédécesseur Chávez, est d’avoir osé nationaliser les compagnies pétrolières vénézuéliennes, et imposé la participation majoritaire de l’État aux installations pétrolières américaines. En 2002, déjà, l’impérialisme américain avait tenté de renverser Chávez. En 2015, c’est Barack Obama qui avait imposé des sanctions économiques au pays, qui ont avant tout touché la population. Une politique qu’a poursuivie Biden, et que Trump a aujourd’hui décidé de poursuivre avec le renversement direct de Maduro par l’armée américaine.
Une menace contre tous les peuples de la planète
Maduro et son prédécesseur Chavez se prétendaient socialistes mais ne défendaient en rien les intérêts des travailleurs et travailleuses de leur pays. Au Venezuela, comme dans bien d’autres pays d’Amérique latine, les libertés syndicales sont suspendues. Maduro s’est maintenu au pouvoir par une répression brutale et a fait emprisonner des centaines d’opposants.
Mais les crimes du dirigeant vénézuélien n’autorisent nullement le grand banditisme impérialiste de Trump dans un déploiement spectaculaire de forces destiné à intimider tous les peuples de la planète ! Une semaine avant cette opération éclair sur Caracas, les États-Unis avaient déjà mené des frappes sur le Nigeria, le plus gros pays producteur de pétrole d’Afrique. Donald Trump et son secrétaire d’État Marco Rubio menacent maintenant Cuba, la Colombie et le Groenland, de connaître le même sort que le Venezuela. Mais qu’à cela ne tienne : les dirigeants européens, Macron en tête, se sont réjouis de la chute de Maduro. Les dirigeants russes et chinois ont de leur côté condamné cette opération, appelé à la libération de Maduro, qui était leur allié et au « respect du droit international », eux qui pourtant sont des sosies au petit pied de Trump : Vladimir Poutine mène lui aussi une guerre d’invasion en Ukraine, et Xi Jinping organise des opérations navales de grande ampleur menaçant Taïwan, dans le cadre de prétentions tout aussi impérialistes que les États-Unis.
Aux travailleurs et aux peuples de stopper cette folie guerrière !
En réalité, le génocide à Gaza a bien montré à quoi servait le prétendu « droit international » : légitimer la domination des pays impérialistes qui, lorsqu’ils le jugent nécessaire, n’hésitent pas à s’asseoir dessus pour massacrer les peuples et envahir des pays. Il n’y a rien à attendre, ni des dirigeants impérialistes, ni de leurs institutions.
Dès l’annonce des bombardements américains sur Caracas, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, en France, en Espagne, en Italie, mais aussi dans les grandes villes des États-Unis, pour dénoncer ce raid. Seuls les peuples et les travailleurs de la planète, en se mobilisant et s’organisant, peuvent stopper la folie guerrière des impérialistes. À bas l’agression contre le Venezuela ! À bas l’impérialisme !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 5 janvier 2026