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Brèves

L’actualité en bref

Après avoir fait de la résistance, la préfecture d’Île-de-France et de Paris a fini par céder à la pression des associations d’entraide et d’élus de gauche pour déclarer le plan « grand froid » qui va notamment permettre d’ouvrir de nouvelles places dans des centres d’hébergements. « Soixante femmes isolées seront accueillies dès demain dans les salles de la préfecture de région Île-de-France, préfecture de Paris », a indiqué le préfet dans un communiqué. Il précise également que 300 nouvelles places d’hébergement seront disponibles « pour toute la période hivernale », en plus des 200 places ouvertes ces derniers jours. C’est mieux que rien mais on est loin du compte. À l’échelle de Paris intra-muros, 3 500 personnes dorment à la rue tous les soirs. Et la plupart seront laissés pour compte, encore une fois. Pourtant un toit est un droit.

Un décret publié le 24 décembre sur l’exercice du métier d’infirmier doit s’appliquer au plus tard fin juin 2026. À partir de cette date, infirmières et infirmiers pourront faire des bilans cliniques et prescrire des médicaments ou des analyses en lien avec les médecins traitants. Selon le Syndicat national des professionnels infirmiers, ses membres ne seront plus considérés comme de simples « agents d’exécution d’actes techniques » décidés par les médecins. L’expérience clinique des infirmiers, qui suivent des milliers de patients, est reconnue, ainsi que leur rôle crucial dans le maintien de l’autonomie des personnes âgées. Mais il n’y a pas de miracle. Le docteur Burel, président du syndicat des médecins libéraux de Seine-Maritime, explique que cette mesure est indispensable, soulignant : « Nous sommes débordés, et favorables à transférer certaines tâches à d’autres professionnels de santé mais à condition que cela soit coordonné par le médecin généraliste. » C’est la pénurie criante de médecins et l’extension des déserts médicaux qui poussent les pouvoirs publics à tenter de s’appuyer davantage sur le corps infirmier. Sans tenir compte du fait que ce dernier est souvent lui-même débordé par sa charge de travail. Au mieux une rustine…

L’armée thaïlandaise a accusé sa rivale cambodgienne d’avoir violé un accord de cessez-le-feu conclu après trois semaines d’affrontements meurtriers à la frontière entre les deux pays. Plus de 250 drones auraient été détectés par la Thaïlande au-dessus de son territoire dans la nuit de dimanche à lundi, selon l’armée. Le conflit tire sa source d’un tracé frontalier entre les deux pays de plus de 800 kilomètres de long, tracé imposé à l’époque par l’ancienne puissance coloniale française et qui donne lieu, depuis lors, à des affrontements récurrents. 47 personnes au moins ont été tuées et plus de 900 000 personnes déplacées, dont 500 000 côté cambodgien et près de 400 000 côté thaïlandais. Ce conflit est donc lié à la fois à l’héritage de la période coloniale, mais aussi à la volonté des deux gouvernements d’utiliser la guerre comme moyen de souder autour d’eux des populations qui vivent souvent dans la misère.

Les demandes de délocalisation à l’étranger émanant de salariés israéliens travaillant dans des multinationales technologiques ont fortement augmenté au cours de l’année écoulée, révèle un rapport publié par l’Association israélienne des industries de haute technologie, qui indique que 53 % des multinationales opérant dans le pays ont signalé une hausse des demandes de délocalisation de la part de leur personnel israélien. Ce mouvement s’inscrit dans un double phénomène migratoire qui enregistre une baisse de l’immigration juive venant de l’étranger et une hausse significative des Juifs israéliens désirant quitter le pays. Ils étaient 84 000 l’an dernier contre 55 000 en 2023. Cette tendance s’est accentuée en 2025, avec 40 % des Israéliens restants envisageant de partir. Parmi les motifs évoqués : la hausse du coût de la vie, l’évolution politique depuis l’arrivée du gouvernement de coalition d’extrême droite en 2022, la réforme judiciaire tentée en 2023, et le contexte sécuritaire lié à la guerre de Gaza. On peut aisément comprendre les personnes qui veulent quitter le pays en regrettant cependant que, d’après ce rapport, la solidarité et la compassion à l’égard des Palestiniens soient totalement absentes de leurs motivations.

