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Palestine 36, film d’Annemarie Jacir

Palestine 36, film d’Annemarie Jacir, en salle depuis le 14 janvier

Un film sur la révolte palestinienne de 1936-1939

La réalisatrice palestinienne Annemarie Jacir peint la révolte arabe en Palestine mandataire durant les années 1936 et 1937. L’occupation britannique, renforcée par l’immigration juive, est montrée sous son vrai visage : la colonisation brutale de l’ex-Empire ottoman par les Anglais et les Français au détriment des populations arabes de la région.

L’action se déroule entre Jérusalem et un village palestinien proche d’un kibboutz (village des immigrés juifs). Dès les premières scènes, une jeune mère et sa fille traversant un kibboutz expliquent que l’immigration juive provient de l’antisémitisme en Europe. Scène courte, mais néanmoins importante pour le reste du film, dans lequel la responsabilité des élites anglaises dans la colonisation est pointée du doigt.

Des grèves ouvrières à la rébellion armée dans les campagnes

Loin d’une vision nationaliste, le film montre également que les Palestiniens eux-mêmes sont divisés. D’un côté, les grands propriétaires terriens qui s’accommodent tout à fait de la présence anglaise. Ils gagnent au passage un bon paquet d’argent. Une autre héroïne, une journaliste mariée à l’un d’entre eux, est tiraillé entre l’envie de défendre son peuple contre les colons et sa condition sociale. D’un autre côté, les ouvriers palestiniens provenant des villages paysans qui n’hésitent pas à se mettre en grève face aux inégalités des salaires. L’un d’eux se voit refuser le paiement des heures supplémentaires. Battu par les gardes, cet ouvrier se radicalise et devient l’un des chefs de la rébellion. Car pour contrôler les masses ouvrières, les patrons britanniques et juifs favorisent les ouvriers blancs plutôt qu’arabes. Licenciements en masse, inégalités de salaires, autant de politiques patronales pour éviter une union entre ouvriers juifs et arabes. Cette situation, combinée au vol de la terre des Palestiniens, pousse à la rébellion armée dans laquelle s’engagent palestiniens musulmans ou chrétiens1.

Un film d’une brulante actualité

Grands absents du film, les sionistes, dont nous apprenons l’existence par les différents personnages. Montrer principalement la brutalité des Anglais et leur responsabilité dans la colonisation est le point fort du film. Un rappel utile, alors que le massacre à Gaza est ininterrompu depuis trois ans. L’État israélien, descendant des politiques anglaises, est aujourd’hui l’allié d’avant-poste des États-Unis dans le monde arabe. À l’époque l’Angleterre, aujourd’hui les États-Unis : ce sont toujours les même puissances capitalistes qui massacrent le peuple palestinien.

Pour conclure, nous recommandons à tous d’aller voir ce film en salle !

Arvo Vyltt

 

 

1  À lire, pour une analyse des raisons de cette révolte : Ghassan Kanafani, La révolte de 1936-1939 en Palestine, 1972 (

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