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Brèves

L’actualité en bref

Flagrant déni, une ONG d’investigation et de défense des victimes de violences policières, vient de publier un rapport d’enquête intitulé : Police des polices : pourquoi il faut tout changer. Ce rapport critique sévèrement le système de police des polices, notamment l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) et l’IGGN (Inspection générale de la gendarmerie nationale). Selon l’étude, depuis dix ans l’impunité policière a augmenté, on assiste à une augmentation de la « délinquance policière » et à une dégradation de son traitement judiciaire. Enfin les enquêtes étant menées par des policiers ou gendarmes sur leurs propres collègues, cela ouvre la voie à toutes les compromissions. Pas étonnant dans ces conditions que lesdites enquêtes sont de moins en moins efficaces, avec un taux d’élucidation passé de 68 % en 2016 à 51 % en 2024. Comme le résume un des avocats de l’association, maître Mohamed Jaite, la police des polices est devenue une « machine à valider, à justifier, et à blanchir les policiers ». La bourgeoisie a toujours protégé ses chiens de garde, mais il semble que, dans cette période d’offensive contre les classes populaires, elle ne fasse même plus semblant de leur imposer un minimum de retenue.

Michelin a fait savoir urbi et orbi qu’il avait fait un « don » de 4,3 millions d’euros à l’État. Le virement a été mentionné au Journal officiel du 26 décembre et a été « accepté » par Bercy. En fait il ne s’agit pas d’un don mais d’un remboursement d’une somme reçue par Michelin au titre du crédit d’impôt pour les entreprises (créé en son temps par François Hollande) pour moderniser son usine de La Roche-sur-Yon (Vendée) qu’il avait finalement… fermée en décembre 2020. Mais cette opération de communication, largement reprise par les médias, ne peut masquer que cette somme n’est qu’une goutte d’eau comparée aux dizaines de millions d’euros d’aides publiques reçues par le fabricant de pneus au cours de ces dernières années et qui, elles, ne seront jamais restituées.

Quatorze pays (la France, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Norvège, l’Irlande, l’Islande, Malte et le Danemark) ont condamné la décision du gouvernement israélien d’autoriser la création de 19 nouvelles colonies juives dans le territoire palestinien occupé. De son côté, Israël a fait savoir qu’il continuerait dans cette voie et a qualifié de « moralement répréhensible » cette condamnation. Il faut dire que le gouvernement sioniste se soucie d’autant moins de cette déclaration qu’elle n’est accompagnée d’aucun acte concret : pas d’arrêt de livraison d’armes, pas de sanctions économiques, pas de conséquences diplomatiques… En résumé, une proclamation sans lendemain qui laisse les mains libres à Netanyahou pour continuer sa politique criminelle.

La couverture en coraux durs dans les Caraïbes a diminué de 48 % entre 1980 et 2024, indique le Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens. Cela résulte d’une enquête menée par plus de 200 scientifiques de 44 pays et territoires qui ont compilé les données de 14 000 sites suivis pendant près d’un demi-siècle. Ces récifs représentent 10 % du corail présent dans les océans. Leur survie dépend de la température de l’eau qui se maintient, ces dernières années, à de hauts niveaux du fait du réchauffement climatique. Les coraux jouent un rôle crucial en abritant 25 % de la vie marine et en servant de refuge, de zone de reproduction et de source de nourriture pour de nombreuses espèces, tout en protégeant les côtes contre l’érosion et les tsunamis. Leur disparition serait une catastrophe pour l’humanité.

L’association sarthoise Homogène, qui va fêter son trentième anniversaire l’an prochain, a été la cible d’actes de dégradation et de vandalisme de la part de militants d’extrême droite. Des stickers comportant des slogans comme « Europe Jeunesse Révolution » et « Zone anti antifa » ont été collés sur les affiches indiquant les horaires d’ouverture de la permanence et des vinyles arc-en-ciel affichés sur la vitrine arrachés. La Ligue des droits de l’homme du département a dénoncé un acte visant à « intimider, faire peur, et surtout nous rappeler que la bête immonde sévit toujours ». L’association Homogène s’est enfin réjouie qu’après cette attaque un large mouvement de solidarité se soit manifesté dans le quartier.