Pas de trêve en Cisjordanie occupée où les attaques de colons se poursuivent inlassablement. La dernière victime est un bébé de huit mois qui a été blessé « au visage et à la tête », a indiqué l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, lorsqu’un groupe de colons armés a mené une attaque jetant dans la localité de Saïr, au nord d’Hébron. Selon les rapports de l’ONU et de l’Unicef, 42 enfants palestiniens ont été tués par les forces israéliennes (armée et colons) en Cisjordanie en 2025. Cela représente 20 % de l’ensemble des victimes palestiniennes dans ce territoire depuis le début de l’année et une augmentation de 200 % du nombre d’enfants tués sur les 16 derniers mois par rapport à la période précédente. La boucherie continue…

En 2023, le gouvernement lançait une nouvelle réforme concernant la réforme de la réglementation de l’assurance chômage, dite de « contracyclicité ». Officiellement, il s’agit d’un mécanisme d’ajustement de la durée d’indemnisation en fonction de la conjoncture économique. La principale mesure consistait à réduire la durée d’indemnisation de 25 %, soi-disant pour faciliter le « retour à l’emploi ». Deux ans et demi après sa mise en place, ses effets se font sentir, alors que seulement 70 % des allocataires sont déjà passés au nouveau régime : le nombre de chômeurs atteignant la fin de leurs droits sans possibilité de rechargement est passé de 43 000 à 71 000, soit une hausse de +65 %. Dans un rapport, l’Unédic se félicite que les économies générées seraient de l’ordre de 4,5 millions d’euros par an. Toujours ça de gagné sur le dos des chômeurs en subventions pour le grand patronat !

Le bilan s’alourdit. L’explosion qui s’est produite à l’usine Elkem Silicones a tué un second salarié, un homme de 55 ans grièvement blessé et qui était hospitalisé. Un premier décès d’un homme de 47 ans avait été officialisé au lendemain de l’explosion survenue dans un atelier expérimental du site chimique, classé Seveso seuil haut, c’est-à-dire extrêmement dangereux. Il s’agit du troisième décès enregistré en moins de dix ans sur le site Elkem de Saint-Fons, après la mort en 2016 d’une personne tuée dans l’incendie de fûts de silicone. Les syndicats CGT et CFDT de l’entreprise ont annoncé qu’ils allaient se porter partie civile dans une action en justice contre la direction. Dans un communiqué, la CGT a dénoncé un accident « intolérable », réclamant « une enquête approfondie » en interne, et de poursuivre : « Cet accident interroge lourdement sur l’organisation du travail, l’évaluation des risques, la maintenance et les choix de la direction en matière de prévention. » Deux morts de plus à inscrire au bilan de l’exploitation capitaliste.

Une des premières actions de Trump à son arrivée au pouvoir a été l’instauration de droits de douane tous azimuts qu’il a baptisé, en avril dernier, lors d’une cérémonie de signature à la Maison-Blanche, de « jour de la libération ». Neuf mois plus tard le constat est amer. Alors qu’il promettait de « faire revenir en force, les emplois et les usines dans le pays », les derniers chiffres publiés par son propre ministère du Travail prouvent le contraire. Sous Trump, l’économie a créé dix fois moins d’emplois que sous son prédécesseur, Joe Biden. Le secteur manufacturier, celui-là même qu’il prétendait vouloir soutenir grâce à ses taxes sur les importations, perd des emplois chaque mois. On compte en décembre 67 000 emplois de moins qu’au moment de l’imposition de ces taxes, ce qui est l’exact inverse de la promesse faite en avril. De mai à novembre, le nombre net d’emplois créés s’est élevé à 119 000, soit seulement 17 000 par mois contre une moyenne de 178 042 par mois sous Biden. Plusieurs mois ont même enregistré des pertes nettes d’emplois. De plus l’inflation sur les prix des produits alimentaires a bondi de 1,8 % à plus de 3,1 % depuis le début de l’année. En fait si le nationalisme économique de Trump a profité à une partie de la grande bourgeoisie, les classes populaires dans leur ensemble ont été les grandes perdantes.

Plus de 840 migrants ont été secourus par les garde-côtes grecs en cinq jours au sud de la Crète. Mois après mois, de nombreux migrants tentent la périlleuse traversée entre la Turquie et les îles grecques ou depuis la Libye vers la Crète. Mais les naufrages sont nombreux. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, plus de 16 770 personnes en quête d’asile dans l’Union européenne sont arrivées en Crète depuis le début de l’année. Cependant, outre les dangers de la traversée, les personnes migrantes doivent aussi affronter l’hostilité ouverte du gouvernement d’Athènes. En juillet, le Premier ministre conservateur, Kyriakos Mitsotakis, avait suspendu pendant trois mois l’examen des demandes d’asile, tout particulièrement des personnes débarquant en Crète en provenance de Libye. Quant au ministre des Migrations, Thanos Plevris, un ancien membre de la formation d’extrême droite Laos, aujourd’hui dissoute, il avait assuré que la Grèce n’était « pas un hôtel » pour des personnes à la recherche d’asile et avait répété à plusieurs reprises à leur endroit : « Vous n’êtes pas les bienvenues ici. » Pour ces personnes qui fuient leur pays en quête d’une vie meilleure la Terre est devenue une planète sans visas.