C’est Le Canard enchaîné qui le révèle. Pour des postes à l’international, la Société générale propose à ses candidats de remplir un questionnaire sur leur genre, leur couleur de peau, leur sexualité et leur appartenance éventuelle à un parti politique. Contactée par l’hebdomadaire satirique, la direction de la banque justifie son questionnaire en affirmant, sans rire et avec un certain culot, qu’elle « considère la diversité comme une force », que les informations recueillies sont « anonymisées » et « en aucun cas consultables par les recruteurs et manageurs ». On se demande bien alors pourquoi elle pose ces questions. En septembre dernier, la banque avait été reconnue coupable par la justice de « discrimination en raison de l’origine et du sexe » à l’encontre d’une de ses employées. Cerise sur le gâteau, le cadre de l’entreprise, basé dans la région lyonnaise, qui avait en début d’année dénoncé ce questionnaire auprès de la direction des ressources humaines du groupe pour contenu « illégal et discriminant » a été muté, puis sanctionné et finalement… licencié.

Suite à l’explosion survenue lundi dernier à l’usine Elkem Silicones, à Saint-Fons, au sud de Lyon, un homme âgé de 47 ans est décédé des suites de ses brûlures. Outre cette victime, deux hommes et une femme ont été blessés et sont toujours hospitalisés. L’usine en question est classée Seveso seuil haut, c’est-à-dire extrêmement dangereuse pour celles et ceux qui y travaillent ou habitent aux alentours. La préfecture du Rhône avait d’ailleurs ordonné aux riverains de rester chez eux, le temps de l’intervention des secours avant que ce confinement ne soit levé dans la soirée. En juin 2016, un important incendie s’était déjà produit dans cette usine, causant la mort d’un opérateur logistique de 25 ans. De plus, en janvier dernier, une fuite de matières dangereuses dans l’atmosphère avait été constatée. Que ce genre de bombe à retardement soit implantée au cœur de zone densément peuplée ne semble pas poser de problème aux pouvoirs publics… jusqu’au jour où cela explose comme cela s’est produit à Toulouse en 2001 avec l’accident de l’usine AZF qui avait tué 31 personnes et fait plus de 2 500 blessés.

En marge de la commémoration pour le premier anniversaire du passage du cyclone Chido à Mayotte, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, tenait un point presse. Elle s’est énervée mais n’a pas répondu lorsque l’envoyé spécial du quotidien L’Humanité lui a demandé :« Comment expliquez-vous que l’État français n’ait pas lancé d’enquête pour connaître le véritable bilan humain du cyclone ? » Une question qui fâche, car il est probable que des centaines, voire des milliers, de morts étaient des migrants comoriens et africains que les autorités ne cessent de pourchasser, qui vivent dans des conditions indignes et ont été les premières victimes du cyclone. Et là la responsabilité de l’État français est engagée.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais, peu après, le préfet, François Xavier Bieuville, entouré de militaires et de fonctionnaires, s’est planté devant les journalistes, les menaçant de poursuites et déclarant : « Ce que vous venez de faire est un scandale journalistique, votre liberté de la presse s’arrête où commence la justice… » Il faut dire que ce haut fonctionnaire jouit de pouvoirs étendus du fait notamment que depuis un an l’état d’urgence s’applique toujours dans l’archipel. Dans un passé récent il a menacé de « couper les couilles » à un journaliste qui voulait faire le point sur la situation sanitaire. Il aurait aussi lancé à l’un des quatre parlementaires mahorais : « Votre patron, c’est moi. »

La ministre et le préfet, deux dignes représentants de l’oppression et de la morgue coloniale.

Le Parlement a voté à l’unanimité une proposition de loi qualifiant la colonisation française (1830-1962) de « crime d’État » et réclamant à la France « des excuses officielles ». Il est peu niable que cette colonisation, qui se traduisit notamment par un million de victimes pendant la seule guerre d’indépendance (1954-1962), fut une entreprise criminelle de grande ampleur et que les méfaits du colonialisme doivent être dénoncés sans concession. Mais cette résolution, largement symbolique, a surtout pour but d’utiliser les crimes de la France pour inciter la population à faire bloc autour du très autoritaire président Abdelmadjid Tebboune qui musèle ses opposants et en a envoyé un certain nombre derrières les barreaux. Une banale opération de politique intérieure, qui avait déjà été tentée en 2001 et 2005.